Tel que promis, faisons un petit tour dans les rimes de Nous.
Daniel Bélanger voit dans cet effort de création une réaction à sa phase précédente, L’Échec du matériel. La vie étant ce qu’elle est, il faut en évoquer aussi l’instinct, les tripes, les considérations de l’amour, bien au-delà des considérations plus abstraites que soulève l’existence chez le parolier.
1. Reste
Un homme réalise qu’il n’en avait que pour lui, fait son autocritique et implore sa compagne de ne pas le larguer, la qualifant de super-fabuleuse, extrasensible, extraordinaire, mégamonstrueuse de beauté. C’est dit ! L’auteur avait-il l’intention d’alléger son style ? Restent quand même quelques lourdeurs consonnantes telle : “Je n’ai jamais donné qu’en ne donnant qu’à moi-même”
2. Facile
“au fond des choses transparaissent les avantages des désavantages”
Voilà où je dirais à DB d’éviter ce genre d’entourloupette, dont l’objectif de Facile est de raconter ce que ressent le narrateur qui prend son courage à deux mains et se regarde dans le miroir avec les constats nécessaires à la poursuite des choses.
3. Qui ne suis-je
Dans mon jeune temps, j’ai fait un usage abusif de ce genre de formule: qui ne suis-je. Je comprends bien la démarche formelle de DB, mais j’ai du mal à réprimer un certain agacement avec ce type de tournure. M’est d’avis qu’il s’agit là d’une “surécriture” qu’on pardonne aux jeunes auteurs aux esprits foisonnants. Aux auteurs d’expérience ?
Qui ne suis-je – Que ne suis-je- Aussi qui sont les autres- qui font comme, comme collaborer ? – “Tout blé qui vient d’ailleurs est bien meilleur – que le tien qui n’emplit jamais les Plaines”.
De kessé ?? Voilà un exercice dont il faudrait m’expliquer les tenants et aboutissants.
4. Si l’amour te ressemblait
L’amoureux s’abandonne à l’autre, admet qu’il ne peut lui résister, qu’elle est la plus belle idée du monde,
“Je marche là où on me dirige – marche là où j’ai ce vertige – de fausse liberté.”
Le texte me semble ici plus fluide, même si quelques ampoules en modifient le flot.
5. Jamais loin
Peu de mots ont été nécessaires à cette création littéraire réussie. La dernière ligne résume la démarche du narrateur: la rédemption amoureuse.
“Moi qui n’aide jamais personne – moi qui jamais ne donne- combien j’aimerais enfin réparer.”
6. Le toit du monde
“Vivre à deux pas d’une étoile me plaît assez, pas toi ? – C’est une fiction ordinaire que j’aime à tout instant.”
Voilà l’épisode le plus contemplatif de Nous, le narrateur y décrit la fascination exercée par l’être aimé alors qu’il la survole… de près. ” Je suis sur toi et toi tu es le toit du monde.”
Question: comment interpréter ce qui suit, chanté deux fois dans Le toit du monde ? “Ce temps qu’on m’alloue – de vingt-quatre heues- sait complètement me satisfaire.” Je donne ma langue au chat…
7. Céleste
Ne t’approche pas trop de moi, semble suggérer le narrateur à Céleste, conscient des conséquences fâcheuses d’un tel rapprochement. Le tout est écrit dans une abstraction certaine.
8. Impossible
Impossible de ne plus t’aimer, avoue le narrateur qui se laisse aller à quelques ébahissements.
“Immensité, microscopie – l’infini grand ou petit- me laisse tout ébaubi”
Oh la la…
9. J’aime ton soleil
“Un peu de soleil suffit – à cette fleur que je suis- Un peu de soleil celui – sur lequel ton oeil reluit – ton oeil reluit.”
Même à petites doses, le narrateur est comblé par l’énergie solaire de l’être aimé, même lorsqu’il est un peu fané.
10. L’équivalence des contraires
Le narrateur reprend confiance s’adresse à l’être convoité, jusqu’à lui promettre des feuilles de gui et neutraliser le chagrin qui semble habiter la belle. La rédemption serait-elle imminente ?
11. Roule
Hit the road, prescrit la narrateur à son interlocuteur-trice. Partir, faire de la disatance sans opposer de résistance, le faire pour soi-même. Prendre la route sans savoir ce qui se trouve (ou ne se trouve pas) au bout de l’horizon. Voilà qui est exprimé avec plus de limpidité.
12. Mieux vaut voler
“Comment me fallait-il t’aimer pour rester…- Et qu’à tout prendre vaut mieux laisser- Et qu’à tout vent mieux vaut voler – mieux vaut voler.”
Un des textes qui coulent le mieux sur Nous.
13. Tu peux partir
Dans un ultime effort de lâcher prise, le narrateur ne demande à l’autre que de trouver la bonne manière de partir, de quitter, d’accéder à son monde. Bien torché.
En somme ?
De manière générale, je crois que Daniel Bélanger, que j’aime avant tout pour son univers musical, vise trop haut dans l’abstraction et la complexité littéraires afin que le résultat puisse satisfaire ses nobles ambitions. À sa décharge, je crois qu’il lui arrive parfois de frapper dans le mille.
Pour éviter tout arrière-goût de tarabiscoté, que faire alors ? Un véritable interlocueur littéraire, sorte d’éditeur spécialisé dans les textes de chansons, assez solide pour lui faire admettre ses carences et le renvoyer à table de travail, devrait lui être assigné. On devrait d’ailleurs procéder ainsi avec tous les paroliers de chansons trop souvent laissés à eux-mêmes, y compris ceux qui font d’ores et déjè partie de notre imaginaire. Le résultat pourrait être étonnant.
























mikhail_boulgakov
10 novembre 2009
13h21
Disons les choses sans fard.
Daniel Bélanger est un parolier inepte. C’est en presque consternant. Il n’est pas seul au Québec à avoir mis si peu de substance sur des musiques tout à fait correctes : Serge Fiori est le mentor du genre.
JP Ferland a écrit quelques bluettes pas pire. Beau Dommage a exploré une certaine poésie urbaine (Montréal, par exemple) avec succès. Mais dans ce pays, il n’y a que Richard Desjardins -fortement inspiré de Patrice Desbiens – qui ait écrit des chansons qui mériteraient d’être publiées en tiré-à-part.
Qu’on me contredise ! De qui achèteriez-vous un song-book, juste pour les paroles, comme on le fait de Brel ou Dylan ?
witoldo
10 novembre 2009
13h45
Alambiqués, voilà le qualificatif qui convient aux textes de Bélanger. Je ne comprends pas que personne dans son entourage n’ait songé à lui recommander de «remettre cent fois sur le métier son ouvrage», bref de retourner à sa table de travail pour peaufiner et donner du corps à ce qui, pour l’instant, traduit incohérence et amateurisme.
Par ailleurs, on verrait appraître d’autres problèmes en se livrant à l’exercice d’examiner comment les paroles se fondent dans la musique. Pour une ligne qui sonne bien dans les tounes de Bélanger, vous en avez cinq autres qui clochent. Dommage de gâcher un si beau talent!
Je ne partage pas l’avis de Boulgakov. Les auteurs-compositeurs poètes sont chose rarissime, et pas forcément souhaitable. Méthodologiquement parlant, on ne peut séparer le texte de chanson de sa musique, cela forme un tout. Tant mieux si le texte «se tient tout seul», mais ce n’est pas là le but d’une chanson. Idem pour la musique (Bélanger, Karkwa, Jean Leloup et Marie-Pierre Arthur offrent de nombreux exemples de paroles mal agencées à la musique; en ce qui concerne Fiori, c’est plus compliqué, car bien qu’il ait écrit des lignes bizarres, il a souvent réussi à trouver des mots aux effets magiques – si j’avais plus de place, je donnerais des exemples).
80% des textes de Beau Dommage «fittent» parfaitement avec la musique (qui les ponctue aux bons endroits). Parmi les autres qui ont accompli de telles réussites, je nommerai : Charlebois, Vigneault, Stéphane Venne, Dédé Fortin, Leclerc, Raoul Duguay, Daniel Boucher parfois, Léveillée. Je nomme peu des jeunes générations, parce que c’est justement leur problème, pour la plupart. Et je tiens à dire que les artistes que je viens de citer ne font pas forcément partie de mes goût musicaux; il faut seulement savoir reconnaître la maîtrise de leur métier.
Alain Brunet
10 novembre 2009
14h03
@tous
Lorsque vous aurez les textes devant les yeux – bientôt intégralement diffusés sur l’internet- je vous suggère de dépasser les considérations générales (assez dures pour certains, force est d’observer) et de commenter directement les rimes de Nous. Ce qui n’empêche en rien de poursuivre la dicussion.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
14h20
Bon merci monseur Brunet de nous le dire que les textes vont être diffusés sur le web.
Parce que moi, en plus de remarquer l’absence des textes sur le site de Bélanger tenu par Audiogram, je trouve leurs sites webs très mais très peu personnalisés et qu’ils font pas assez d’effort dans ce sens là… Daniel Bélanger n’a probablement pas de temps pour cela…
L’album est aussi disponible sur iTunes mais il ne comporte pas de livret digital. Alors je trouve pour les clients potentiels qu’Audiogram est en retard.
Bélanger serait en droit de se plaindre et à son frère… Non mais il est quand même reconnu ici au Québec et Audiogram lui fait un site web aussi CHEAPETTE que cela ? Qu’ils trouvent de l’argent et du temps à quelque part… Bélanger mérite beaucoup mais beaucoup, beaucoup mieux que cela…
Et regardons son MySpace… Aucune chanson encore là… Juste 5 amis… Audiogram est TRÈS MAIS TRÈS EN RETARD…
Qu’ils se mettent à jour.
Les paroles doivent être là sur le site… En tous les cas… Je fais juste m’exprimer mais je les trouve cheapette…
Alors que notre ami Boulga… Je le trouve snob mais pas un vrai snob… C’est sa personnalité, il me fait penser à un chat… Oui parce que je l’ai vu sur Youtube et connais des gens qui me font penser à lui… C’est un ”original” et un cas à ce qu’on lit sur la politique… Je crois bien que j’aime cela ce type là…
lecteur_curieux
10 novembre 2009
14h29
Pour des paroles de chanson, il m’est arrivé je crois bien dans une bibliothèque de lire celles de Richard Desjardins.
Pour les acheter ? Je veux qu’elles viennent avec le livret d’un album ou à tout le moins qu’elles soient sur le site web de l’artiste. Et sur iTunes même si cela est relativement nouveau, un livret digital.
Pourquoi les compagnies d’ici nous donnent l’impression d’être en retard sur le reste du monde ? C’est vrai que je connais peut-être trop celui d’une artiste qui est très impliquée et branchée et qui partage beaucoup avec ses fans…
witoldo
10 novembre 2009
14h29
Monsieur Brunet, bien que vous ayez vous-même été passablement sarcastique dans votre article, je vous donne raison : il ne faut pas lancer à la volée des affirmations gratuites, surtout lorsqu’on se montre un peu dur.
Ce que j’ai affirmé de Bélanger repose sur des analyses détaillées de ses productions précédentes (particulièrement de son «L’échec du matériel»). Dans tout ce que j’ai avancé, il y avait «preuves à l’appui». Mais bien sûr, tout est discutable et c’est justement la discussion qui est productive. Mais un artiste comme Bélanger est-il ouvert aux critiques lorsqu’elles sont fondées? Je le souhaite pour lui. C’est un artiste dont j’admire la créativité et la sensibilité. Mais je déplore qu’au bout de je ne sais plus combien d’albums (5, 6 ?), il succombe à des facilités de collégien.
Le seul extrait que vous nous avez fait écouter contient déjà quelques illustrations de l’opinion que je soutiens. À côté de passages très réussis (le refrain avec «Reste…», le «c’est que tu ne partes plus, ne partes plus», la phrase soulignée par l’une de vos lectrices dans le premier blogue – «l’amour sépare les gens qui s’aiment…»), on trouve des trucs qui ne fonctionnent tout simplement pas. Je précise que je parle ici du rapport rythmique texte-musique, et non du contenu. Exemple : «Maintenant, ce qui m’intéresse, au-delà des choses qui s’achètent et se revendent» : une idée correcte, peut-être, mais mal rendue dans la chanson, ce qui fait qu’elle ne «punche» pas. Autre exemple d’énoncé qui sonne mal dans son contexte musical, que vous avez d’ailleurs cité pour en dénoncer le caractère alambiqué : «superfaBUleuse, EXtrasensible, extraordinaire, méGAmonstrueuse de beauté». Personne n’a le goût de chanter ça, pas même dans sa tête. Et ce n’est pas à cause du contenu; c’est juste que ça sonne pas pantoute.
mysbe
10 novembre 2009
14h35
La problématique des textes ne découle-t-elle pas un peu du fait que les musiciens se sentent souvent “obligés” de mettre des paroles sur leurs musiques, à tout le moins s’ils veulent être un peu diffusés et le moindrement “populaires”? J’ai déjà lu Olivier Langevin en entrevue expliquer qu’il avait un disque de musique prêt mais qu’il n’est pas vraiment possible de prendre ce risque, en tout cas pas lorsque c’est votre moyen de subsistance premier. Les textes semblent un incontournable pour obtenir un succès populaire et c’est bien dommage. Par ailleurs, je ne suis pas certaine que toutes les chansons soient faites pour être ainsi décortiquées, ligne par ligne, mot à mot … je vois une chanson comme une création complète, qui doit être considérée dans son ensemble et personnellement c’est d’abord et avant tout l’émotion qui s’en dégage qui m’intéresse et surtout qui me touche. Si on veut lire des textes intelligents, complexes et bien tournés, il faut peut-être s’intéresser à d’autres genres de littérature que la chanson dont il me semble que ce ne soit pas le but premier. Les textes de Daniel Bélanger, parfois maladroits, j’en conviens, me touchent énormément, peut-être justement pour cette raison d’ailleurs; ils sont toujours parfaitement en phase avec la musique et me paraissent authentiques et sincères. J’ai souvent été transportée par les chansons de Bélanger, émue et bouleversée. Ce sont des émotions que je ne veux pas sacrifier à l’étude minutieuse de sa synthaxe.
witoldo
10 novembre 2009
14h35
P.S. : J’ai oublié de mentionner que dans la dernière citation de mon message précédent, les syllabes en majuscules sont celles accentuées par le chanteur.
maroisnobinette
10 novembre 2009
14h37
DB n’est qu’un simple chanteur populaire qui essaie tant bien que mal de faire de la poésie avec tout ce qu’il y a de plus banal; un vocabulaire commun, des mots ternes, des expressions fades et insipides, le tout accompagné d’une musique vieillote et monotone.
unholy_ghost
10 novembre 2009
14h41
Je suis d’accord avec Boulga, les textes de Bélanger sont d’une totale ineptie. Par moment l’amateurisme confine à la pouasie de cégepiens. On m’a offert son livre un noël et c’était tellement rempli de fausses bonnes idées qu’il m’a tombé des mains. Déjà le titre: Erreur d’impression. On dirait un ado qui intitule son premier recueil de poésie Oeuvres incomplètes, sté genre.
Il y a des lignes tellement mauvaises qu’elles en deviennent comiques: “Six milliards de solitudes, six milliards ça fait beaucoup.”
Moffat avait un peu le même problème au début: “tu m’attires et je me tire dans ton point de mire”… Wow! Heureusement, elle s’est beaucoup améliorée depuis.
Witoldo a raison, une chanson c’est un tout. Mais je crois qu’il y a deux sortes de textes valables: les grands textes par des poètes et des textes simples qui indiquent quelles affects sont transportées par la musique. Help des Beatles c’est un texte simple mais qui nous flèche en quelque sorte les sentiments authentiques de la musique. Autre exemple: Love and Mercy de Brian Wilson: texte simplissime mais qui nous fait accéder à l’incroyable empathie de la musique. Le problème de Bélanger c’est d’écrire des textes qui se veulent poétiques mais qui ne sont qu’emberlifficoté et mégamonstrueusement pompeux.
Le pire est peut-être tous ces critiques qui le prennent au sérieux.
unholy_ghost
10 novembre 2009
14h48
“Si on veut lire des textes intelligents, complexes et bien tournés, il faut peut-être s’intéresser à d’autres genres de littérature que la chanson dont il me semble que ce ne soit pas le but premier.”
Et bien pour moi c’est une démission. Si on est pas capable de faire des textes correctes, on coécrit avec un auteur ou on devient interprète. Il y avait beaucoup de collaboration avant, par exemple Ducharme avec Charlebois, et c’est quelque chose qui manque aujourd’hui. Trop de chanteurs pensent pouvoir écrire, alors que l’interprétation est un beau métier (Bashung, Piaf, etc.).
atchoum
10 novembre 2009
15h01
L’exercice est super intéressant. Dommages que nous n’ayons pas nous-même accès aux textes pour aller tirer nos propres exemples. Dans un blogue précédent Pierre Lapointe avait fait parler beaucoup de ses textes aussi… C’est vrai qu’il faut être ouvert aux nouveaux acteurs du texte. Mais jusqu’à présent, ils sont encore dans l’ombre de Desjardins. Et s’il fallait critiquer ce dernier, je dirais qu’il était beaucoup plus intéressant quand il manquait de cul et d’argent. On trouvait moins d’exercices de styles pour plus de cris du coeur dans ses mots. Mais bon. Il évolue lui aussi…
unholy_ghost
10 novembre 2009
15h10
Atchoum, je ne suis pas d’accord, je trouve que les textes du troisièmes albums (Boom Boom) sont ses meilleurs. En tous les cas, le niveau ne baisse pas même s’il ne baise pas…
unholy_ghost
10 novembre 2009
15h11
Désolé pour les fautes.
mysbe
10 novembre 2009
15h25
“Trop de chanteurs pensent pouvoir écrire” …. Justement, c’est peut-être une question de perception de la création: je ne vois pas du tout daniel bélanger comme un chanteur. Il crée quelque chose, et cette chose se présente sous le format d’une chanson, qui par définition inclut du texte. S’il était un chanteur et qu’il veuille chanter les meilleurs textes possibles, alors oui, il pourrait faire appel à des paroliers ou des auteurs, mais je pense que dans son cas le texte et la musique participent à une même démarche de création globale.
mikhail_boulgakov
10 novembre 2009
15h36
Un qui écrit pas mal du tout, après réflexion, c’est Jean Leloup.
Oui, c’est vrai, une chanson c’est un tout. Le texte n’est pas du tout obligé d’être un stand-alone. La plupart des bonnes chansons ont l’air un peu sottes ‘dénudées’. Mais quand même : le texte s’imprime dans le subconscient, on se le répète à soi, et idéalement, il faut quand même qu’il se tienne un minimum… Pensons à la chanson des vieux amants, par exemple.
@ghost
Ouaip, l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne, ouch ! Lourdingue.
La coopération avec des auteurs ? Fectivement (comme dirait San A.) ç’a donné qq chose de bon dans les sixties… À l’époque où on avait des bons auteurs allumés ! Non, c’est un peu gratuit. Je suis certain que Laferrière pourrait écrire une maudite bonne toune si on la lui demandait.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
15h37
Vraiment si inepte que cela Daniel Bélanger comme parolier ?
Bon, au moins sur l’ancien site on a les paroles d’albums précédents et de chansons que tout le monde connaît et qui ont été diffusées partout sur les Rock Détente et ailleurs…
Commençons dont par ”Les insomniaques s’amusent”.
La folie en quatre c’est un très bon texte, il y a rien de pompeux là-dedans. Ensorcelée c’est quoi le défaut ? Opium aussi… Mais tombons-nous à la renverse juste à la lecture du texte. Probablement pas, mais cela allait bien avec la musique.
Allons sur le deuxième avec la toune ”Le parapluie” mais il fait pas dans la poésie Daniel Bélanger, pas ici en tous les cas… Il raconte une histoire et c’est bien correct… ”les deux printemps ” , il n’y a aucune prétention dans ce texte là et une poésie simple.
Vous êtes des passionnés et je respecte cela mais parfois… Bien plus prétentieux que ceux que vous dénoncer… Pierre Lapointe c’est un personnage… Mais écoutez, je ne crois pas que ce soit juste de la prétention de Boulga, par exemple, c’est plus une question de goût et dégoût… Ce Daniel Bélanger là des deux premiers albums plaisait au matante et grand-mère aussi, c’est bien vrai. Mais il est où le mal ?
markymarc
10 novembre 2009
15h37
Pour ma part, pour avoir écouté l’album de DB, en vitesse sur l’heure du dîner, mes textes préférés sont “Jamais loin” et “Le toit du monde”.
J’en conviens moi aussi, Bélanger n’est pas le plus grand auteur au Qc, mais sa force, c’est qu’il a sa manière d’écrire. Et le don de trouver des mots que personne n’aurait pensé mettre dans une chanson – ou peut-être même, que personne n’aurait osé mettre… – Des mots populaires, mais qu’on n’associe pas nécessairement à la chanson. JP Ferland faisait ça lui aussi. Parfois, l’effet est fort agréable; la surprise. Mais d’autre fois, on comprend pourquoi ces mots n’appartiennement pas à la poésie ou à la chanson.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
15h39
Un texte que je trouve très bon et qui fait un très beau contraste avec la musique qui me vient en tête c’est ”Ordinaire” de Mouffe pour Charlebois. Charlebois chante cela et la musique est grandiloquente en même temps, c’est très très fort comme MATCH.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
15h42
Boulga je t’ai vu sur Youtube et tu as un petit côté Jean Leloup dans ta présence, je dirais…
Mais tu fais beaucoup plus raffiné au niveau de la musique me semble-t-il. Tu sembles avoir une grande confiance en toi, alors je te souhaite du succès. Par contre, tu as bien des doutes sur l’industrie d’ici.
markymarc
10 novembre 2009
15h43
Je trouve que, de plus en plus, le texte prend de moins en moins d’importance dans plusieurs formes d’art. Notamment la musique où, si on se fie au Gala de l’Adisc, dans la catégorie Auteur OU Compositeur, les récipiendaires sont souvent récompensés pour le côté Compositeur. Même chez d’autres formes d’art, comme la télé, où le dernier Gala des Gémeaux a souligné le prix des textes de série dramatique durant le gala hors d’ondes.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
15h46
Pour un interprète et mélodiste qui choisissait assez bien les paroliers pour l’accompagner ou accompagner le groupe…
Il y a quand même Gerry Boulet et le groupe Offenbach. Mais certains sont plus exigeants, ils veulent autre chose. Il faut quand même que cela fitte avec leur musique.
Parlant Aut’ chose. Lucien Francoeur doit avoir fait des textes pas pires lui ? C’est que cela ne correspond peut-être pas à ce que vous recherchez.
mikhail_boulgakov
10 novembre 2009
15h51
@lecteur
DB n’a pas écrit que de la schnoute, entendons-nous. Sèche tes pleurs et tout ça. Le gars a quand même vendu de la galette… Quoique seulement ici (les Français ont jamais embarqué), et ceci explique peut-être cela.
Mais come on, Lecteur ! Ensorcelée c’est à hurler de rire, si ce n’était que ça se prend terriblement au sérieux. Je préfère 400 fois le dadaïsme des Cactus de Dutronc…
Le ciel est sans berger (métaphore obscure, ciel sans lune ?)
Tes yeux en fixent les langueurs (les langueurs du ciel, whadda ??)
Ton âme en espère la douceur (oh l’âme !)
Mais elle est une bête emballée (ou la la, tassez-vous)
J’ai quelque part dans un cahier
Des inscriptions mathématiques (oui, oui, génie incompris)
Quelques lois de probabilité (oah, du gros stuff)
Pour soulager les excentriques (de kessé ?)
Dont l’âme est emballée (eh ben, ça s’emballe là-dedans !)
Mais maudit bon riff, cela dit. Et le refrain fait la job.
markymarc
10 novembre 2009
16h04
Selon moi, son meilleur texte : Dis tout sans rien dire.
unholy_ghost
10 novembre 2009
16h06
Oui, les Insomniaques, c’est vraiment fastidieux, on sent vraiment la lecture mal digérée des décadents (Baudelaire, Rimbaud, etc.), comme un poète cégepien.
Il y a bien sûr des trucs pas mal chez Bélanger, mais couplés à des trucs tellement lourdingues que je décroche complètement.
Leloup, malgré la folie de bazar, crée un univers. Les deux premiers albums sont sans fautes, sauf Sara (sa pire chanson) et une phrase abjecte (”J’ai assez supporté tes cinézambitions que les films de guerre/Te déportent jusqu’à Aushwitz”). Après, il y a de temps en temps du déchet: “je ne suis pas belle/je suis une poubelle” mais l’univers est fort.
atchoum
10 novembre 2009
16h12
C’est vrai que dans Leloup on ne sent pas le travail de rédaction. Ça roule, ça coule… Vous pensez quoi de Michel Rivard?
unholy_ghost
10 novembre 2009
16h17
Michel Rivard, pas capable! À mon avis, Desjardins le pensait vraiment et il s’est rétracté avec beaucoup de noblesse quand il a vu qu’il l’avait blessé.
Même ses chansons avec Beau Dommage me semblent plus faiblardes que les autres. Il est capable de trousser une mélodie par contre.
mysbe
10 novembre 2009
16h20
peut-être aussi que certains textes nous parlent même quand ils ne sont pas parfaits, qu’ils nous interpellent … même seulement des parties de textes, quelques mots dans une chanson, un ou deux vers, qui nous touchent particulièrement … quand j’entends ces mots de bélanger par exemple, quand je les chante tout haut surtout, j’ai toujours envie de pleurer, c’est très personnel, c’est fou.
“Moi qui souris
Qui marche enfin
La tête hors des épaules
Libre dans un corps
Moi qui jaillis
Des souterrains
De cent siècles de taule
Libre à mourir de rire”
Même chose pour : “sentir ta main sur ma joue, ne pas la perdre comme on perd tout, les temps sont fous” … je pense que c’est cette humanité qui me fait quelque chose …
mikhail_boulgakov
10 novembre 2009
16h30
Michel Rivard a commis quelques kétaineries notoires, mais il a pondu de très bons textes.
Schefferville, le dernier train, vise hyper juste. Cent fois plus juste que la toune sur le même sujet de Pierre Bertrand.
Sa toune sur Janis est dans un top10 québécois de tous les temps. C’est carrément habité.
Il a parfois cédé à la rimette, mais dans l’ensemble, c’est de la variété de qualité, non dénuée d’intelligence.
Ç’a le mérite de pas se prendre trop au sérieux non plus.
unholy_ghost
10 novembre 2009
16h31
Mysbe, justement, il aurait intérêt à faire simple – c’est quand il se veut poétique qu’il devient lourdingue. Le poétique est l’ennemi de la poésie.
Comme beaucoup d’auteurs québécois, il est touchant quand il parle de sa soeur ou de sa blonde, mais devient ridicule quand il fait des généralités, parle du sort de l’humanité, etc. N’est pas Lennon qui veut.
mysbe
10 novembre 2009
16h35
ça se prend quand même pas mal au sérieux de temps à autre, genre “c,est la langue de mon coeur et le coeur de ma vie”, misère …. et “il existe un trésor, une richesse qui dort, dans le coeur des enfants mal aimés, sous le poids du silence et de l’indifférence trop souvent le trésor reste caché” ….. mais don quichotte c’est vraiment pas pire …
unholy_ghost
10 novembre 2009
16h35
Boulga, tu as raison, les premiers albums de Rivard sont moins pires que Le trou dans les nuages et le reste.
Ce qui m’agace chez lui et même chez Beau dommage c’est l’éloge de la fadeur et de la résignation (Échappée belle, par exemple).
lecteur_curieux
10 novembre 2009
16h36
Attendez un peu…
Bon ok je ne dis pas que je le suis vraiment tout de suite à lire son texte ”Ensorcelée”. Non mais j’embarque dans la chanson…
La chanson aurait peut-être méritée d’être analysée pendant l’émission de Radio-Canada dans les capsules ”Qu’ont-ils voulu nous dire”.
Moi à lire cela rapido, j’ai l’impression qu’il s’adresse à une femme qu’il aime mais qui souffre d’une maladie nerveuse ou mentale et ce qui la fait souffrir. Une maladie ou une passion ? C’est pas si facile à saisir comme cela et j’ai pas lu les entrevues d’époque.
Vous trouvez qu’il se prend au sérieux ? Je ne ressens pas cela de lui, du moins pas pour ses premiers albums. La poésie peut être naïve plus que profonde. Pour cette époque je le vois comme quelqu’un de fleur bleue. Dutronc c’est complètement autre chose avec les Cactus. Je suis plus dans un mood qui ressemble à Françoise Hardy qu’à Jacques Dutronc pour ces chansons là…
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Pour revenir sur les textes, on a souvent dit qu’en France le texte est primordial alors que des québécois travaillent plus à l’américaine ( pas tous les Américains ), c’est la musique d’abord et les paroles bien ne se prennent justement pas au sérieux.
Peut-être qu’avec les années il se prend plus au sérieux mais je le perçois pas comme cela…
Je le vois un peu comme un nounours avec son physique et que les filles aiment cela… Fleur bleue… Pour la musique bien par après un peu plus d’exploration…
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Il réussit pas à me faire shaker juste avec ses paroles ni même avec son interprétation mais c’est rare… Desjardins dans ”Tu m’aimes tu”, moi oui cela … Sauf que quand les chanteurs de variétés reprennent… Le sens change complètement… Cela gâche mon plaisir…
mysbe
10 novembre 2009
16h36
unholy_ghost : hem, il ne me semble pas que les textes de lennon soient vraiment une référence de qualité … pas à mon sens en tout cas … je préfère ceux de gatineau
unholy_ghost
10 novembre 2009
16h40
Mysbe, en fait, même Imagine me semble le texte le plus faible de notre homme John. Par contre, Strawberry Field et I’m Only Sleeping, c’est vraiment dur à battre comme texte, Gatineau mis à part bien entendu…
lecteur_curieux
10 novembre 2009
16h46
Échappée belle, je ne suis pas sûr, non plus d’aimer le message ou la signification de cette chanson énormément…
Ils faisaient à la fois baby boomers sur le… et groupe qui veut revenir…
Vous voulez des grands textes ils sont rares.
Et alors pour Rivard vous aimez même pas ”La complainte du phoque en Alaska”. Et vous lui trouvez des défauts ?
witoldo
10 novembre 2009
16h48
En vrac.
Leloup a des instants de génie, il tranche avec tout le reste. Mais il s’installe aussi chez lui depuis quelque temps une sorte de complaisance qui est en train de lui jouer des tours (le personnage prend le dessus sur l’artiste). Sur son dernier disque, beaucoup de bonnes idées, mais garrochées, pas travaillées. Des textes souvent malhabiles. Il se fie trop au génie de l’instant et néglige le travail (c’est chez lui un choix idéologique, soit, mais j’en conteste la valeur).
Il y a de solides chansons sur «L’amour est sans pitié». Sur «Le Dôme», les superbes «Sang d’encre» et «Le monde est à pleurer». De belles choses aussi sur «Les fourmis». «I lost my baby» pourrait devenir un classique, n’était la ligne «grandie à Ste-Foy d’un père militaire et d’une jeune fille qui FUT sa mère» (elle ne l’est plus?). Sur le denier disque, il revient avec son «les enfants sont grandis». Et qu’on ne revendique pas la license poétique! Pour moi, c’est de la maladresse pure et simple (la license poétique doit amener quelque chose de plus qu’on ne trouverait pas dans un langage plus correct).
@ mysbe Il est vrai que la chanson constitue un univers global. Mais dans un univers global, tout doit se tenir; les fautes de goûts peuvent ruiner la meilleure des tounes, tout comme une auto fonctionne mal s’il lui manque une roue (et ce, même si sa carrosserie est flamboyante et son moteur dernier cri). Si je m’arrête aux fautes syntaxiques ou autres, c’est qu’elles me gâchent mon plaisir.
«Opium», par exemple, est une chanson envoûtante, mais on y trouve un passage mal foutu (je le sais, je la chante) : «L’espace garde en otage/ Le lunatique en son ouvrage/ Et le dauphin flou sous l’hymen d’eau/ Que la lune suit de ses flambeaux». D’ailleurs, toute cette strophe montre une difficulté à approfondir l’idée amorcée dans les deux précédentes, et je crois à bien y penser que le problème de Bélanger réside là : il a d’excellentes idées, mais se montre incapable de les approfondir et de leur donner une forme capable d’unir le tout et les parties.
Parmi les autres artistes que j’aurais pu intégrer à ma galerie de bons artisans, il y a bien sûr Plume («T’ara rit si t’ara vu ta Rita roter ton ragoût») et, comme le suggérait quelqu’un, Offenbach (des chansons comme «Promenade sur Mars» et «Ayoye» contiennent des passages assez bizarres, mais c’est tellement bien rythmé et dit avec tellement de conviction que ça passe).
@ lecteur curieux : L’acte de critiquer n’est pas un acte prétentieux, s’il est fait avec un minimum de rigueur. Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi vous en prendre à ceux qui cherchent à mettre des mots sur des sensations, ou encore qui tentent d’élucider certains problèmes formels, ou encore d’élever un peu le niveau de la discussion. Pourquoi dire qu’ils sont «prétentieux»? Dans ce cas, aussi bien tous nous fermer la gueule.
mikhail_boulgakov
10 novembre 2009
16h55
Le phoque est une chanson magistrale. Métaphore du Québec (grands exils, abandon, etc.) qui cherche à amuser la galerie en jonglant avec nostalgie…
Et Plume, bien sûr. Comment oublier Plume ! Mea culpa.
witoldo
10 novembre 2009
16h57
«I know what I like and I like what I know», point final : c’est une façon de voir courante (mais Gabriel s’en moquait, justement, et en faisait le proverbe de l’ordinaire médiocrité).
lecteur_curieux
10 novembre 2009
16h57
Imagine de Lennon est un texte faible ? Je l’ai pas devant les yeux mais moi je dis que non.
C’est un texte d’un rêveur, d’un artiste et qui a sa naïveté. Pour moi ce ne sont pas des défauts.
Tiens, par association d’idées, moi le texte de Lennon me fait penser à celui de Raymond Lévesque ”Quand les hommes vivront d’amour”.
Des vrais grands textes qui nous shakent ou très, très profonds et qui réussissent â être mis en chanson, c’est rare, très rare.
Je me dis quand même, qu’il a des textes que certains jugent faible alors que c’est peut-être dans cette émotion là qu’ils ne veulent pas embarquer. Ou dans cette manière d’être ou de faire.
C’est une question de goût et dégoût. De perceptions et de réceptions. Justement, moi, pour un artiste je peux trouver que c’est un force de ne pas avoir peur de passer pour ridicule. Si cela va trop vers la guimauve, par contre, je peux rester un peu, mais je vais décrocher…
Alors j’apprécie la simplicité de certains, le côté fleur bleue… La poésie peut-être candide…
Tout se discute et cela dépend avec qui on compare…
lecteur_curieux
10 novembre 2009
17h12
@witoldo
Ici les intervenants commencent à se connaître un peu du moins avec leur style propre et nous partageons pas nécessairement tous les mêmes définitions.
Vous savez pour moi être prétentieux je ne vois même pas cela comme un défaut tout le temps surtout pour un artiste. Il faut qu’il ait certaines prétentions mais ensuite à lui de livrer la marchandise…
Pour Boulga, c’est un genre de taquinerie… Et c’est pas facile de trouver le bon mot… Et je le connais pas assez, juste lu ici mais vu des vidéos… Je lui ai jamais demandé de se taire…
J’ai vu son visage et ses moues sur un vidéo… Faudrait aussi acheter sa musique…
Il est infiniment plus connaisseur en musique que moi. Moi j’ai un petit peu de prétention pour avoir de l’oreille ou du goût, mais il faut me laisser le temps pour écouter et analyser.
J’aime différentes personnalités et ce ne sont pas vraiment des attaques personnelles. On parle quand même des personnalités des intervenants quand on sait qu’ils sont eux-mêmes artistes et qu’ils font des critiques sur d’autres artistes et j’ai aucun problème avec cela. Aucun mais aucun, je souhaiterais même qu’ils viennent plus nombreux.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h12
“C’est une question de goût et dégoût. De perceptions et de réceptions.”
Donc, tout opinion qui n’est pas du relativisme c’est prétentieux.
Imagine c’est le texte le plus guimauve et donneur de leçon d’un auteur qui ne l’était pas. De toute façon, on a pas le droit d’écrire Imagine après God. Ni de dire qu’il ne doit plus y avoir de possession quand on est multi-millionnaire.
PS: Witoldo, “la jeune fille QUE fut sa mère”, non? Je dirais que les textes les mieux paufinés de Leloup sont sur L’Amour est sans pitié; sur le Dôme il est devenu plus bordélique, plus écriture automatique, mais il gagne au change: son imagination est devenue plus baroque.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h18
Sinon, ce n’est pas Imagine de Lennon le problème, mais les suiveurs à deux cennes qui pensent qu’ils peuvent sauver le monde avec leur petite chanson. Même un type aussi génial que Dylan s’est dit que c’était ridicule.
Je trouve que c’est vraiment un défaut de la musique québécoise: des tounes à message qui se prend au sérieux, genre Luck Mervil ou Ima. Aucun humour.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h19
qui se prennent*
mysbe
10 novembre 2009
17h21
Lennon a toujours été donneur de leçon. C’est toujours fatiguant en chanson, en tout cas moi ça me fatigue. Il y a une manière d’être créatif en critiquant le monde, en le jugeant même sévèrement sans se donner soi même en exemple, mais il est rare que les artistes y parviennent. La plupart du temps, le texte tourne en “tout le monde est cave et voici ce que vous devriez faire”.
mysbe
10 novembre 2009
17h22
Ima? comment ça, Ima? elle écrit des chansons?
lecteur_curieux
10 novembre 2009
17h23
Je suis aussi plus tolérant face au travail des artistes. Et j’aime beaucoup discuter.
Un des défauts au Québec pour moi n’est vraiment pas la prétention mais plutôt le contraire. On ose pas assez, on a peur de déranger et de passer pour différent. Vous allez me dire que ce n’est pas cela la prétention ?
La prétention pour moi c’est avant alors que pour certains cela semble après… Et une autosatisfaction.
Le plus important anyway, pour un artiste, c’est d’être soi-même que ce soit nous ou bien un personnage. Être authentique et sincère, et croire en soi. Pour créer quelque chose de neuf, pour moi cela prend de la prétention, désolé. Mais ensuite, il faut livrer et ne pas tomber dans la contemplation de soi. Il faut avancer aller plus loin.
On a pas la même défnition de prétention dans ce cas là… Moi j’y vois un côté positif en autant qu’on livre…
leeoskar
10 novembre 2009
17h29
witoldo, Leloup écrit : “les enfants sont brandis dans un carosse de gloire”, et non “les enfants sont grandis”. Par contre, il est vrai que Leloup a fait quelques textes un peu faibles (”La Vie Est Laide”, “I lost my baby”) mais la majorité de ses textes conviennent parfaitement à son univers.
Pour Bélanger, ce sont ses plus récents textes que je n’aime pas. L’échec du matériel et Nous contiennent des paroles qui ne me touchent pas du tout, je les trouve en majorité un peu limites.
mysbe
10 novembre 2009
17h29
“estime exagérée de soi-même” … je crois qu’effectivement il faut avoir une grande estime de soi pour partager ses créations artistiques, c’est quasiment obligatoire …le terme que vous cherchez au sujet des intervenants sur ce blogue ne serait-il pas plutôt: “pédant: qui étale son savoir”? On ne peut pas en être fâché puisque c’est le lieu pour cela … ce pourrait être déplacé ailleurs mais ça me semble intéressant ici, même si c’est souvent et volontairement hermétique …
lecteur_curieux
10 novembre 2009
17h42
Je me sens pas faire la leçon sur Imagine pour ma part… Cela veut pas dire que j’embarquerais plus que pendant le temps du show ou de la chanson…
C’est un rêveur, un doux naïf…
Et si vous pensez donneur de leçons… Tiens je pense à certains écologistes ou autres, j’appelle plus cela de l’idéologie, on peut les écouter mais on suivra pas à la lettre tout ce qu’ils disent…
Tiens Laure Waridel, moi elle peut bien nous faire la leçon de façon aussi charmante cela lui est pardonné et on peut faire des petites choses. Tu en prends en laisse.
Dire que tout relativisme est de la prétention. J’ai jamais dit cela… J’ai dit que certains peuvent ne pas aimer par dégoût et par conséquent SOUS-ÉVALUER la valeur du texte ou de la chanson.
La prétention pour moi ce pourrait être de penser qu’on est capable de faire mieux. Bien alors VIVE LA PRÉTENTION tout ce qu’il faut ensuite c’est du courage et des gens pour vous soutenir.
Ce type de prétention et non celle peut-être d’artistes qui ne seraient pas parlables ou pas ouverts à aucune critique.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h43
Mysbe, je ne sais pas si c’est elle qui les écrit ou pas, mais il faut vraiment que tu connaisses, ça vaut le détour… Exemple:
Donne-Moi (Version Originale)
Si chaque fois l’on chute du haut des rêves
Qui nous portaient depuis toujours
Si quand la vie débute
On croit déjà que ce sera le dernier jour
Il faut alors pouvoir se raccrocher
Apprécier l’or de la liberté
Ces enfants qu’on recrute pour quelques pièces
Mais dont personne ne se préoccupe
Nos erreurs se décuplent de fermer les yeux
Chaque seconde, chaque minute
Mais si on pense que rien ne peut avancer
Que le silence va tout arranger
Refrain :
Donne-moi (donne-moi) l’espoir et la clé
Qu’il nous reste l’envie de chanter
Donne-moi (donne-moi) tes joies, tes secrets
Qu’on nous laisse le choix de rêver
Donne-moi, donne-moi
Y a tant de vies qu’on blesse
Et qu’on condamne juste pour une question de couleurs
Des pays, des richesses dont on s’empare
Sans en connaître la douceur
Qu’on ne dise pas que tout ça n’est pas vrai
Trop loin là-bas pour ne pas y penser
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h45
“Dire que tout relativisme est de la prétention. J’ai jamais dit cela…”
Moi non plus…
lecteur_curieux
10 novembre 2009
17h48
@mysbe
Non et même pour le terme pédant, je trouve que cette accusation est bien trop souvent faite dans nos sociétés. Il y a un grand manque dans le partage du savoir.
Et les gens ont peut-être même honte de montrer ce qu’ils savent. Le type est allé à l’université mais il ne faut surtout pas que cela paraisse.
————————————————————————
Certains ont une certaine prétention et je vous dis même que j’appuie cela…
Ce que je peux critiquer c’est d’être un peu dédaigneux ou capricieux face à certaines choses et moi je crois que la critique est teintée par les goûts. Et ce n’est pas du relativisme absolu cela… C’est pas vrai que tout se vaut et que toutes les opinions ont le même poids.
witoldo
10 novembre 2009
17h49
leeoskar : merci pour la rectification au sujet de Leloup. Je n’avais jamais eu le texte sous les yeux et m’était fié à ce que j’entendais. Bien sûr, «brandis» est beaucoup mieux!
lecteur curieux : si je vous comprends bien, «prétentieux» égale pour vous «ambitieux» ? Je viens de comprendre aussi qu’en écrivant «vous êtes plus prétentieux que ceux que vous critiquez», vous vous adressiez à Boulga et non à l’ensemble des intervenants…
En ce qui concerne la pédanterie, je ne trouve pas que ce blogue en soit l’illustration.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h50
Certains ici ont comparé Bélanger à Ferland. Je viens d’écouter Soleil et j’ai trouvé les textes faiblards, limites ridicules avec leur côté Messie hyppie. Les textes de Ferland me semblent très surestimés.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
17h51
@ghost
J’ai écrit trop vite bon mais j’ai compris ce que vous avez dit…
‘Donc, tout opinion qui n’est pas du relativisme c’est prétentieux. ” C’est à cela que je dis non.
unholy_ghost
10 novembre 2009
17h52
Lecteurs et Mysbe, est-ce que l’on ne pourrait pas discuter des arguments plutôt que de chercher à qualifier les gens?
lecteur_curieux
10 novembre 2009
18h00
@witoldo
Non je fais une bonne différence entre ”prétentieux” et ”ambitieux” dans le sens positif.
L’ambition c’est peut-être dans le beaucoup. La prétention dans le différent.
Mais tout se mélange. On peut être ”audacieux” aussi. Il y a l’audace artistique et commerciale.
Je parle d’une prétention positive pour un artiste. Il a confiance en lui, pense avoir quelque chose à dire, à créer de nouveau et qui apporte plus.
Tu as le droit de te comparer avec un autre et croire que tu peux faire mieux. Tu as le droit.
J’écris beaucoup … Je blâme personne ici d’écrire ses opinions et de débattre…
unholy_ghost
10 novembre 2009
18h08
Boulga, pour moi, les premiers textes de Claude Léveillée méritent une publication à part. Et on dira ce qu’on voudra, plusieurs chansons de Vigneault et Leclerc sont exceptionnelles. Sans parler des textes de Charlebois.
Pour le mix paroles-musique, Venne est très fort.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
18h13
@ghost
Ici c’est pour lancer des fleurs à des gens ici mais il y en a au moins quelques-uns qui feraient des bons invités pour des émissions de radio discutant de musique plus en profondeur… Et là, en faisant écouter aux auditeurs cela serait bien…
Je serais un auditeur moi pour cela… Encore là, il faudrait avoir des gens prêts à vous accueillir…
Pourquoi aussi j’apporte ce point, c’est que même avec toutes les qualités du présent blogue, les points de vue ne peuvent pas toujours être démontrés pleinement, si c’était à la radio, une chanson vous pourriez la décortiquer et arrêter cela au moment que vous voulez.
Je pense à une ancienne émission sur la CBC Radio 2 avec Robert Harris mais cela pourrait être fait de manière différente et pour plusieurs genres de musique. D’abord faire écouter de la musique mais aussi des émissions qui décortiquent.
mysbe
10 novembre 2009
18h17
unholy_ghost : quels textes de charlebois, par exemple?
witoldo
10 novembre 2009
18h24
unholy ghost : Il ne faut pas réduire Ferland à «Jaune», où pourtant on retrouve des chansons bien ficelées, qui sont d’ailleurs devenues des classiques («Le petit roi», bien sûr, mais aussi «Quand on aime on a toujours vingt ans»; «Le chat du café des artistes» a, je crois, influencé Bélanger pour «Je suis mort» (sur «L’échec…»), mais c’est plus réussi chez Ferland.
Mais pour sortir de «Jaune», écoutez la magnifique (dans son auto-ironie décapante) «Qu’êtes-vous devenues mes femmes?». Et aussi «Si je savais parler aux femmes», «Qu’est-ce que ça peut ben faire», «Les femmes de 30 ans», «Maman, ton fils passe un mauvais moment». Ce ne sont pas des poèmes, mais de solides textes de chansons qui, unis à la musique, forment un univers que chacun peut s’approprier et apporter avec soi.
unholy_ghost
10 novembre 2009
18h37
À part les très connus de Péloquin, Ducharme et Sabourin, il y a des perles absolues. Par exemple, Trop belle pour mourir de Claude Gauvreau et Mourir de jeunesse de Vigneault. Et les textes de Charlebois, souvent sans prétention, sont savoureux (Dolorès, par exemple).
unholy_ghost
10 novembre 2009
18h45
Witoldo, je parlais de Soleil. En général, il y a une ou deux perles par album, mais Ferland n’est pas un grand poète de la chanson, pas au niveau des plus grands.
witoldo
10 novembre 2009
18h50
Bon Dieu, deux fois d’affilée que je suis dans le champ! Trop lu et écrit aujourd’hui, les yeux s’embrouillent… Je pense que je vais tirer ma révérence. À la prochaine.
Cela dit, deux perles par album, quand on a une vingtaine d’albums derrière soi, cela donne une oeuvre appréciable.
unholy_ghost
10 novembre 2009
18h54
Mouais, les premiers c’est du sous-Brel et après les années 70 c’est à chier. Ça donne 6 albums donc une douzaine de chansons, pas de chefs-d’oeuvre absolus au niveau texte.
unholy_ghost
10 novembre 2009
18h55
Bon, je dis ça mais j’ai acheté tous les Ferland et je vais les écouter un par un.
Ferland n’a jamais écrit rien qui s’approche de Où va mon coeur? de Claude Léveillée.
unholy_ghost
10 novembre 2009
19h05
Un qui est pas mal niveau texte c’est Sylvain Lelièvre. Musicalement, je trouve son jazz de cabaret emmerdant au possible, mais il y a des textes de lui qui sont parfaits. Par exemple, Je descends à la mer.
unholy_ghost
10 novembre 2009
19h22
Boulga pointe un truc: pourquoi les chanteurs d’aujourd’hui ne vont plus voir les écrivains. Et vice et versa. Je suis certain que Soir de scotch a dû payer plus de fins de mois à Christian Mistral que ses romans.
vieuxcon
10 novembre 2009
19h50
Tout auteur, aussi talentueux soit il semble avoir son passage à vide une fois de temps en temps. Avoir quelque chose à dire…ou simplement donner du corps à un texte plus abstrait…même Dylan, Cohen ou Desjardins se sont cassé les dents la dessus. Moi Kanasuta c’est pas du grand Desjardins. Sur le dernier Leloup il y a de la daube textuelle du genre “jeune indien” et du très génial genre “les moments parfaits”.
Je trouve que Bélanger est très focusé comme auteur sur les quatre saisons dans le désordre, mais à l’instar d’un Pierre Lapointe sa plume est souvent “précieuse” et redevable au dictionnaire des synonymes. L’échec du matériel était un bon concept courageux…mais un peu forçé au final.
Maintenant je n’ai pas entendu le dernier, mais il me semble qu’en entrevue Bélanger parlait plus de musique que de textes. Il y a peut être erreur de perçeption lorsqu’on présente cet artiste comme un grand auteur alors qu’il n’est qu’un habile ficelleur de pop grand public.
Des fois je trouve que l’importance du texte pèse trop lourd dans l’héritage musical francophone. Il y a des centaines de bonnes pièces rock anglo qui usent des mêmes pattern à la “don’go baby” et c’est OK….on comprend que c’est l’heure de se bouger. Ce qui n’empêche pas la grande poésie dans la langue de Molière à la Dylan.
Mais Dylan a sorti Nashville Skyline en 69, country redneck avec textes romantiques, et ça fait du bien avec le recul, un peu d’oxygène.C’est un disque ou il chante de façon étonnante et son plaisir de le faire est évident. Le mec a admis qu’il n’avait juste rien à dire de transcendant mais qu’il voulait faire de la musique quand même. Ça lui a pris jusqu’en 75 avec Blood on the tracks pour envoyer un disque qui pourrait tenir sans musique et ça fait une courbe intéressante lorsque l’on regarde la carrière de l’artiste aujourd’hui. Pourtant à l’époque tout le monde râlait. Nos auteurs compositeurs n’ont vraiment pas de marge de manoeuvre en ce sens…il faut transcender à tout prix et ça donne très souvent du lourdingue.
À la limite un Bélanger essaye musicalement, car il y a des Séguin et des Piché qui ne savent pas qu’il peuvent faire un autre album que celui qu’il clonent depuis vingt ans. Il y a des fois ou notre culture n’est pas libre d’être insouciante, il faut clamer de grandes vérités ou alors être dans l’ineptie absolue. Il n’y a rien de plus insupportable que la prétention de grands messages lorsqu’il n’y a qu’un grand vide. Bélanger a parlé d’un album qui “groove” et la prochaine fois que je ferai mon épicerie c’est ce feeling que je chercherai lorsque sa toune jaillira des enceintes.
lecteur_curieux
10 novembre 2009
20h45
Je reviens…
J’aime assez l’analyse de vieuxcon, pour la critique de Bélanger à relire des textes oui la seconde critique je peux la partager ” redevable au dictionnaire des synonymes”, je trouve pareil qu’il les interprète bien. Pour la première critique de préciosité, je ne le trouve pas tellement précieux pour ma part ou seulement légèrement. Quoique… Je pourrais être porté à aimer cela la préciosité, ce peut être moi qui ai ce défaut.
Pour Pierre Lapointe, la préciosité pour moi venait avec son personnage, c’est en cohésion. Et j’ai aimé lors de la première écoute. Donc je suis parti avec une bonne première impression. Pour la dernière année, il n’a pas fait partie de mes coups de coeur.
atchoum
10 novembre 2009
20h59
Peut-être qu’on reproche un peu à Bélanger certains textes alambiqués desquel il est difficile de ressentir un Go baby Go! dans les jambes ou un Rhhâââââ lovely entre les oreilles ou dans les trippes sans se forcer. Quand Desjardins termine les Fros ainsi :
Le jour où c’est qu’on me trouvera mort
Enterrez-moi debout la tête dehors.
Au soleil!
Y a pas la moitié de la salle qui se demande mais qu’est-ce qu’y dit, mais qu’est-ce qu’y dit? et l’autre moitié qui hurle au génie! L’image est très forte, les mots sont clairs. Résultat : on a les jambes sciées.
………..
Sêche tes pleurs est une grande chanson. DB a le talent pour explorer différents styles musicaux toujours en imprimant l’empreinte DB. Très peu d’artistes au Qc réussissent ce tour de force. On parle beaucoup de Ferland dans ce blogue. Pour l’exploration musicale, en tout cas, je pense qu’ils sont comparables .
———–
Mais je ne sais pas si DB a la plume pour sortir un grand disque comme Écoute pas ça, par contre.
Alain Brunet
11 novembre 2009
10h04
@atchoum
Je ne m’étonne pas qu’on parle de Ferland dans ce blogue consacré aux textes de DB. Cela dit, je ne crois pas que les styles littéraires des deux paroliers soient voisins ni même cousins (Ferland écrit mieux et très différemment, point à ligne) ,mais je vois chez Bélanger une capacité réelle à poursuivre ou même transcender l’expérience musicale des grands disques de JP. Musicalement, je vous assure que Bélanger pourrait en apprendre à Ferland.
Par ailleurs, vous résumez parfaitement le problème: lorsque la moitié de la salle ne comprend rien pendant que l’autre moitié crie au génie, l’auteur ne peut crier mission accomplie.
mikhail_boulgakov
11 novembre 2009
10h15
“Musicalement, je vous assure que Bélanger pourrait en apprendre à Ferland.”
Alain, en général, la vision québéco-centriste de Ghost me gosse un peu (à l’entendre parfois, tout a été inventé au Québec), mais il a vu juste sur une filliation intéressante.
Le Chat du Café des Artistes, c’est la sonorité prototype de Melody Nelson un an avant, y’a pas photo. Or, Melody Nelson influencerait tout Sea Change de Beck, entre autres. À un point tel que Beck reprendrait cette chanson sur un album de sa fille ! Preuve par 4 de la filiation. Ultime hommage.
Le Chat du Café des artistes est sans contredit la pièce québécoise la plus ‘influential’ mondialement dans le domaine de la pop-rock. On dira que c’est plus grâce à André Perry que Ferland et on aura raison, mais c’est Ferland qui est ‘up front’.
Daniel Bélanger a de la croûte à manger en simonac avant qu’une de ses pièces atteigne un tel statut musical ! Genre qu’une de ses tounes influence le son d’un des musiciens américains les plus influents de la décennie 2030 ! Qui vivra verra, mais j’en doute en maudit…
unholy_ghost
11 novembre 2009
10h59
Oh la la, je n’ai jamais dit que tout a été inventé au Québec! D’ailleurs, je ne vois pas beaucoup de musiques du Québec qui a été influente en dehors de la France: Cohen, Arcade Fire, Godspeed, Voïvoid, ça s’arrête là. Et Jaune une bande au side…
unholy_ghost
11 novembre 2009
11h02
Alain a raison, Ferland n’est pas un grand compositeur de musique: sur ses albums importants (Jaune, Soleil, Vierges du Québec, Pleine Lune) il y a un compositeur avec lui (il met la main à la pâte bien sûr). Et le King pin c’est André Perry (sauf sur Les Vierges et ça paraît).
lecteur_curieux
11 novembre 2009
11h36
Atchoum fait une bonne synthèse.
Pour la chanson de Ferland, bien le son ou l’ambiance de James Bond, entre autres, me vient en tête.
mikhail_boulgakov
11 novembre 2009
11h44
@ghost :
Ben non, juste la techno avec ton boy de l’ONF, juste le synthé avec la bébelle à Sauvageau que Moog aurait copiée, juste le speed-metal (pour ne pas dire le triton) avec Voivod, André Mathieu qui est Mozart incarné, Godspeed qui aurait défini le son de Radiohead, etc.
Ouf ! Une chance que la planète a le Québec, sinon elle jouerait du carillon.
Ça me fait penser au syndrôme du téléphone. i.e. Tous les peuples sont convaincus de l’avoir inventé (juste pour citer les Canadiens, les Américains et les Brésiliens). Raconte à un Brésilien moindrement érudit que le Canada a inventé le téléphone et il va rire comme un cheval. La raison : ç’a été inventé peu ou prou en même temps par plein de monde.
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h03
Tu as de la fièvre? Le vaccin a des effets secondaires?
Alain Brunet
11 novembre 2009
12h09
@Mikhail
Ferland vous le dirait sans hésiter: Le Chat du Café des artistes repose sur l’arrangement de feu Buddy Fasano, sans lequel cette chanson n’aurait vraiment pas ce panache. À savoir si ce dernier s’était inspiré de Melody Nelson (ETK, ce n’est certes pas Ferland… qui ne peut blairer Gainsbourg), on ne le saura jamais car Fasano est passé à une autre dimension. Pour André Perry, on lui doit sa capacité d’attirer les meilleurs musiciens et arrangeurs de cette époque et d’ainsi avoir élevé les standards de la pop québécoise. Mais il n’a rien à voir avec l’arrangement du Café.
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h18
Il est bien entendu que les arrangements sont de Fasano, mais il y a trois arrangeurs sur le disque et il est remarquablement cohérent. Juste sur Le chat, il y a deux arrangeurs. C’est incroyable que tout le monde ne voit pas le génie de Perry, le considérant comme un vulgaire homme d’affaire, lui qui a produit presque tous les grands disques de cette époque. Perry est un “producer”, un réalisateur, qui a assuré la cohérence de la chose, c’est lui le créateur de la galette. Spector n’est pas l’arrangeur et c’est quand même lui le king pin.
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h18
Et puis, Ferland a de la rancune envers Perry, c’est évident.
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h23
Et puis, je ne suis pas d’accord que Perry n’a rien à voir avec l’arrangement. Les voix c’est quand même pas Fasano. La façon que les arrangements s’inscrivent dans le son global, c’est certainement pas Fasano. Le Chat est le résultat du concours de 5 personnes et le metteur en scène de tout cela c’est Perry, point barre. Ce serait aussi absurde que de dire que le succès de Citizen Kane est dû au directeur-photo de Welles.
Alain Brunet
11 novembre 2009
12h24
@Ghost
L’arrangement du Café est essentiellement celui de Fasano. Pour André Perry, je suis d’accord avec vous sur ce point : il fut beaucoup plus qu’un homme d’affaires et bien plus qu’un producteur délégué. Il fut un vrai réalisateur, en phase parfaite avec les meilleurs réalisateurs de son époque. Et sûrement pas étranger à la qualité exceptionnelle de Jaune, pour ne nommer que celui-là. Au fait, quel est le rapport avec cette rancune que vous prêtez à JPF à l’endroit de Perry ? Pourquoi cette rancune au juste ?
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h25
Et Alain, vous n’avex pas compris, Melody Nelson est sorti APRÈS Jaune.
unholy_ghost
11 novembre 2009
12h26
C’est Josianne Roy et Guido Basso pour les cordes et les cuivres.
Alain Brunet
11 novembre 2009
12h32
@ Ghost
Ah ! ok pour Melody Nelson, la phrase de Boulga m’a confondu… et je n’ai vraiment pas votre instinct d’archiviste ! Quant à Josianne Roy et Guido Basso, ils étaient au service de Fasano après que ce dernier eut fait le travail essentiel de l’orchestration. Et quelle est votre lecture de cette soi-disant rancune ? D’où tenez-vous ça ?
scotch
11 novembre 2009
12h48
Pour moi une bonne chanson c’est quand ça groove. J’aime plus la musique que le contenu. Si je veux lire un bon texte, je vais lire un livre ou un poème. La musique c’est fait pour être ressenti donc cela dépend toujours dans quel état d’esprit on est au moment d’écouter une chanson.
Alain Brunet
11 novembre 2009
12h51
@scotch
La chanson est un art composite. Rares, très rares sont les chansons qui allient un grand texte et une grande musique soutenue par un grand arrangement et une réalisation visionnaire. Parfois, c’est plus fort musicalement, parfois c’est plus fort sur le plan du texte… Dans le cas de Daniel Bélanger, la musique l’emporte généralement sur les mots, du moins en ce qui me concerne.
scotch
11 novembre 2009
12h57
Je ne connais pas beaucoup Daniel Bélanger. J’ai aimé la chanson “Rêver mieux”. J’ai aussi aimé la critique de Dany Laferrière lorsqu’il a été voir son spectacle, il a parlé de son public: des buveurs de thé vert. Je bois du thé vert mais je ne suis jamais allée voir Daniel Bélanger. lol
lecteur_curieux
11 novembre 2009
13h35
Pour un parolier, il y a la grandeur du texte et son sens. Mais dans la chanson populaire, il y a aussi l’efficacité du texte, sa musicalité.
Atchoum parle de Les Fros de Desjardins et il mérite tous les compliments : viril, engagé, poignant, porte-voix pour ces mineurs, réaliste et dénonciateur et avec une image forte à la fin. Cependant, ce n’est pas tu tout la même. Je ne crois pas qu’on chante en même temps que Desjardins, on se tait et on écoute ému cette histoire.
Pour Daniel Bélanger, je vais encore revenir à son premier album avec un texte comme Opium, ce peut être aussi la diffusion mais les paroles restent accrochées dans les oreilles du public, on le mémorise facilement. Les mots ont une musicalité. Et même les gens ne mémoristent pas le texte en entier dans une chanson et ils accrochent sur des mots et leur prononciation…
Pour l’efficacité du parolier, nous pensons aussi à Luc Plamondon qui est pas mal critiqué, mais il faut lui reconnaître cette qualité là… Une qualité qui a peut-être été trop développée et qui alors devient ou peut devenir un défaut.
Des textes de chanson, certains lus tous nus sans la musique on se demande bien ce que cela veut dire… Et même après écoute souvent…
——————————————————————————————-
Je me souviens d’un exercice fait pendant un cours d’anglais, la prof nous faisait écouter ”Losing my religion” par R.E.M.
unholy_ghost
11 novembre 2009
15h49
“Quant à Josianne Roy et Guido Basso, ils étaient au service de Fasano après que ce dernier eut fait le travail essentiel de l’orchestration.”
Et Fasano était au service de Perry qui a réalisé le disque en intégrant le travail des quatre arrangeurs, en ajoutant les trouvailles sonores (tous ces bruits de foule dans “le Chat”) qu’il a concocté avec son ingénieur Claude Demers, en ajoutant son moog un peu partout, en liant ensemble les chansons arrangées par Fasano et celle arrangées par Art Philips, en faisant revenir des morceaux comme Abbey Road, en construisant un studio propre à incarner sa vision, pour mettre en valeur le texte de Ferland et la musique de Michel Robidoux.
Je ne comprends pas que l’on considère Perry comme un vulgaire contracteur. Alors que c’est le plus grand réalisateur québécois. Fasano et Philips sont importants, mais la réussite est chapeautée par le réalisateur, c’est certain.
La rancune je la déduis des propos de Ferland avant et après sa rupture avec Perry.
“Ah ! ok pour Melody Nelson, la phrase de Boulga m’a confondu… et je n’ai vraiment pas votre instinct d’archiviste ! ”
Je sens que ce n’est pas un compliment…
unholy_ghost
11 novembre 2009
15h59
Une autre chose: Ferland a toujours eu la fine fleur des arrangeurs (Frank Dervieux, etc.) et ses disques sont incroyablement académiques. Les seuls disques d’une grande modernité sont ceux réalisés par Perry (Jaune, Soleil, Pleine Lune, et Les Vierges produit au studio de Perry par son équipe). CQFD.
Perry est celui par qui passe la modernité pop au Québec: il réalise coup sur coup les cinq albums les plus modernes des sixties: Renée Claude, Charlebois/Forestier, L.F. de Louise Fortestier, L’infonie vol. 3 et Jaune. Bang!!!
Alain Brunet
11 novembre 2009
16h07
@ghost
Détrompez-vous, je trouve très important de développer cette dimension de la connaissance, mais… peut-être un peu moins que vous. Je dois admettre que si j’y mettais plus d’efforts, je me rappellerais spontanément de l’année de sortie de Melody Nelson. Dans ce cas précis, en tout cas, il était utile de le savoir. Non non, malgré mon ton un peu taquin, je ne vous reprocherai certes pas vos angles d’attaque qui sont la conséquence d’une vraie passion.
Pour André Perry, encore là, je vous donne raison. Ce n’était pas un contracteur, loin de moi cett idée. Il faisait réellement partie du processus artistique, il savait réunir les meilleurs. Oui, il fut parmi les réalisateurs importants de son époque, toutes nations confondues.
mikhail_boulgakov
11 novembre 2009
16h10
@ghost
Effectivement, l’archiviste est souvent opposé à l’historien, comme on oppose le technicien de laboratoire au chercheur. C’est toujours un peu péjoratif…
Perso, je crois que tu es un peu entre les deux… Il y a un peu de ‘post hoc ergo proter hoc’ dans ton approche, où la sucession des événements te suffit parfois à établir une causalité. Y’a des méthodes en histoire pour éviter ce genre de sophisme, mais puisque pour toi l’Histoire n’est pas un métier…
Cela dit, la chronologie du rock est essentielle à sa compréhension. Mais la compréhension des phénomènes rock peut aller aussi loin que l’économie, avec le boom économique de l’après-guerre qui a permis de mettre dans les mains de flos de 14 ans de la ‘working class’ des Fender flambant neuves, chose impensable dans les années ‘30 ou même ‘20. Du coup, tous ces styles ‘garage’ sont nés à peu près en même temps à peu près partout.
La méthodologie de ton discours est parfois plus anecdotique que proprement analytique.
Bref, oui : Jaune sort avant Melody. Tu as raison d’y voir quelque chose de fondamental. Mais Alain a aussi raison d’y voir quelque chose de peu important, dans la mesure où à la fois Melody et Jaune ont pu être influencés par une troisième source, inconnue du chercheur.
unholy_ghost
11 novembre 2009
16h34
Boulga, ta propension à m’expliquer c’est quoi un historien est des plus ridicules. Je suis un historien reconnu, diplômé et subventionné; je ne pensais pas que j’avais à sortir mes diplômes pour le prouver. Un monde que tu ne connais ni de près ni de loin. Tu ne sais même pas ce que je fais. Tu te bases sur des hypothèses que j’avance ici, et qui ne sont que des hypothèses (la troisième source de Jaune et Melody c’est moi qui l’avait dit), ou des trucs que je te dis après cinq bières que tu déformes pour gagner tes points. Je trouve ça passablement déplaisant. Surtout d’un gars qui dit des bêtises sur la new-wave et qui pensait que Jenny Rock avait eu un succès mondial en “créant” Douliou Douliou St-Tropez.
Ça fait trois fois que je vois ma crédibilité attaquée (en confondant blogue et recherche), sans parler de mes recherches déformées et sorties publiquement. Je vais à l’avenir m’en tenir au silence sur ces sujets.
mikhail_boulgakov
11 novembre 2009
16h46
Ouh la, susceptible !
Allez, faut pas être soupe-au-lait.
Et franchement, je parle pas de tes recherches et trouvailles, style RR et compagnie.
C’est quoi, la source commune et antérieure à Jaune et Melody ? Moi tu m’as toujours dit : Le Chat des Artistes a influencé Melody. Tu vois, j’ai répété docilement la leçon !
Didier_Billette
11 novembre 2009
17h13
Très intéressant ces échanges sur l’appréciation des textes de chansons des uns et des autres. Pour ma part, j’écoute une chanson avec mon propre prisme. Marqué au fer rouge par Brassens et Plume dans mon enfance, je m’intéresse d’abord aux choix des thèmes abordés et à la façon de les traiter, de préférence avec irrévérence.
Je réalise que, d’une façon ou d’une autre, je vais apprécier les artistes un peu rugueux, provocants, irrévérencieux et intelligent et qui plus est, abordent des sujets qui se rattachent à mon vécu ou et mes propres questionnements.
En acceptant ce fait de base, je peux reconnaître mes propres limites comme auditeur. Je reconnais donc qu’il existe d’excellents artistes dont les propositions me laissent plus ou moins indifférents. C’est le cas de Bélanger qui pour moi, fait plutôt dans la chanson lisse (Malgré la pertinence de plusieurs des thèmes qu’il aborde : individualisme, consommation, étiquette, travail, rêve, etc.)
Compte tenu de la qualité de l’ensemble de son oeuvre – «Les temps fous» constitue selon moi un album remarquable avec des titre comme « Les temps fous », « Sortez-moi de moi», « J’fais d’moi un homme » et j’en passe – j’estime qu’il est de mon devoir d’écouter ses nouvelles chansons avant d’émettre des commentaires trop sévères ou tout simplement de mauvaise foi à son encontre.
unholy_ghost
11 novembre 2009
17h22
“C’est quoi, la source commune et antérieure à Jaune et Melody ?”
Trouve-la, s’il y en a une, je ne suis plus ton archiviste perso.
lecteur_curieux
11 novembre 2009
17h46
Il me semble que ces sons là existaient avant ces deux albums là que ce soient dans des musiques de films ou ailleurs aux States ou au Royaume-Uni.
J’apperçois un nom d’une personne ayant travaillé sur l’album de Gainsbourg. Il se nomme comment ? Vic Flick. Avec qui a-t-il travaillé Flick avant cela dans les années 60 ???
Mais je dois dire n’importe quoi pour m’accrocher à mon impression de départ plus haut de James Bond…
unholy_ghost
11 novembre 2009
18h33
Pour Melody, j’ai écrit que Jaune préfigure Melody Nelson. J’ai écrit ici ceci:
“Du reste, ce qui a dû intéresser Beck, c’est que les arrangements pop orchestral du Café des artistes sonne vraiment comme Histoire de Melody Nelson (Cargo culte par exemple). On peut d’ailleurs se demander si l’arrangeur, Vannier, n’a pas pompé un peu Ferland et cie, puisque l’album-concept de Gainsbarre est sorti un an après (Jaune fut bien distribué en France sur Barclay).”
S’il y a quelqu’un qui dit que c’est directement inspiré, c’est toi. Pour dire que c’est une influence directe, c’est dur à prouver, il faudrait que Vannier avoue qu’il s’est inspiré de Jaune (Ferland avait une très large diffusion en France à cette époque). En toute vérité, il pourrait y avoir une troisième source commune, ce n’est pas exclu mais ce serait surprenant (ça se saurait si Melody ou Jaune était clairement inspiré d’un disque) même si, comme toujours, ce n’est pas exclu. L’hypothèse de l’influence est très crédible mais non avéré. Beck l’a entendu lui aussi, à ce qu’il semble.
Un Français qui arrive à la même conclusion récemment: http://cestentendu.blogspot.com/2009/11/reveille-matin-jean-pierre-ferland-le.html
unholy_ghost
11 novembre 2009
18h40
Je mets la définition de préfigurer: Annoncer par avance, présenter les caractères de quelque chose.
lecteur_curieux
11 novembre 2009
19h04
Nous avons de la chance les deux albums sont sur Musicme…
Après avoir écouté ou réécouté Le chat du café des artistes et ensuite je passe à Cargo culte je vois cela comme pas mal différent.
Par contre, si j’ouvre deux fenêtres en même temps et que je passe d’une à l’autre… L’ambiance de fond se ressemble, cela se ressemble.
C’est dans celle de Ferland étrangement que j’ai entendu des sons à la James Bond et non dans celle de Gainsbourg…
lecteur_curieux
11 novembre 2009
19h09
Dans Cargo culte, la guitare n’est vraiment pas la même… Mais c’est pas de cela dont vous parlez…
Et Gainsbourg est très différent de Ferland… Là non plus c’est pas ce que vous abordez…
Pas de Birkin avec Ferland non plus…
lecteur_curieux
11 novembre 2009
19h20
J’écoute présentement God is an american et j’ai entendu avant je crois Jean-Pierre ou je la redécouvre, c’est pas mal, pas mal riche…
Vous vous parlez d’une influence mais moi à entendre tous ces sont j’en vois des dizaines si ce n’est pas 50 ou 100 influences et j’ai pu entendre d’autres choses qui sont sorties après et je vois des ressemblances aussi…
Des sont entendus au cinéma ou à la télévision pour des séries ou autres…
Mes oreilles et ma mémoire doivent me jouer des tours ou bien je vois de TOUTTT DANS TOUTTT à la Raoûl Duguay…
Alors que vous vous parlez d’amalgames qui ont été fait de cette fusion…
bt627
11 novembre 2009
20h06
Il est ironique de comparer l’écriture de DB à celle, entre autres, de Jean Leloup, alors que DB a déjà dit que la chanson qu’il aurait aimé écrire est L’Antiquaire de Leloup.
marieclaudeclaudi
12 novembre 2009
07h16
Bonjour Monsieur Brunet petite question hors contexte s.v.p.?
Savez-vous ce que deviendra le groupe Spectacle Gillett ? Nous savons tous qu’ils on vendu le Canadien mais auraient-ils gardé les droits productions spectacles ? Sinon qui prendra le relais? Le retour de DKD…
Alain Brunet
12 novembre 2009
07h39
@marieclaudeclaudi
Bonne question. Je m’informe et je vous réponds.
@bt627
Effectivement, les deux plumes n’ont vraiment aucun rapport.
Alain Brunet
12 novembre 2009
07h44
@ghost
Avant de tourner la page sur cet épisode particulièrement relevé d’échanges fraternels avec Boulga (relation intense!) et d’applaudir vos qualités d’historien (cette fois, je le dis sincèrement), pourriez-vous nous expliquer comment l’album de Gainsbourg, Melody Nelson a été clairement marqué par Jaune de Ferland ? Gainsbourg l’a-t-il admis ? Évoqué ?
martin_2008
12 novembre 2009
11h21
Tant qu’à moi le meilleur texte de DB à propos du “Nous” est plutôt l’oeuvre de l’autre DB, i.e. Daniel Boucher.
Les vouleurs de rire
Sont bienvenus chez nous
markymarc
12 novembre 2009
13h30
M. Brunet,
Avec votre billet de la semaine dernière au sujet de l’Adisq et celui de cette semaine qui, au départ, se voulait une critique de DB, l’auteur, et qui s’est transformé en débat sur l’importance des textes dans nos chansons québécoises… Des centaines de blogueurs qui donnent leurs points de vue. Wow! Bravo. On se croirait en pleine chronique du Canadiens de Montréal. Faut croire que la musique tient encore bien des fans à coeur.
Changement de sujet, avec les pieds de sapins de Noël qui vont se remplir dans les prochaines semaines, il serait intéressant de nous donner des suggestions. Des découvertes pour des gens, comme moi et nombreux de vos lecteurs je présume, qui adorent donner de la musique en cadeaux… et en recevoir.
Merci.
scotch
12 novembre 2009
13h46
@ markymarc
C’est normal, tous les peuples oppressés n’ont que la musique.
leeoskar
12 novembre 2009
15h17
Autre aspect : celui de la liberté du créateur, de la liberté de ses textes jusqu’à sa liberté musicale, selon un nombre indéterminé de facteurs influençant l’artiste. On a beau dire que certains textes sont mauvais, d’autres vous diront le contraire et certains vous diront que l’artiste peut faire ce qui lui plaît, sans attendre une critique positive ou négative. En tenant compte que la réception de l’art se fait individuellement et qu’elle amène avant tout une émotion, un texte comprend des idées, et elles peuvent être exprimées de toutes les façons possibles. On peut être contre les idées elle-mêmes, contre la façon dont l’artiste les amènent, contre l’absence de concordance entre le texte et la musique qui l’accompagne, il reste que c’est une question d’univers et qu’il faut de tout pour avoir un monde culturel varié.
Par exemple : si les textes de Malajube étaient retirés de leur musique pour apparaître dans un recueil, on considérerait celui-ci comme un recueil de qualité médiocre. Mais lorsque les textes sont avec la musique, il se produit une symbiose, quelque chose de spécial qui fait qu’une chanson sera de Malajube ou d’un autre groupe, c’est ce qui fait l’identité musicale. Un texte de Bélanger peut nous sembler mauvais, mais si le texte fonctionne avec l’univers qu’il a voulu inventer, il n’y a aucun problème.
La question ne devrait pas être : est-ce qu’un texte est bon ou mauvais, mais bien est-ce qu’on embarque dans l’univers proposé par Daniel Bélanger ?
Le reste est bien subjectif.
Alain Brunet
12 novembre 2009
16h50
@leeoskar
Je comprends votre point de vue, je suis également de ceux qui croient à la liberté de l’artiste mais… cette liberté comporte certaines limites que seuls les plus doués sont capables de trangsresser. Oui il existe des musiques mal composées, des mélodies mal interprétées, des textes ampoulés ou carrément mal écrits. Je ne crois donc pas qu’on puisse ne s’en remettre qu’au goût et à la liberté de l’artiste pour légitimer sa démarche. Si on admet toute création de l’esprit sans critères de qualité, on autorise les oeuvres les plus erratiques. Les plus médiocres.
teddybear
12 novembre 2009
18h54
“Imagine c’est le texte le plus guimauve et donneur de leçon d’un auteur qui ne l’était pas.”
Je croyais etre le seul a penser ca, sa toune de Noel aussi je trouve…
Si this is Christmas
and what have you done ?
Je préfère Springsteen ou Neil Young pour les chansons engagées.
unholy_ghost
12 novembre 2009
19h54
Jaune a-t-il inspiré Melody Nelson? Je n’en sais rien. Je fais l’hypothèse d’une influence, mais il serait plus prudent de parler d’une inspiration parallèle (comme l’invention du téléphone, disait Boulga). Il faudrait voir les dates. Jaune sort à l’automne 70 et Melody en mars 71 (les sessions durent jusqu’en février 71). À l’époque, il y a une grosse hype autour de l’enregistrement de Jaune, si bien que Mick Jagger, Art Garfunkel et Cat Stevens seraient venus à Montréal assister à l’enregistrement du disque annoncé comme une révolution. Perry venait d’enregistrer Lennon en 69.
Faisons l’exercice ensemble :
Entre les deux disques, il y a effectivement beaucoup de ressemblances. Déjà, Jaune est un album-concept, une narration au Je, d’une incroyable modernité musicale, enregistré sur de longs mois, direction exacte qu’empruntera Gainsbourg. C’est le début des concept-albums francophones en 1970 (Jaune, mais aussi La Mort d’Orion et Comme à la radio). Ce sont deux albums de rock orchestral à la française. La fable: un chansonnier entre deux âges, obsédé par sa laideur, qui sortira de sa routine au contact de la jeunesse et du rock psychédélique, personnifiée dans les deux cas par une jeune femme (”l’amour avec la jeunesse ça va de soi”). Ces amours obsessifs les poussent au crime (détournement de mineure pour Gainsbourg, meurtre de l’amant de la “gonzesse” pour Ferland). Après sa mort, Melody dérive dans le courant océanique; après son suicide, le petit Roi dérive dans le lit d’une rivière (référence évidente à Ophélie). Rappelons que ces narrations sont livrées avec le même flow parlé/chanté caractéristique des deux chansonniers.
Le concept global est en fait une mise en abyme: ce que Gainsbourg détourne ce n’est pas une Lolita mais métaphoriquement la chanson anglaise (= Melody Nelson, art mineur pour les mineurs) qu’il attrape dans ses filets littéraires; en passe d’être ringardisé par Charlebois, Ferland voit la chanson chansonnière comme une prison (« Sing Sing » est une prison célèbre, mais c’est aussi le métier de “singer” qui tue les “artistes”) de laquelle il essaiera de s’échapper (en allant chercher l’équipe de Garou : Perry et Robidoux).
Le point de vue musical, Boulga en parlerait mieux que moi, je ne suis pas musicien. Il est certain que ça s’entend. Les deux disques sont basés sur une section rythmique rock aux accents funk, avec une orchestration pop gracile, intégrées dans le domaine de la chanson française. Prenons le « Chat du café des artistes »: le morceau est basé sur les basses grondantes et menaçantes (quels instruments?), une batterie syncopée, couplées à des cordes cinématographiques instillant un suspense. Comme celle de Melody Nelson, la réalisation du son fait un peu trip-hop avant l’heure (musique mélancolique et planante, couches superposées, collages qui annoncent le sampling). Comparons avec « Cargo Culte »: basses, cordes, même type de batterie, chœur hanté qui suggère des sirènes et esprits guinéens qu’invoquent Gainsbourg pour la réincarnation de Melody — même chose avec “Le Chat” et son chœur d’enfants qui accompagnent la tentative de réincarnation. Ajoutons que les phrases musicales reviennent: les refrains du “Petit Roi” et de “Quand on aime on a toujours vingt ans” reviennent comme celui de “Melody” revient dans “Cargo culte” (là l’inspiration commune vient sans doute de la « suite » de Abbey Road)
Bref, je ne dis pas que c’est nécessairement pompé, les deux disques se démarquent par leur originalité. Mais il y a une série de correspondances fascinantes qui nous permettent de dire que Jaune préfigure Histoire de Melody Nelson. Le grand frère de Melody… C’est en tous cas la même ambition qui n’a pas pris une ride. Ce que Beck semble avoir capté.
PS : et Perry est le seul maître à bord, celui qui calle les shots ; il vire même Robidoux, le compositeur, quand celui-ci fait un commentaire sur le chant de Ferland.
unholy_ghost
12 novembre 2009
20h10
J’ajoute que je ne suis pas en train de dire que c’est pareil, on ne parle pas de plagiat ici. Je dis juste qu’il y a des idées semblables, des correspondances – des idées, c’est “dans l’air”, bien entendu.
atchoum
12 novembre 2009
20h39
@ scotch C’est normal, tous les peuples oppressés n’ont que la musique.
..
Et j’ajouterais que plus les églises sont grandes, plus on apprend à chanter fort. On y ajoute l’émulation et en plus de chanter fort ce peuple chante juste.
…
@markymarc
Les amateurs de sensations littéraires se sont tous plus ou moins tournés vers la poésie à un moment donné. J’aimerais qu’elle soit plus québécoise, mais pour un paquet de monde, Baudelaire, Verlaine, Villon, Apollinaire, Nelligan sont plus connus que Desbiens, Miron ou Godin. Voici plus ou moins les références. Ensuite, les grands chansonniers, qui ont possiblement tous lus ces géants ont tous créé de grands textes. Ils ont pour la plupart été nommés… Ferré, Brel, Brassens, Félix, Léveillée, Plume, etc… Ce qui fait l’importance du texte au détriment de la musique chez nous? À mon sens, nos racines littéraires. Quand Daniel Boucher écrit un texte, à quelque part, il doit se comparer à ce qui s’est fait de mieux. On dirait qu’on a une responsabilité à bien écrire ici. C’est vrai pour les amateurs de mots. Mais je pense que c’est vrai aussi pour ceux qui s’intéressent à la chanson comme à la pub télé : de la moitié d’une oreille… J’ai rarement entendu au Qc des gens dire qu’ils achètent de la musique produite ici et qu’ils trouvent les textes cons. Il y a comme un seuil de qualité minimale auquel on s’attend.
….
Cela dit, dans un contexte des Amériques afro et latines, je me demande pourquoi il n’y a pas plus d’artistes québécois qui s’essaient à la musique pour danser. Ce serait intéressant de lancer un sujet sur les groupes trad. La bottine, en fusionnant les genres, a insufflé aux nouvelles générations des possibilités presque infinies de s’exprimer à partir de rythmes du terroir. L’ironie, c’est que ce type de musique est encore identifié aux party de noël alors que c’est une forme d’expression qui peut couvrir toutes les palettes d’émotions!
teddybear
12 novembre 2009
20h56
“J’ai rarement entendu au Qc des gens dire qu’ils achètent de la musique produite ici et qu’ils trouvent les textes cons.”
Y’a du monde qui achète des albums des Trois accords, qui ont acheter a l’époque, les disques de Katleen ou de Belgazou, mais ils s’en vanteront pas.
atchoum
12 novembre 2009
21h05
@teddybear
Vous avez raison.
Je me rappelle subitement du rap à Billy de Francoeur… Le rap à quoi?
—
En ce qui concerne les Trois Accords, gueuler Saskatchewan, ça défoule et fait du bien. C’est du tout bon!
unholy_ghost
12 novembre 2009
21h18
Atchoum, intéressant!
unholy_ghost
12 novembre 2009
21h24
Pour rentrer dans les clous du sujet principal, le problème avec Bélanger n’est pas qu’il ne soit pas aussi bon que untel. Il pourrait faire des textes simples ou même naïfs que je n’aurais aucun problème. C’est que ses textes ont des prétentions littéraires plombées par de graves fautes de goût. De fausses bonnes idées. À chaque fois je décroche.
teddybear
12 novembre 2009
22h15
Gilles Valiquette..moi j’aime bien…Soleil d’été, Belle journée
Sylvain Lelièvre..Petit matin..Marie Hélène
unholy_ghost
12 novembre 2009
22h30
Longtemps je suis resté loin de Lelièvre pour cause de musique que je trouvais insupportable. Mais les textes sont superbes.
lecteur_curieux
13 novembre 2009
01h43
Deux très bonnes chansons de Lelièvre cela que nomme Teddybear… On embarque.
Pour Bélanger, je le lis donnant une entrevue et disant que la chanson Opium est très alambiquée…
Plus haut moi j’écrivais que je trouvais cela pareil réussi et que cela nous restait en tête mais je reviens d’écouter… Il y a un couplet qui est pour le moins dire… laborieux…
” L’espace garde en otage
Le lunatique en son ouvrage
Et le dauphin flou sous l’hymen d’eau
Que la lune suit de ses flambeaux
Vous les bonheurs célestes
Vous qui veniez dans ma cambuse
M’aimez-vous encore, aimez-vous ce qu’il reste
Une fois que le temps prend l’homme et l’use?
Que le temps prend l’homme et l’use… ”
Et les gens parlent d’ambiance éthérée alors c’est peut-être pas un défaut d’être vaporeux pour le reste mais ce couplet est plutôt laborieux même s’il réussit à le passer…
L’autre couplet, il me reste en tête et cela coule musicalement… Ce peut être vaporeux mais cela coule pareil à l’écoute…
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
09h17
Jaune et Melody ont peut-être des espèces de concepts similaires, mais j’embarque pas là-dedans. Ça se peut, mais c’est à 80% du rationalizing after thought. La musique comme pucelle, etc. Peut-être.
Musicalement, ce qui frappe, c’est l’ajout de ‘cordes iraniennes’ (moyen-orientales at large) très ambiantes sur fond de rythmique proto-trip hop sèche, plus marqué sur Melody que sur le Chat.
Technique dont Beck usera à outrance sur Sea Change 35 ans plus tard.
C’est de cela qu’il s’agit, musicalement parlant. Ce sont des arrangement de cordes moyen-orientaux. Plusieurs disques ‘world’ genre musique iranienne avaient commencé à faire leur apparition dans les foyers à partir des années ‘50, mais surtout 60.
Or, pour faire ce genre d’arrangement, il faut toutefois avoir une sensibilité qui va plus loin qu’une simple écoute distraite. Ceux qui font du pseudo-oriental (comme moi !) pour épicer leur répertoire usent et abusent de la seconde mineure et autres intervalles facilement indentifiables à un orientalisme cheap. Or, sur Melody, ça va au-delà de ce cliché musical (sur le Chat, c’est entre les deux).
Un peu comme pour la surf music (Dick Dale était libanais -ghost grimpe pas dans les rideaux, je sais que tu le sais, mais j’ai lu ça dans Guitar Player genre en ‘86) on a ici une touche moyen-orientale très marquée, par des gens qui y avaient une affinité particulière. (Vannier serait-il pied-noir ?)
Les historiens de l’art compétents complèteront, mais il est clair que les sixties étaient un sursout d’orientalisme dans la culture pop (Beatles, etc.), à la Nerval au XIXe siècle.
Alain Brunet
13 novembre 2009
10h05
@ghost
Merci pour votre explication fouillée et les hypothèses intéressantes qu’elle soulève. Alors ? Avant de me prononcer, il me faudrait écouter TOUS les enregistrements du genre, c’est-à-dire avec cordes, cuivres et anches ( notamment ce tandem trombone-trompette qui participe à l’effet de basse puissante que vous évoque), avec harmonisations contemporaines et autres effets de studio visant à habiller la chanson moderne. Dans la francophonie, il y avait effectivement Jaune et Melody Nelson… mais il y en avait ailleurs, à commencer par le travail considérable de George Martin avec le Fab Four. C’était dans l’esprit d’une cohorte de précurseurs dont faisaient partie André Perry, Buddy Fasano et leur client, JP Ferland.
Quant au “spectacle” de l’enregistrement, je ne sais pas si j’ai bien compris, mais je dois vous dire que les mégastars anglo-américaines de l’époque ne venaient pas au studio Perry pour assister aux travaux de JP. Ils étaient là pour travailler dans un studio parmi les plus réputés sur la la planète. Sur place, ils ont trippé sur ce que faisait Perry avec JP. Tout simplement.
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
10h21
Précisons pour la ‘forme’ (c’est le cas de le dire) que la résolution de l’enregistrement français (Melody) est à Jaune ce que le IMAX est au Polaroïd.
Il n’y a aucune espèce de comparaison possible à ce chapitre.
Perry avait dans les mains pourtant le même 4-track à 20,000 piasses que Abbey Road, avec lequel ont travail les Martin et autres Kramer (d’ailleurs, il a longtemps été exposé chez un disquaire de la rue Mont-Royal) mais il s’en servait dans un sous-sol et ça paraît. Flair, vision, et tout ça, mais d’un point de vue strictement technique, il aurait pu faire des trucs qui sonnaient pas mal plus.
Comment Perry a mis la main sur autant d’argent pour acheter cette bébelle en 1967 ? (c’était avant les suventions pour les béotiens) C’était un mécène ?
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
11h33
?!
128 posts et ce blogue est tassé de la ‘une’ et relégué en fonde site ?
Eh boy, méchante priorité la musique à La Presse !
Alain Brunet
13 novembre 2009
11h52
@mikhail
Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça, je ne suis qu’un employé et un bon “citoyen corporatif”… Il ne m’appartient donc pas de commenter les choix éditoriaux de mon employeur. Anyway, la communauté de ce blogue ne cesse de croître et j’ai quand même pas mal de liberté, non ? Alors, il faut passer le mot et continuer à accueillir de nouveaux lecteurs/participants.
francois-toronto
13 novembre 2009
12h17
Ce sont des chansons pop; inutile de les soumettre à une telle exégèse. Pourquoi d’ailleurs analyser les paroles hors contexte? L’oeuvre est la chanson, dont l’impact esthétique/émotif ne repose pas nécessairement sur l’élégance ou la correction de la langue.
unholy_ghost
13 novembre 2009
12h26
Alain, il est bien certain que dans le monde anglo-saxon il y a plusieurs influences. Les Beatles bien sûr – les touches de trompette ou cor anglais à la Penny Lane ponctuent Jaune et Histoire de Melody Nelson – et toute la musique de film (John Barry en tête, bien vu de lecteur_curieux).
Ce qu’il faut considérer c’est justement l’intégration du rock anglais orchestral à la chanson française. Là Jaune précède ou préfigure Melody Nelson.
Pour ce qui est des mégastars, vous vous trompez d’époque. La première star internationale anglo-saxone enregistrée par Perry, à part Lennon, c’est Cat Stevens à partir de 1974-75 (Numbers) au Studio (Morin Height). Là on parle de 69-70. Si les stars viennent voir Jaune c’est qu’ils sont en tournée à Montréal ou qu’on leur en a parlé (hype). Cela dit, j’ai mis l’info au conditionnel car elle vient de la biographie de Ferland, bio un peu complaisante.
Perry a eu trois studios: Brossard (1960-1970), L’Église de Amherst (1970-1970, devenu ensuite Son Québec) et Le Studio à Morin Height (1972-1988). La date du déménagement de Brossard à Amherst varie selon les sources. Je n’ai pas les dates de sessions, mais j’ai l’impression qu’il a commencé Jaune à son studio de Brossard, puis à l’Église au début de 1970: http://andreperrystudio.com/biography/photos/10.jpg
Boulga, selon le site web de Perry: “Au début de 1970, bien avant l’ère du numérique, il persuade la multinationale Ampex Corp. de mettre au point et de fabriquer un système de synchronisation permettant de réunir plusieurs magnétophones multipistes, pour doubler le nombre de pistes de 16 à 32.”
Il avait déjà un 8 pistes en 69 pour la post-prod de “Give Peace a chance”.
Boulga, Perry enregistrait beaucoup de monde depuis 62: Vigneault, Renée Claude, Aznavour, Mireille Mathieu, etc. À l’Expo 67, le Canada et le Québec l’engagent pour les présentations de leur pavillon respectif; il a dû en profiter pour s’équiper. Il a dû faire la piasse pour “Give Peace a Chance”. De toute façon, c’était tout un homme d’affaire.
Le concept de Melody Nelson est bien connu. Pour ce qui est de Ferland, il le dit en entrevue. Encore là, je ne dis pas que Gainsbourg a pompé. Mais force est de constater que ce sont deux chansonniers un peu largués qui racontent au Je la transformation opérée par la musique rock psych.
Intéressant tes “cordes iraniennes”. L’inspiration de Gainsbourg pour les textes c’est les Parnassiens (Heredia surtout) et les Décadents (Huysmans). Écrivains très orientalistes. Pour ce qui est de Ferland, le trip est plus hippie avec une référence à l’Ophélie de Rimbaud.
PS: La Presse ne s’intéresse absolument pas à ce que disent ses lecteurs sur les blogues. Je suis certain que la plupart des journalistes méprisent ce qui s’y écrit. Pour la plupart anecdotiques, les blogues ne servent qu’à assurer une fonction phatique (liens). Le blogue de Brunet fait un peu tache.
unholy_ghost
13 novembre 2009
12h30
Ophélie dans Hamlet aussi, bien sûr.
unholy_ghost
13 novembre 2009
12h38
Quelqu’un connaît les dates de sessions de Jaune et à quel studio pour chaque session?
Alain Brunet
13 novembre 2009
12h54
@françois-toronto
Libre à vous de croire qu’il est inutile de se pencher sur la chanson populaire et de réfléchir sur la manière dont elle est écrite. Pas vraiment d’accord avec vous ! Je crois au contraire que trop peu de gens s’y appliquent. Après tout, on ne passe pas nos journées entières là-dessus ! Et on ne s’empêche pas de dormir, soyez-en assuré.
astyanax
13 novembre 2009
13h17
Il y a aussi l’immense Scott Walker (plus grande voix du XXe siècle selon David Bowie) qui, bien avant Ferland et Gainsbourg, proposait un rock orchestral et baroque à fond…
http://www.youtube.com/watch?v=ayrS74ktTyE&feature=related
unholy_ghost
13 novembre 2009
13h27
Walker, ce n’est plus du rock, encore moins psychédélique. Du rock orchestral il y a en avait depuis le Brill Building au moins.
astyanax
13 novembre 2009
14h05
«Walker, ce n’est plus du rock»
Mettons que ça se discute, quoique SCOTT 4 est tout de même assez rock par moments.
«…encore moins psychédélique»
Me semble qu’on y est parfois assez près, dans «Plastic Palace People» justement…
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
14h07
Huysmans, écrivain ‘très’ orientaliste ? Un peu tiré par les cheveux. Même orientaliste tout court…
Le mélange ‘road trip’ et ‘éphébophilie’ de Gainsbourg sur Melody et très, mais alors très Nabokovien… On ne retient que Lolita, mais dans Nabokov y’a aussi une longue séquence road-trip qui préfigure Kérouac et la passion des bagnoles, du sexe et du bitume.
Au Québec on était (et est encore) bien trop straight catho pour aborder des thèmes aussi scabreux… Même métaphoriquement !
unholy_ghost
13 novembre 2009
14h26
Bon, je viens de regarder les photos. Dans la bio de Sophie Durocher, la photo pour le chapitre sur “la période Jaune” est en fait… une photo de Ronald Labelle pour Soleil, album effectivement enregistré à L’Église de Amherst en 1971 (les panneaux sur les murs et la chemise de Ferland sont reconnaissables). La photo du studio en “1970″ que je vous ai mis c’est donc aussi l’enregistrement de Soleil en 1971 (on reconnaît le piano).
Donc, je crois plutôt que Jaune a été enregistré à Brossard (sur un 16 pistes selon la Phonothèque). C’est d’ailleurs ce que dit Durocher.
Nabokov c’est évident, il voulait même acheter les droits si je me souviens bien. C’est le thème. Mais l’écriture même fait Baudelaire, Heredia et Huysmans (le personnage est une sorte de Des Esseintes modernes). Tous ses écrivains français décadents sont fascinés par l’Orient, réel ou imaginaire, peu ou prou.
rafc
13 novembre 2009
15h21
Je n’ai pas non plus l’impression que Gainsbourg est allé chercher quoi que ce soit d’oriental chez Huysmans qui, effectivement, était selon ses dires, une de ses influences majeures, mais qui traverse l’oeuvre en entier. Au point de vue musical, Huysmans, et cela dès Des Esseintes, fut plutôt obsédé par le Moyen Age entrainant des répercussions sur ses phrases tel que la ligne d’apparat gothique, en éventail ou en escalier. Gainsbourg vampirise ces écritures artistes fin XIXe à satiété.
Ces ‘cordes iraniennes’ (comme c’est beau ça) viendraient plutôt de Vannier qui selon Wiki a débuté en tant qu’ingénieur du son pour des musiciens arabes.
Les cordes de Jaunes sont-elles vraiment arabisée? iraniennes? Mon souvenir est loin …
Avec Walker, on est de plain pied dans l’occidental, il peut difficilement être une source, sinon, avec la même importance que Eleanor Rigby, d’avoir inclu de nouveau timbres dans la sphère populaire … (j’inclurerais Walker dans la grande famille du rock; même si il travaille dans la zone, son rayonnement agit à l’intérieur de la sphère rock)
(boulgakov; si ce n’est déjà fait, n’attend pas 10 ans avant de mettre l’oreille sur The Drift …)
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
15h42
@rafc
Très intéressant la filiation de Vannier.
Sur le ‘Chat’ c’est nettement moins arabisant/persan, mais un tantinet quand même.
On parle bien de Huysmans l’écrivain (à Rebours), pas le peintre ?
J’ai jamais entendu parler de Walker. Effectivement, je vais mettre la main là-dessus ASAP.
unholy_ghost
13 novembre 2009
15h51
“Je n’ai pas non plus l’impression que Gainsbourg est allé chercher quoi que ce soit d’oriental chez Huysmans”
Oh, Rafc, ça fait longtemps! Bon, je ne parlais pas vraiment de l’orientalisme de Huysmans (encore que le Christ est oriental, Salomé n’est jamais loin…) mais des Décadents en général. Le roman de l’orientalisme c’est Salammbo de Flaubert (avec le conte Herodias), l’un des livres de chevets de Des Esseintes, si ma mémoire est bonne.
Prenez ceci et dites-moi si ce n’est pas oriental, flaubertien et huysmanien en diable:
“Des escaliers, des couloirs sans fin se succèdent
Décorés de bronzes baroques, d’anges dorés,
D’Aphrodites et de Salomés.
S’il est libre, dites que vous voulez le quarante-quatre
C’est la chambre qu’ils appellent ici de Cléopâtre
Dont les colonnes du lit de style rococo
Sont des nègres portant des flambeaux.
Entre ces esclaves nus taillés dans l’ébène
Qui seront les témoins muets de cette scène
Tandis que là-haut un miroir nous réfléchit,
Lentement j’enlace Melody.”
unholy_ghost
13 novembre 2009
15h54
Boulga, p. 144 de la bio de Gainsbourg par Verlant, Birkin raconte que Melody Nelson fait entendre des instruments rares qui donnent quelque chose de mystique et d’oriental.
Bien vu!
unholy_ghost
13 novembre 2009
15h56
Boulga, je le sais que tu prendras pas mes CD de Walker, mais j’ai une compile en vinyle si tu veux l’écouter. C’est très Brel qu’il reprend en anglais.
mikhail_boulgakov
13 novembre 2009
16h00
Oah, quelles paroles quand même. Oui, très ‘à rebours’, effectivement. J’y chercherais en vain du Flaubert, si je voulais faire mon dandy…
Entre ces esclaves nus taillés dans l’ébène
Qui seront les témoins muets de cette scène
Tandis que là-haut un miroir nous réfléchit,
Lentement j’enlace Melody.”
On dirait un solo de BB King (genre Sweet Little Angel du Live at the Regal) que dans les 12 premières mesures t’as plus de références et de choses à apprendre que dans toute l’oeuvre de Steve Hill !
En fait, on est un peu là, à parler de vraies paroles sur un post dédié à des paroles qui n’en sont pas vraiment.
rafc
13 novembre 2009
16h03
oui oui on parle de l’écrivain. Ce qui rend tout ça nébuleux c’est que la fin du XiXe c’est l’époque des correspondances entre les Arts et des synesthésies. J’essayais d’arracher Huysmans à ce fond d’orientalisme en précisant que ses influences majeures proviennent du Moyen Age occidental: plain-chant, cathédrales gothiques, peintres Primitifs …
Worringer établissait toutefois de fines analogies entre les esthétiques de l’homme septentrional (gothique pur) et celle de l’homme oriental. (encore l’invention du téléphone…)
Je m’égare ….
reste qu’il faut revenir parfois sur cette période (fin XIXe) qui tenait la musique en tant qu’art absolu, celui vers lequel les autres doivent se diriger.
unholy_ghost
13 novembre 2009
16h09
En même temps, avec ses références à l’opium, à la bohème qui s’use, Bélanger fait très 19e décadent sur son premier disque, mais sans une once du talent de Gainsbourg!
unholy_ghost
13 novembre 2009
16h37
“J’y chercherais en vain du Flaubert, si je voulais faire mon dandy…”
La référence à Salomé fait Herodias de Flaubert. Encore là, le style prosodique fait Heredia (le poète parnassien).
astyanax
13 novembre 2009
18h07
Ghost, l’extrait de Melody Nelson que tu cites, c’est, plus que n’importe quoi d’autre, du… Delacroix!
Normal: Gainsbourg a toujours voulu être peintre et s’est rabattu sur la chanson un peu par dépit. Dans L’HISTOIRE DE MELODY NELSON, il y a plus de Delacroix et de préraphaélisme que de Flaubert en tout cas!
Pour les parnassiens, par contre, tu as raison…
unholy_ghost
13 novembre 2009
18h12
Oui, Delacroix, j’achète. Les peintres symbolistes également, fascinés par l’orient.
astyanax
13 novembre 2009
18h21
Daniel Bélanger peut me parler tant qu’il veut d’opium et de bohème, on n’y croit pas une seule seconde, et ça n’a rien à voir avec son manque de talent.
En fait, je crois moi qu’il a beaucoup de talent, notamment pour les mélodies. Sauf que ce talent est complètement gâché par… par… par quoi au juste? Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi ce chanteur me déplaisait autant. Bien sûr, ses textes sont très faibles, mais il n’y a pas que ça. Trop léché? Certes, mais encore? Trop consensuel? Est-ce vraiment un critère?
Qu’est-ce qui ne va pas avec Daniel Bélanger?
unholy_ghost
13 novembre 2009
18h29
De un, ses textes. De deux, il ne prend jamais de risques. De deux, il épice ses mélodies des petits effets à la mode, mais c’est comme ajouté. De quatre, c’est léché, radio friendly. De cinq, tous ces critiques qui le comparent presque aux Beatles.
astyanax
13 novembre 2009
19h15
Oui, ça manque singulièrement de sincérité et d’authenticité.
Mais, pour revenir à plus intéressant (MELODY NELSON = meilleur album francophone de tous les temps?), il y a aussi l’air du temps dans cet album. Le Paris de Gainsbourg à cette époque, celui de 1971, donc, c’est aussi celui que filment Garrel, Eustache, Barbet Schroeder et le Rivette de CÉLINE ET JULIE VONT EN BATEAU. Il y a aussi de cela dans l’album de Gainsbourg, me semble-t-il.
rafc
13 novembre 2009
19h18
“Le talent est en train de baiser le génie” Gainsbourg en 1990.
unholy_ghost
13 novembre 2009
19h29
Je viens d’acheter la réédition 2009 de Melody Nelson en CD, Il y a un booklet avec un texte de Andy Votel sur la création de l’album. Détails fascinants. Un bon point pour Lecteur curieux, ce sont deux guitaristes de John Barry qu’on retrouve sur le disque, avec Jean-Luc Ponty au violon électrique. Les orchestrations sont jouées par des enfants, Les jeunesses musicales!
Qu’est-ce que j’aimerais avoir un booklet pareil de Jaune!
rafc
13 novembre 2009
19h30
Le talent prolifère à outrance, ce qui ne fait que raréfier encore plus le génie. C’est ça Bélanger, un talent croit, loin de la clairière du génie. Dans la fameuse liste Pitchfork dont on a tant discuter, il n’y avait pratiquement que du talent, que des talents. Le génie qui flamboit et se consume, le génie dangereux, c’est à se demander si notre société est encore à même de, non pas l’accepter, mais de le tolérer parmis elle!
teddybear
13 novembre 2009
19h31
Je savais qu’André Perry était propriétaire du studio a Morin Heights, mais je savais pas qu’il était producteur aussi, était-ce notre Phil Spector a nous si je peut dire ?
Il devient quoi aujourd’hui ?
unholy_ghost
13 novembre 2009
19h33
Astyanax, toutes les références de l’album, raconte Patel, datent d’avant 1945: la rolls, les avions, le culte du cargo, les hôtels particuliers, etc.
rafc
13 novembre 2009
19h34
Faut pas oublier que Birkin était mariée à Barry avant de rencontrer Gainsbourg!
unholy_ghost
13 novembre 2009
19h43
Oui, Teddy, Perry est notre Phil Spector selon moi. D’ailleurs, sauf erreur, il est le seul réalisateur, Spector et Martin exceptés, à avoir réalisé un disque des Beatles, que ce soit en solo ou en groupe, avant la séparation des Beatles. C’est dire le niveau.
Il est à la retraite.
Oui, Rafc, Gainsbourg veut impressionner Jane Mallory Birkin en émulant Barry.
lecteur_curieux
13 novembre 2009
19h48
Sur Daniel Bélanger, en regardant son année de naissance je m’interrogeais un peu sur le fait que ce soit relativement aussi tard que son premier album sortait.
Mais le lien de Québec Info Musique me donne quelques précisions sur ses débuts avec un groupe nommé Humphrey Salade, une participation à Rock Envol.
Quand même vous parlez d’artistes reconnus comme des génies Gainsbourg ou d’un album phare ici au Québec avec Jaune.
Dans la même génération que Bélanger, disons nés entre 1960 et rendons nous peut-être jusqu’à 1975… Qui sont les meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes d’expression francophone ici au Québec et qui ont connu un certain succès ?
Vous allez nommer Jean Leloup.
Si vous êtes capables d’en nommer 10, je suppose tout de même que Daniel Bélanger va faire parti d’eux.
unholy_ghost
13 novembre 2009
19h55
Astyanax, meilleurs albums francophones ?
1) Melody Nelson
Comme à la Radio
2) Jaune
3) L’imprudence
4) Métronymie
5) Bleu (Jacques Brel)
6) Charlebois/Forestier
7) La mort d’Orion
9) Comment te dire adieu
10) L.F. Louise Forestier
unholy_ghost
13 novembre 2009
20h04
“Si vous êtes capables d’en nommer 10, je suppose tout de même que Daniel Bélanger va faire parti d’eux.”
Non.
lecteur_curieux
13 novembre 2009
20h09
Bien Daniel Bélanger nous a ramené à Jaune et à Gainsbourg…
Pas si pire. Moi il m’a ramené à Willie Nelson et Wynton Marsalis mais en ayant pas de lien sauf le goût de me procurer un album.
Je peux confirmer après trois écoutes et il va y en avoir d’autres que c’est une très belle rencontre sur cet album là ”Two Men With The Blues”. Lors de ma première écoute, j’ai constaté la qualité de l’enregistrement surtout, je pouvais avoir certaines petites réserves mais je me suis imprégné dans les suivantes et j’ai réalisé que ce sont des choix de réalisation. Soit de capter, les meilleurs moments de deux soirées et de les réunir sur l’album, il y a aussi un DVD. Ce sont toutes des expériences différentes. À la première écoute, je pouvais trouver que ce n’était pas assez comme un concert… Que les pièces ne s’enchaînent pas aussi bien… Sauf que d’une écoute à l’autre, le tout se bonifie…
Je savais que j’allais aimer. Le nouveau de Daniel Bélanger, je ne crois pas que cela aurait été un mauvais achat nécessairement, mais quand il faut choisir, on choisit.
unholy_ghost
13 novembre 2009
20h11
Pour les amateurs de Melody Nelson, il y a deux choses à se procurer, semble-t-il: la BO de Cannabis par Vannier/Gainsbourg et L’enfant assassin des mouches de Vannier.
lecteur_curieux
13 novembre 2009
20h13
@ghost nommez-moi les disons 10, ici au Québec homme ou femme mais nés entre 1960 et 1975 et faisant de la chanson d’expression française… Auteurs-compositeurs-interprètes en plus…
Ce sont des critères bien arbitraires…
Je voulais voir de sa génération à lui et il a fait son premier album assez tard tout de même…
J’aimerais cela avoir votre avis…
lecteur_curieux
13 novembre 2009
20h18
Est-ce que avec ces critères il y en a 10 vraiment bons ou bien selon les points de vue ce seraient les moins pires ?
lecteur_curieux
13 novembre 2009
20h25
Je reviens pareil à Gainsbourg… Et mes associations d’idées sur le coup d’oeil ou le coup d’oreilles…
Je regarde la pochette de Mister Melody… Je vois Gainsbourg et son look et cela me fait penser à Jean-Claude Brialy… Ou c’est lui qui me vient en tête…
Ensuite, je peux trouver sur le web, qu’effectivement ils ont déjà travaillé ensemble, je vois le vidéo ”Un poison violent c’est ça l’amour”.
unholy_ghost
13 novembre 2009
20h28
Lecteur, c’est difficile, je ne connais pas les dates de naissance, alors. Mais comme je n’aime pas Bélanger, je ne vois pas l’intérêt: je pourrais nommer des gens que j’aime moyennement avant lui. Déjà dans ceux qui sont bons: Leloup, Dédé Fortin, Fred Fortin, Mikhail_Boulgakof, Mara Tremblay, Mitsou, Groovy Aadvark, Les Secrétaires volantes, Le Nombre, Daniel Boucher. Chez les anglos, ce serait très fourni.
Peut-être que Bélanger est arrivé dans une période creuse de la chanson québécoise, ce qui explique qu’il resort davantage.
teddybear
13 novembre 2009
20h40
il est le seul réalisateur, Spector et Martin exceptés, à avoir réalisé un disque des Beatles, que ce soit en solo ou en groupe, avant la séparation des Beatles.
Quel album ?
Est-ce qu’il a été impliquer avec d’autres artistes ?
unholy_ghost
13 novembre 2009
20h46
C’est lui qui a réalisé le 45 tours “Give Peace a Chance/Remember Me” en 69 pendant le Bed-in à Montréal. Lennon fut tellement content qu’il a mis le nom de Perry et son adresse sur le 45 tours Apple.
unholy_ghost
13 novembre 2009
20h48
Il a réalisé à mon avis les meilleurs disques québécois et ceux de plusieurs artistes internationaux.
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h16
“Un poison violent c’est ça l’amour” n’est pas un clip, mais un extrait de la comédie musicale Anna, écrite par Gainsbourg pour Anna Karina et Brialy, filmée par Pierre Kuralnick. Beck a pompé ce film pour l’un de ses clips (la peinture à la fin): http://www.youtube.com/watch?v=XC7ucvAAVvw
Dans ce clip, il pompe aussi les fillettes et les tracteurs: http://www.youtube.com/watch?v=NnHccfYY5Yo
Comme il pompe Histoire de Melody Nelson avec sa Rolls de New Pollution: http://www.youtube.com/watch?v=FIf7wEJrjEk&feature=channel
Chez Gainsbourg: http://www.youtube.com/watch?v=7fGXkT485ic&feature=fvw
Sublime: http://www.youtube.com/watch?v=qVeXAYK5EFU&feature=related
Interview: http://www.youtube.com/watch?v=yFYO_z4pc_k&NR=1
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h17
“Un poison violent c’est ça l’amour” n’est pas un clip, mais un extrait de la comédie musicale Anna, écrite par Gainsbourg pour Anna Karina et Brialy, filmée par Pierre Kuralnick. Beck a pompé ce film pour l’un de ses clips (la peinture à la fin): http://www.youtube.com/watch?v=XC7ucvAAVvw
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h17
Dans ce clip, il pompe aussi les fillettes et les tracteurs: http://www.youtube.com/watch?v=NnHccfYY5Yo
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h17
Comme il pompe Histoire de Melody Nelson avec sa Rolls de New Pollution: http://www.youtube.com/watch?v=FIf7wEJrjEk&feature=channel
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h18
Chez Gainsbourg: http://www.youtube.com/watch?v=7fGXkT485ic&feature=fvw
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h18
Sublime: http://www.youtube.com/watch?v=qVeXAYK5EFU&feature=related
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h18
Interview sur Melody Nelson: http://www.youtube.com/watch?v=yFYO_z4pc_k&NR=1
astyanax
13 novembre 2009
21h43
Ghost, en identifiant le cinéma français du début des années 70, j’évoquais l’atmosphère de l’album de Gainsbourg. Oui, les références sont d’avant-guerre (la Rolls est une Silver GHOST de 1910, si ma mémoire est bonne), mais ces références étaient justement dans l’air du temps à cette époque. Pense à Resnais qui tourne STAVISKY, à toutes ces séries télé inspirées de Gaston Leroux et Maurice Leblanc, Dutronc qui chante (justement) «Gentleman cambrioleur» ou «J’aime les filles» avec la nostalgie de la Belle Époque dans la voix…
Quant à ton top 10 des meilleurs albums francophones, il pourrait aussi être le mien, à quelques nuances près.
-D’accord avec Françoise Hardy, mais avec LA QUESTION plutôt que COMMENT TE DIRE ADIEU.
- S’il faut inclure la chanson française «pure», alors je mettrais Barbara avant Brel.
-MÉTRONYMIE? Veux-tu dire MÉTRONOMIE de Nino Ferrer? Pourquoi pas LE SUD à la place?
-COMME À LA RADIO est magnifique, mais que dire de BRIGITTE FONTAINE EST…?
- J’ajouterais aussi volontiers LA FOSSETTE de Dominique A.
- JAUNE et CHARLEBOIS/FORESTIER sont de purs chefs-d’oeuvre. Qu’attendent les Français (les Inrocks, entre autres) pour les redécouvrir et les élever aux (très hauts) rangs qu’ils méritent?
- Au Japon, j’ai déjà lu (enfin, on m’a traduit) des critiques dithyrambiques des premiers albums de Louise Forestier qui venaient d’être édités là-bas…
astyanax
13 novembre 2009
21h49
J’aime aussi beaucoup ÇA VA, ÇA VIENT de Pierre Barouh et LES MOTS BLEUS et LE BEAU BIZARRE de Christophe.
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h53
L.F. est un truc de fou. André Perry se la joue psychédélique à la Tomorrow Never Knows: musique à l’envers, nappes de Moog, c’est ahurissant.
Chez Charlebois, mon préféré est moins connu: Le Mont Athos aka Robert Charlebois (1971).
Merde, et j’ai oublié L’Infonie vol. 3, Tu m’aimes-tu de Desjardins et Avec le temps de Ferré…
Un top 20 alors?
La Fosette, mouais, je n’aime (à la folie) que deux tounes. Je préfère Remué.
astyanax
13 novembre 2009
21h55
Comment ai-je pu oublier: LAISSEZ-NOUS VOUS EMBRASSER OÙ VOUS AVEZ MAL de Péloquin Sauvageau!
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h56
J’ai trouvé Brigitte Fontaine est folle mint à 2$ dans un Emmaüs. Le bonheur. Deux chansons arrangées par Vannier justement.
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h57
Merde, Astyanax, tu connais le Péloquin Sauvageau!!!! Du poutinerock (équivalent québécois du krautrock)…
unholy_ghost
13 novembre 2009
21h59
Astyanax, un question bizarre: est-ce que tu as publié des recueils de poésie sous pseudo et t’intéresse à la mycologie?
unholy_ghost
13 novembre 2009
22h11
AJOUTONS: L’Heptade, Claude Léveillée à Paris vol. 1 et 2, Félix Leclerc chante ses derniers succès, Opéra cirque de Diane Dufresne, Le Dôme.
astyanax
13 novembre 2009
22h13
J’ai beau l’enseigner, je me tiens en général assez loin de la poésie, sauf celle de LaFontaine, Pessoa, Brault, Langevin et quelques (rares) autres. Je suis très «roman» en fait, si bien que je n’ai jamais publié quelque poème que ce soit (ni de roman d’ailleurs…)
Quant à la mycologie, elle m’intéresse surtout rendue dans mon assiette. Quoique je ne suis pas insensible au charme de certains champignons que je rencontre en forêt. Comment ne pas être fasciné par l’une des choses les plus étranges produites par la nature? Et, enfant, j’aimais beaucoup CHAPERONETTE À POIS, dont j’ai d’ailleurs acheté les DVD pour mes propres enfants…
Sinon, désolé, il faudra chercher ailleurs pour m’identifier…
astyanax
13 novembre 2009
22h15
Oui, oui, Diane Dufresne…
unholy_ghost
13 novembre 2009
22h20
Ayoye, la Chaperonnette* à pois!!! Avec le loup gentil?
Les flash-back d’émission pour enfant me débectent, mais là tu viens de me filer un coup d’émotion! Un truc complètement oublié!
unholy_ghost
13 novembre 2009
22h25
Je n’aimais pas Dufresne jusqu’à temps que j’écoute Opéra-cirque. Ce disque est tellement cinglé.
Et puis, je trouve que Rock pour un gars de bicyk, c’est aussi bien écrit que du Gainsbourg. Tu savais que Dufresne à créer une chanson de Gainsbourg magnifique, “Suicide” je crois (malheureusement, la musique de je ne sais plus qui est moche).
astyanax
13 novembre 2009
22h28
«Les flash-back d’émission pour enfant me débectent»
Moi aussi, bien sûr, surtout dans des partys de trentenaires nostalgiques: Grrrrrrrr…
Mais à très petites doses, pour des raretés comme celle-là, pourquoi pas…
unholy_ghost
13 novembre 2009
22h29
Suicide de Diane Dufresne
(Claude Engel/Serge Gainsbourg)
Je me verrais bien me taper de l’arsenic
J’entends mes râles émouvants
Je vois quelques sables mouvants
Se coller à mes cosmétiques
Je verrais assez ma tête au bout d’une pique
Mon joli petit cou sanglant
Ou me faire les carte s en trichant
Et me tirer l’as de pique
Je me verrais bien là-bas dans l’Antarctique
Me mettre autour de mon séant
Au beau milieu de l’océan
Une bouée marquée Titanic
Je me verrais bien mordue par une aspic
Ou encore par un chien errant
La proche pharmacie manquant
De sérum antirabique
Je me verrais bien sur un pain de plastic
Comme Larousse semer à tout vent
Mes quatre membres et moi crevant
De cette chirurgie esthétique
Je me verrais bien le crâne entre deux brique
Une à une cracher mes dents
Exhaler en caillots de sang
Tout mon amour égocentrique
Je verrais bien ma guitare électrique
Me foudroyer en un instant
Je me vois aussi innocente
Assassinée par la critique
Je me vois lynchée sur la place publique
Par mes admirateurs d’antan
Qui m’aiment encore qui m’aiment tant
Je me vois huée par mon public.
unholy_ghost
13 novembre 2009
22h31
Bonne nuit!
astyanax
13 novembre 2009
22h34
Ah! «Vingtième étage» et «Partir pour Acapulco» et d’autres comme celles-là vont toujours me faire beaucoup d’effet.
Je dois quitter. À bientôt l’ami Ghost…
unholy_ghost
14 novembre 2009
10h52
J’ai l’impression que Gainsbourg a écrit un texte un double sens pour Dufresne, comme il en a fait des dizaines pour des artistes dont il se moquait gentiment.
Jennihb
14 novembre 2009
11h05
Wow!!! Ce qu’il y a de l’égo ici! Je n’ai qu’une seule chose à dire: Qui êtes-vous, incluant l’auteur de ce blogue, pour critiquer la rime, le point-virgule et l’accent aigü de chacun des mots sortis de la bouche d’un des auteur-compositeur-interprète les plus aimés au Québec. Si Daniel Bélanger est capable de vivre de son art, c’est qu’il doit trouver preneur. Voilà mon commentaire concernant l’égo. Pour vous, les fans de DB sont tous des cons incultes qui ne connaissent rien à rien?! Peut-être! Mais je ne comprends toujours pas pourquoi on critiquerait chaque tournure de phrase alors que DB fait clairement preuve d’une démarche artistique! Ce n’est pas un crooner cherchant la virgule qui émoustillera la demoiselle amusée…c’est un artiste complet qui a toujours fait preuve d’une extrême humilité. Peut-être que c’est élémentaire comme art, mais je crois qu’il arrive à observer la réalité avec une certaine paire de lunette dont certaines personnes ( beaucoup je crois) en apprécie l’analyse.
Je terminerai en ajoutant que l’art est purement subjectif… Comment peut-on l’analysant avec un pseudo-objectivisme?!? Je vous le demande! D’accord, on peut livrer une opinion; dire j’aime, ou je n’aime pas. Mais dire:”Un véritable interlocueur littéraire, sorte d’éditeur spécialisé dans les textes de chansons, assez solide pour lui faire admettre ses carences et le renvoyer à table de travail, devrait lui être assigné” Euhm ok! et cet éditeur spécialisé, il serait jugé par qui pour obtenir ce titre si juste???
Allez! Créez quelque chose, ça fera du bien à votre égo!
unholy_ghost
14 novembre 2009
11h11
” Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur.” (Beaumarchais)
unholy_ghost
14 novembre 2009
11h20
Jennihb, ton texte est un condensé de tous les sophismes que l’on retrouve aujourd’hui jusque dans les médias généralistes: la confusion entre une opinion (j’aime/j’aime pas) et une critique (c’est bon ou non); le relativisme généralisé qui fait que tout se vaut; l’idée que l’art est purement subjectif (et donc les critiques sont inutiles); le sophisme du nombre comme quoi si un artiste a un large public c’est forcément bon (un milliard de mouches ne peuvent se tromper, manger de la merde!); le cliché selon lequel les critiques sont des ego frustré. Que tu le veuilles ou non un artiste qui utilise une langue littéraire qui a ses propres critères internes doit être jugé selon ces critères. Et plus les critiques sont forts plus les artistes sont poussés vers le haut, au contraire du n’importe quoi complaisant que l’on voit aujourd’hui où certains critiques télé se pâment devant Jonathan Roy (est nu…).
unholy_ghost
14 novembre 2009
11h22
Ton idée de la critique est le même lieu commun qui fait que notre éducation est en faillite (il faut baisser les critères des examens pour ne pas blesser l’enfant par un échec).
unholy_ghost
14 novembre 2009
11h26
Et Jenny, c’est fait, j’ai déjà créé des textes et mon ego hénaurme me dit que c’est bien meilleur que du Bélanger; mais je vais retravailler le tout parce que j’ai bien trop peur de le faire lire à un grand critique comme Alain Brunet et aux mélomanes de son blogue. Tu la pognes?
witoldo
14 novembre 2009
11h56
Puis-je me permettre une petite pause auto-réflexive sur ce blogue?
Premièrement, je suis très heureux qu’il existe et qu’on y retrouve autant d’intervenants cultivés, critiques, intelligents. Il est vrai que dans l’univers actuel des blogues, celui-ci se distingue. Et je me dis qu’on assiste ici à un renouveau de la prise de parole dans les médias. Enfin, un vrai dialogue peut avoir lieu entre un journaliste-chroniqueur et ses lecteurs. Ces derniers peuvent dépasser la simple réaction et mettre l’épaule à la roue, faire avancer la réflexion.
Je crois tout de même que la formule pourrait être améliorée, si quelques balises existaient (je sais qu’il n’est pas toujours faciles de les respecter…). Prenons le cas du présent blogue sur Bélanger : il n’y est à peu près plus question de lui. Les parenthèses sur Ferland, sur Gainsbourg, etc., ont prises toute la place. Ce qui s’est écrit sur ces derniers sujets est fort intéressant, là n’est pas la question. Mais je constate une dérive, une dispersion qui nous empêche tout à coup d’aller au fond des choses. On en est à se demander si Bélanger devrait figurer dans un top ten. On ne parle plus de chansons, on discute «albums» et chacun y va de ses classements personnels. La discussion, par exemple, sur les arrangements et les techniques d’enregistrements de «Jaune» était très riche en informations de toutes sortes, mais j’ai eu tout à coup l’impression qu’on se perdait dans des considérations périphériques et qu’on perdait de vue le coeur de l’affaire.
C’est quoi, pour moi, le «coeur de l’affaire»? Pas facile à définir…, mais je vais essayer. C’est de prendre un chanson et de cerner l’univers qu’elle met en place, ce qu’elle transmet et les moyens qui sont mis en oeuvre pour le faire. Faire la critique d’une chanson, c’est essayer de voir si toutes ses composantes (rythme, mélodie, arrangements, instrumentation, performance vocale, paroles, etc.) concourrent à exprimer et rendre réelle l’intuition à la base de la création, l’idée générative, ou encore plus modestement l’émotion liée à une situation. Je résumerais ça volontiers par le mot «discours», mais je crains qu’on y voie quelque chose de trop intellectuel. La cohérence d’une chanson, je préfère donc la définir comme un «univers de sens» (sensation autant que signification).
Prenons un exemple archi-connu, «Avec le temps» de Ferré. L’énoncé de base de cette chanson est bien «Avec le temps, va, tout s’en va». Toute la chanson par la suite creuse cette idée et l’émotion qui lui est liée. La réussite de cette chanson est qu’on n’y trouve aucun mot superflu, que des mots simples qui touchent directement l’émotion tout en parlant à l’intelligence. L’organisation musicale prévoit une montée de l’intensité et l’on ressent bien que celle-ci n’est pas forcée, que cette montée suit de près l’émotion présente dans les mots. Et quand la chanson finit, on est tout habité par l’univers mental que Ferré a créé pour nous : notre tête est remplie d’une mélodie associée à des mots qui forment une expression unique.
Ce n’est là qu’un exemple… La chanson n’est pas toujours aussi dramatique. Je pourrais tout aussi bien me tourner vers une chanson beaucoup plus légère, comme l’est «Je suis un sacripant» de Rivard. Chanson d’auto-dérision ponctuée de calembours. Pas une chanson profonde, on s’entend bien, mais tout de même une chanson cohérente, qui forme aussi son petit univers à elle dans une forme-sens qui se tient (le côté bluesy de la toune participe à son propos).
Cela vaut aussi bien pour une chanson déjantée comme «Engagement» (Sabourin-Charlebois) : c’est une toune où tout se tient, références religieuses comprises.
Bref, si on s’interroge sur, mettons, «Le Chat du café des artistes» ou «God is an American», il me semble que c’est d’abord ça qu’on devrait regarder : c’est quoi l’univers de cette toune? Dans vos propos, il m’a semblé un moment donné que les arrangements de Buddy Fasano se détachaient de la toune et se mettaient à faire cavaliers seuls pour s’unir à une sorte d’hyper-composition qui les unissaient à Gainsbourg… Pour moi, la question à se poser est uniquement de savoir si les arrangements, ASSOCIÉS À TOUTES LES AUTRES COMPOSANTES DE LA TOUNE, créent un univers qui se tient. Si Beck s’inspire de ça, tant mieux pour lui, mais ce sera j’imagine pour créer un autre univers.
Excusez si j’ai l’air de donner un cours et je ne voudrais surtout pas offenser votre intelligence. Mais j’avais besoin de ce préambule pour revenir du côté de Bélanger. Ce que j’aimerais, c’est qu’on interroge de cette manière les dernières chansons de Bélanger (puisque c’est l’objet de ce blogue). Quelques-uns parmi nous l’avons fait en partie, mais en référant surtout aux chansons plus anciennes de l’artiste. Certains parmi vous diront peut-être que ce travail-là est trop fastidieux et inutile : on aime ou on aime pas, point final. Je suis d’un avis contraire (et Brunet semble l’être également). Au-delà de Bélanger, je me préoccupe de la culture québécoise et puisque Bélanger est perçu par plusieurs comme un fleuron de cette culture, ça m’importe de comprendre comment se construit son univers artistique. Ça m’importe d’examiner comment nos auteurs-compositeurs arrivent à mélodier le français d’ajourd’hui. Ça m’importe de voir s’ils arrivent à cristalliser des pensées-émotions comme l’ont fait avant eux les Charlebois, les Venne, les Beau Dommage. Pour l’instant, je doute qu’ils y arrivent, mais c’est justement ce qu’il faut arriver à expliquer…
unholy_ghost
14 novembre 2009
12h33
Witoldo, réflexion intéressante. Cela dit, un blogue où il faut absolument parler du thème de départ n’est pas un blogue vivant à mon avis. Par contre, il y a une différence entre un débat qui dérive de façon organique (c’est le cas ici: pour évaluer Bélanger on le compare à deux grands, Ferland et Gainsbourg qui l’ont inspiré, avec de fréquents retours vers Bélanger) et quelqu’un qui impose un débat de façon artificiel (par exemple, quelqu’un qui voudrait que l’on parle de Simple Plan sur un blogue qui parle de Bélanger).
unholy_ghost
14 novembre 2009
12h38
Sinon, mon point de vue n’est pas celui de M. Brunet: je ne crois pas que l’on puisse séparer les orchestrations de Fasano puisque pour moi celui qui réalise le projet artistique c’est André Perry, c’est lui qui intègre toutes les composantes de la chanson (textes, chants, musique, arrangements, bruitage, spatialisation du son) pour en faire un univers – Deleuze et Guattari diraient des percepts et des affects. Perry est comme un réalisateur de film.
unholy_ghost
14 novembre 2009
12h42
Witoldo, pour moi “Engagement” est la chanson la plus révolutionnaire de Charlebois. J’ai l’impression que tous les délires de Leloup et Dédé Fortin sortent de là.
unholy_ghost
14 novembre 2009
12h44
Bon, la Coupe Vanier est commencée…
unholy_ghost
14 novembre 2009
12h50
Un dernier truc: j’ai déjà vu sur youtube un clip, probablement une émission télé, de Jean-Pierre Ferland qui chantait une pièce de Jaune (le Petit roi ou le Chat du café des artistes?) avec des arrangements modifiées qui faisaient très enfantins. Dans mon souvenir, il interagissait avec des marionnettes genre la Chaperonette à pois (merci libellule!).
Ça dit quelque chose à quelqu’un? Quelqu’un a un lien web vers ce clip? Je ne le retrouve plus dans youtube.
witoldo
14 novembre 2009
13h06
Ghost : Va pour l’échange vivant. En autant qu’on sache garder le cap… Je n’ai pas échappé moi-même à la tentation d’établir une filiation thématique et formelle entre «Je suis mort» de Bélanger et le «Café des artistes» de Ferland. J’aime beaucoup l’idée qu’une transmission s’opère entre les générations parce que c’est un signe que la culture est vivante et qu’on garde la mémoire de ce qui a eu lieu avant nous, tout en essayant de pousser les choses plus avant.
Le phénomène des reprises avec arrangements différents est très intéressant et tendrait à remettre en question l’idée d’un lien fondamental entre les arrangements et le «discours» d’une chanson. Changer les arrangements, est-ce une simple manière de moderniser une chanson? Ou bien d’en explorer une autre dimension? «L’hymne à l’amour» chanté par Gerry Boulet, est-ce la même chanson que «L’Hymne à l’amour» chanté par Piaf? Je répondrais : oui, fondamentalement. Sauf que l’interprétation de Gerry vient inscrire la chanson dans son propre parcours et retravailler sa propre persona artistique. Le fait qu’il accepte, lui le rocker dur de dur, de chanter la ligne «je me ferais teindre en blonde», a immédiatement été reçu comme subversif par les premiers auditeurs de sa version. La chanson reste la même, mais il s’y ajoute un deuxième degré. Ce qu’on appelle une réappropriation.
Pour ce qui est des exemples de Ferland que vous citez, il faudrait voir. On pourrait aussi se demander si les reprises par Bélanger de classiques comme «California» les font entendre différemment ou on pu contribuer à façonner son univers artistique.
Pour «Engagement», d’accord avec vous. Et c’est le parfait exemple d’une chanson qui ne pouvait naître qu’au Québec (avec «Te v’là», du même tandem, une chanson pétrie de références culturelles rejouées de façon ludique et libératrice).
lecteur_curieux
14 novembre 2009
13h14
Je crois, pour ma part, que la piste d’assigner un interlocuteur littéraire à Daniel Bélanger tel que soumise par monsieur Brunet pourrait être intéressante mais qu’elle est idéaliste… Je ne pense pas qu’Audiogram se préoccupe de cela, ou très, très peu.
À lire aussi certaines entrevues donner par Daniel Bélanger, on dirait qu’il tient compte des critiques qui lui ont été faites dans le passé mais que cela modifie surtout ce qu’il répond en entrevue.
Pour devenir meilleurs, je crois aussi que les artistes ont besoin d’être mis au défi ou challenger… Et cela peut venir de d’autres artistes…
Ferland bien c’était en écoutant Charlebois…
———————————————————————————
Audiogram n’a même pas encore mis les textes en ligne… Puis on peut juste écouter des extraits de l’album sur leur site… Pas de danger qu’ils mettent cela sur des plateformes comme Deezer ou MusicMe…
Les crédits de l’album à part de cela… Pourquoi ne pas les mettre en ligne ? La photo est de qui ? Cette pochette que l’on trouve couci-couça ? Le réalisateur c’est qui ? Quels studios ? Le mixage ? Le mastering ?
Oui Daniel Bélanger pourrait gagner à être challengé par des artistes, c’est bien aussi que certains l’admirent mais d’autres tout en l’aimant et le trouvant bon pourraient le challenger…
Audiogram aurait aussi besoin d’être pas mal challengé et l’Adisq pareil…
teddybear
14 novembre 2009
17h36
Mais c’est fascinant le travail de studio, me souvient d’avoir louer un film Sympathy for the devil, de Jean Luc Godard..on voit les Stones rentrés en studio avec la chanson, qui ressemble pas du tout a la version que l’ont connait, mais plus le film avance plus les Stones travaillent dessus plus on reconnait le classique a en devenir..meme chose pour Start me up, j’ai entendu la version originale..reggae..rien a voir avec la version finale de 1981.
unholy_ghost
14 novembre 2009
17h37
Witoldo, les reprises de Bélanger sont inécoutables, pour celles que j’ai entendues. À la limite, je concède qu’il a un univers forts grâce à ses mélodies, mais en chantant les chansons des autres c’est catastrophique je trouve. Je vais essayer d’écouter California. Mais c’est une chanson tellement “time capsule” que j’appréhende le résultat.
PS: Je suis à peu près sûr de savoir qui vous êtes, à vous lire. Je comprends un peu mieux la qualité de vos commentaires.
unholy_ghost
14 novembre 2009
17h39
Oui, One + one – Sympathy for the Devil, c’est fascinant.
unholy_ghost
14 novembre 2009
17h47
Witoldo, vous dites qu’une chanson c’est le tout. Pour le dire autrement c’est un gestalt. À la limite, on pourrait donner un exemple où toutes les parties sont mauvaises et où le tout est fascinant (le punk, souvent, par exemple). On pourrait donner des exemples du contraire (certains disques de progressif).
Prenez une chanson simplissime comme “Louie Louie”: c’est irrésistible. Pourtant presque tout est mauvais dans cette chanson si on prend les parties séparément.
unholy_ghost
14 novembre 2009
17h47
Je dérive…
astyanax
14 novembre 2009
18h02
Tu ne dérives pas tant que ça.
Le «Louie Louie» des Kingsmen est enregistré de façon atroce, on comprend à peine les paroles. Pourtant, tu améliores le son et la toune, à l’origine extraordinaire, devient soudainement quelconque. En fait, «Louie Louie» est une toune pourrie et c’est précisément pourquoi elle est formidable. Je la considère en tout cas comme l’une des premières manifestation du punk.
unholy_ghost
14 novembre 2009
18h06
Tu savais que le FBI avait essayer de déchiffrer les paroles de Louie Louie pour y chercher une preuve de subversion.
unholy_ghost
14 novembre 2009
18h10
Ça tient beaucoup à des micro-détails. Enligne 10 000 groupes pour jouer Satisfaction, chanson facile à jouer, personne ne la jouera mieux que les Rolling Stones en 65, pas même eux aujourd’hui. Un gestalt.
witoldo
14 novembre 2009
18h10
Ghost : Je n’insisterai pas trop sur ce blogue (pour ne pas ennuyer les autres), mais j’avoue m’être aussi posé la question à votre sujet… Historien… subventionné… hum!
Et puis qui connaît Péloquin-Sauvageau et L’Infonie, titres tous deux parus sur l’étiquette Mucho Gusto qui se spécialise dans les rééditions de trucs marginaux (qui nous offrira bientôt une compilation fascinante de musiques destinées aux messes à gogo). Hum, hum…
En tout cas, en ce qui me concerne, Witoldo est une sorte d’indice pour amateurs avertis de littérature.
astyanax
14 novembre 2009
18h31
@ rafc
Tu vas me trouver lent à la détente, mais j’aimerais répondre à ce que tu as écrit hier à propos du talent et du génie.
Tu dis ne voir que du talent dans la liste de Pitchfork, qu’aucun génie n’y apparaît. Je veux bien, mais cela demande réflexion, non?
Es-tu bien certain que tu serais en mesure de reconnaître un génie s’il venait à te passer sous les yeux? Ne crois-tu pas qu’il faut un certain temps pour que le génie se révèle? Qu’avant d’être génial, un artiste est d’abord talentueux? Prend Nick Drake. Il ne me semble pas exagéré de dire aujourd’hui qu’il s’agit d’un pur génie. En 1974, aurais-je été aussi enthousiaste à son égard quand il s’est suicidé parce que sa carrière n’allait nulle part? Pas sûr…
Pour revenir à la liste Pitchfork, il ne faudra pas s’étonner si, dans quelques années (10? 15?), KID A ou ILLINOISE, par exemple, soient universellement reconnus comme les oeuvres d’authentiques génies…
astyanax
14 novembre 2009
18h35
Witoldo comme dans… Gombrowicz?
Sa femme était québécoise, ne me dites pas que…
rafc
14 novembre 2009
19h23
Astyanax; autant tu as pu être lent sur la détente, autant j’ai pu tirer vite. Ce commentaire n’était qu’une pensée rapide inspirée de la citation de Gainsbourg que je relevais, à savoir que selon lui, le talent nuit ou gêne, en fait baise, le génie! Le problème serait alors plutôt du côté de la réception/diffusion à outance de tout et absolument tout qui relève d’un talent, si moindre soit-il, amenant un nivellement critique pouvant être aveuglant. Chaque époque ses génies, il y en aura encore, j’en suis sûr à ton instar. Seulement la glorification systématique du moindre talent a de quoi décourager et noyer des artistes aux ambitions ‘parnasséennes’, pour rester dans le ton; le suicide de Drake dont tu fais mention en témoigne peut-être.
Ceci dit, non je ne prétend pas être plus qualifier que quiconque pour reconnaître nos génies contemporains, et oui, je suis persuadé que la liste (Pitch..) en inclut quelques uns, seulement, peut-être se trouvent-ils à être plus raréfiés qu’il y a 20 ans, lorsque Gainsbourg dit sa boutade.
Si j’isole le Do de Witoldo, je crois que cela m’avance …
norvegequebec
15 novembre 2009
09h29
@jennihb “Qui êtes-vous, incluant l’auteur de ce blogue, pour critiquer la rime, le point-virgule et l’accent aigü de chacun des mots sortis de la bouche d’un des auteur-compositeur-interprète les plus aimés au Québec.” Je suis régulièrement venue lire ce blogue et ses commentaires avant de me décider à exprimer mes réflexions. Je m’y suis décidé lors du blogue concernant Pierre Lapointe. J’avais apprécié que l’auteur de ce blogue ose sortir du concensus et de la complaisance sur les artistes chouchous, voire même intouchables du Québec. Daniel Bélanger et Pierre Lapointe: deux artistes contre qui on ne peut émettre la moindre réserve sans qu’il y ait sacrilège. Vous dites vous-même :Comment osez-vous critiquer l’un des artistes les plus aimés du Québec? Personnellement j’aime bien sentir qu’il y a une vraie personne qui pense derrière le crayon ( le clavier) et non pas une machine qui me remâche les idées qu’on peut facilement attraper dans les airs ou dans l’air du temps. Cela vaut pour l’auteur de ce blogue et pour de nombreux intervenants, ici, dont la signature évoque une personnalité, une façon de penser. Ce blogue-ci est à propos des mots et du message livré en musique. Il est donc normal que les intervenants en fassent l’analyse. Quand on veut se faire rassurer dans ses goûts, vaut mieux aller voir sa mère. Sur un blogue, on risque fort de rencontrer des gens qui ne pensent pas comme nous.
witoldo
15 novembre 2009
10h06
@ rafc : si je fais une charade de votre surnom qui irait comme suit : mon premier est un peintre célèbre; mon deuxième un poète québécois; mon tout un musicien-étudiant, est-ce que cela m’avance?
@ astyanax : désolé de vous décevoir, je ne suis pas l’adorable Rita Gombrowicz.
Alain Brunet
15 novembre 2009
10h36
@jennib
“Qui êtes-vous, incluant l’auteur de ce blogue, pour critiquer la rime, le point-virgule et l’accent aigü de chacun des mots sortis de la bouche d’un des auteur-compositeur-interprète les plus aimés au Québec. Si Daniel Bélanger est capable de vivre de son art, c’est qu’il doit trouver preneur. Voilà mon commentaire concernant l’égo. Pour vous, les fans de DB sont tous des cons incultes qui ne connaissent rien à rien?!”
Si je comprends bien, vous êtes insultée. Je comprends que vous puissiez l’être, car il s’est écrit dans ce blogue des choses qui heurtent votre relation avec un artiste de talent. Personnellement, j’ai toujours choisi la critique constructive, mais il appert que bien des observateurs (dont je suis) expriment des réserves sur la plume de DB. Ce qui , je l’admets, peut avoir l’air d’une entreprise mesquine… si on la prend hors contexte. Or, je ne peux parler à la place des interlocuteurs de ce blogue (dont plusieurs nouveaux qui ne s’étaient jamais manifestés auparavant), j’essaie autant que possible d’éviter le mépris et les attaques personnelles- ce qui, selon moi, pollue invariablement la communication.
Si vous ne m’avez jamais lu depuis les débuts de la carrière de Daniel Bélanger, je dois vous préciser que j’ai toujours aimé le chanteur, le musicien, le réalisateur et je ne change pas d’avis avec la sortie de Nous – vous pouvez vérifier dans les archives de La Presse si le coeur vous en dit. J’ai toujours coté à la hause ses albums par le passé. Celui-ci ? Moins. Cette fois, la résultante littéraire de Nous m’a fait réagir. Je ne suis pas le seul, semble-t-il… Je n’ai vraiment pas l’intention de m’éterniser sur le sujet, mais je trouve quand même cet exercice sain – malgré quelques débordements.
Contrairement à certains qui l’ont qualifié d’”inepte” avec les mots, je ne crois pas que Bélanger soit un parolier médiocre. Je crois néanmoins que DB a de gros noeuds littéraires à éradiquer dans son approche. Cela me semble évident. S’il y parvient, ce qu’il fait de beau avec la langue ne sera plus ennuyé par l’opacité et les complications inutiles de certaines séquences, dont on a peine à trouver a substance. Et ce, malgré l’intention sincère de l’auteur.
Alors ? Non, je ne crois pas que les fans de DB soient des caves comme vous le laissez entendre. Je serais étonné que les plus durs de nos intervenants le croient. Nous a tout simplement déclenché ce que vous venez de lire.
witoldo
15 novembre 2009
11h06
Il faut reconnaître à Bélanger quelques admirables réussites : «Quatre saisons dans le désordre», «La folie en quatre», «Sèche tes pleurs», «Les temps fous». D’autres, peut-être. J’aime aussi le mood de «Sortez-moi de moi» (que je joue avec un band de sous-sol), mais les paroles me font suer. Il m’arrive souvent de me dire, en écoutant Bélanger : «Maudit que j’aurais aimé être là avant qu’il sorte sa toune pour lui conseiller de retravailler telle ou telle ligne, pour préciser l’idée centrale, etc.» Mais je ne travaille pas pour Audiogramm…
Ghost : la version de «California» (live) est pas mal. N’apporte rien à l’originale, mais elle met en valeur la voix de Bélanger (peut-être en est-il un peu trop conscient d’ailleurs…).
Question lancée à tous : quelqu’un sur ce blogue s’est-il procuré «Nous»? En tout cas, on en parle peu… D’après les extraits cités par Brunet, je crois comprendre que Bélanger traverse une phase d’introspection autocritique. C’était sensible aussi sur «L’échec du matériel» : tout en dénonçant la société de consommation, son «personnage» cherchait à montrer qu’il y contribuait lui-même. Toutes ces nuances dialectiques sont très difficiles à faire passer dans une chanson (genre qui table plus facilement sur des concentrés de sentiments primaires).
Alain Brunet
15 novembre 2009
11h15
@witoldo
Merci de votre réflexion étoffée. Comme vous vous appliquez à le souligner, une chanson est un univers où les mots trouvent aussi leurs qualités dans le lien qu’ils tissent avec les sons. Je crois d’ailleurs que la presque totalité des intervenants de ce blogue sont d’accord avec vous sur cette question -cet angle est régulièrement abordé, voyez les archives du blogue pour vous en rendre compte. Cette fois, cependant, j’ai entrepris d’isoler les textes de Nous sans vouloir les sortir de leur contexte pour autant – n’oubliez pas que cet envoi est la suite d’un précédent où il était question de la musique de Nous.
Bien sûr, un telle proposition nous mène parfois à des sujets connexes. Ces débordements peuvent effectivement sembler un peu bordéliques voire agaçants. Or, dans ce cas précis, j’ai cru bon de laisser aller le flot des interventions pour crémer le sujet d’origine de quelques réflexions de notre communauté sur la création chansonnière en général. En tout cas, je n’ai pas encore senti une baisse de l’intérêt !
witoldo
15 novembre 2009
11h29
Parmi les réussites de Bélanger, j’oubliais «Les deux printemps» (plus belle que «Quatre saisons»). Stéphane Venne fait remarquer dans son livre la beauté de la ligne mélodique de cette chanson («un beau collier bien rond de 60 notes joliment enfilées le long de 20 mesures» (p. 366). Il avoue même avoir jalousé DB pour cette trouvaille.
unholy_ghost
15 novembre 2009
13h48
Venne est vraiment un grand. Il faut d’ailleurs que je me procure son livre sur la création de chanson (il y a aussi Tunesmith: Inside the Art of Songwriting de Jimmy Webb, l’immortel auteur de By the time a get to Phoenix).
Sinon, jadis je pouvais acheter un disque pour savoir si je l’aime, mais ça fait un bail que ce ne m’est plus arrivé. J’ai écouté Nous en casque chez le disquaire et ce que j’ai entendu ne m’a pas donné envie. J’ai racheté Melody Nelson pour le livret à la place…
unholy_ghost
15 novembre 2009
14h04
Il est certain que si Bélanger lit tous nos commentaires, il sera habillé pour l’hiver. Or, disait en substance Nietzsche – à ne pas confondre la graphie avec celle du génial arrangeur de Spector, Jack Nitzsche… – on ne débat qu’avec ceux que l’on considère à notre hauteur. On pourrait dire, en l’occurrence, que toute critique passionnée est un hommage. Quand Robert Lévesque attaque Lepage, il ne fait que prouver son amour (déçu, certes). On ne passerait pas deux cent posts à critiquer un médiocre. Pour les amateurs de Passe-Partout-tout-le-monde-il-est-gentil, il y a deux choses qui est pire qu’une critique négative: la complaisance et l’indifférence.
unholy_ghost
15 novembre 2009
14h17
@norvegequebec
“Je suis régulièrement venue lire ce blogue et ses commentaires avant de me décider à exprimer mes réflexions. Je m’y suis décidé lors du blogue concernant Pierre Lapointe.”
Croyez-moi, vous devriez attendre moins longtemps avant de vous décider à poster un commentaire, vu leur qualité.
Ça me fait penser: j’attends régulièrement à la télé – aux Lionnes dernièrement – cette phrase incroyable: tout le monde aime Céline Dion. C’est vraiment un dogme. Un peu comme aux States on dit “in God we trust” en oubliant les athées, plutôt silencieux. Or, je ne connais aucun de mes amis qui aiment Céline, des mécréants il est vrai…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
14h52
Je pense aussi que des lecteurs comme jennib ne doivent pas être habitués au style d’Alain Brunet. Et si on écoute la chronique radio il dit quand même que c’est un ”assez bon” disque.
http://www.radio-canada.ca/emissions/desautels/2009-2010/chronique.asp?idChronique=95493
Et je vois moins souvent les étoiles ou une note dans vos appréciations monsieur Brunet, j’ai l’impression que vous voulez que les gens vous lisent et discutent alors que si on met une appréciation avec les étoiles que les gens bien ne regardent que cela… C’est un peu mon sentiment…
Alain de Repentigny donne trois étoiles et demi , je pense qu’à lire les deux textes du blogue Brunet donnerait un peu moins, peut-être trois étoiles… Pour ”assez bon”, je crois bien que c’est trois étoiles pour la demie de plus bien, il faut un peu plus…
http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/critiques-cd/200911/06/01-919270-daniel-belanger-danse-daniel-danse-12.php
Des lecteurs plus anciens reconnaissent les deux plumes et savent la différence de ton. Je trouve que c’est complémentaire. Je suis peut-être plus proche dans mes goût de Brunet que de de Repentigny maintenant aujourd’hui mais j’apprécie ce retour là qu’il a fait…
Alain Brunet
15 novembre 2009
14h58
@lecteur_curieux
Vous avez bien deviné: j’accorderais 3 étoiles à Nous.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
15h05
Céline Dion ? Mais je l’aime moi. Plus comme personnalité simple et pas compliquée quoique cela me fait pas rêver… Et d’une artiste ce peut être cela que je veux…
J’aime sa personnalité plus que son travail artistique. Il y a tout de même des chansons qui à l’occasion j’aime écouter. Je ne changerai pas de chaîne automatiquement. C’est plus la machine que vraiment elle. Et on pourrait même dire pour René Angélil… Figure sympathique et belle réussite mais je n’aurais pas la même vision pour des artistes c’est certain.
Puis parler pour parler, je trouve Marc Dupré son gendre absolment inécoutable… Dans mes goûts à moi… Si des gens aiment cela tant mieux pour eux. Cependant ce qu’il fait c’est ce que beaucoup d’autres font et il fait pareil…
Tout ce qui selon moi il ne faut pas faire pour que quelque chose soit bon… Bien plusieurs le font…
Céline aussi… Et les émules de Star Académie… Le font et le public applaudit…
Moins Céline a ses tics là de pousser et pousser plus je la trouve acceptable… Alors que son public lui est impressionné et c’est ce qu’on nous vend…
unholy_ghost
15 novembre 2009
15h18
Lecteur, Céline Dion, une fille ordinaire, simple, “qui n’a pas changé”, c’est précisément ce que Barthes appelait un mythe. C’est d’ailleurs le mythe québécois par excellence: même si on a un talent exceptionnel, il faut faire attention à ne pas sortir du troupeau. Charlebois y a donné ses lettres de noblesse avec Ordinaire (texte de Mouffe). Tout participant à Star Academy le répète: je vais pas changer, je suis kekun de pas compliqué, comme tout le monde, etc.
rafc
15 novembre 2009
15h38
“même si on a un talent exceptionnel, il faut faire attention à ne pas sortir du troupeau”
Les sournoiseries du talent. Le talent, seul, peut tirer vers le bas, le commun, la complaisance. “J’ai du talent, ça suffit donc”. Un artiste aux ambitions géniales devrait se méfier de son propre talent; voilà ce contre quoi Gainsbourg met en garde.
unholy_ghost
15 novembre 2009
15h47
Déjà, et c’est le problème de Céline Dion, il faut avoir du goût, pas seulement du talent.
Moi ce que je perçois de Céline Dion, c’est que c’est une personne complexe et un peu borderline. La “fille ordinaire” n’est qu’un paravent.
unholy_ghost
15 novembre 2009
15h53
Petite question quizz: sur la pochette de Melody Nelson, on voit Jane Birkin qui tient un toutou chimpanzé, qu’est-ce qu’il y a sous ce toutou?
witoldo
15 novembre 2009
16h00
Vraisemblablement les seins de Birkin… Mais j’imagine que si vous posez la questions, c’est qu’il y a autre chose! (je n’ai à ma disposition que les photos trouvées sur internet).
lecteur_curieux
15 novembre 2009
16h02
@ghost…
Un mythe ou peut-être plus que cela fait de la psyché de l’identité québécoise. Moins de la mienne.
J’apprécie pas vraiment au départ une grande familiarité si rapide comme Céline peut avoir. Mais je crois que c’est sa véritable personnalité.
Je ne lui ferais pas de compliments d’être restée une fille simple autant qu’on lui en fait car c’est sa personnalité. C’est une femme simple. Pourquoi complimenter pour des choses qui sont disons inhérentes à nous ou à notre vécu ? Il est permis de faire un compliment, mais ce n’est pas d’être RESTÉE mais d’ÊTRE une personne comme cela. Puis cela vient de votre famille, votre milieu.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
16h07
@ghost
Tu vois Céline Dion comme une personne complexe ?
Ah bon… Pas moi. Mais je la vois peut-être comme quelqu’un qui ne prend pas assez de temps pour s’arrêter et réfléchir. Et cela elle l’avoue.
Peut-être que son bonheur intérieur est plus complexe. Est-ce qu’elle est vraiment heureuse ou pas ? On se posera des questions plus tard, je crois que cela serait sa réponse.
Tu peux être à la fois simple et complexe.
Je trouve que c’est une fille pas compliquée qui se tracasse pas pour des riens mais qui justement parfois devrait peut-être le faire un peu plus…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
16h17
Pour le toutou sur la photo que je vois sur Musicme, elle est trop petite… Je ne peux même pas voir que c’est un chimpanzé…
Le tout semble porter des souliers noirs avoir des culottes rouges… Mais je le reconnais pas…
Pour reconnaître une poupée sur une pochette, je suis meilleur pour le premier album de Diane Tell et c’est Raggedy Ann, sa poupée.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
16h18
Si on ne voit pas bien le toutou alors voir dessous c’est encore plus compliqué avez-vous une grande photo ?
Vous devez avoir le 33 tours près de vous, je suppose…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
16h21
Jane Birkin est enceinte de CHARLOTTE SUR LA PHOTO…
http://www.bside-rock.com/Histoire-De-Melody-Nelson,1189.html
astyanax
15 novembre 2009
16h47
Je ne sais pas si la personnalité de Céline Dion est «complexe», mais elle est assurément et absolument mystérieuse. Sa simplicité n’est qu’apparente; personnellement, je ne connais que très peu de célébrités aussi peu authentiques et sincères qu’elle. Tout me semble faux chez elle, au point où elle-même ne semble pas toujours certaine de savoir qui elle est exactement! Faut dire qu’«être Céline Dion» me semble être une expérience assez freakante…
astyanax
15 novembre 2009
17h12
Par ailleurs, j’ai plusieurs amis mélomanes et tous détestent ou sont parfaitement indifférents à l’oeuvre de la petite fille de Charlemagne. Est-il seulement possible d’aimer profondément la musique ET Céline Dion en même temps?
En fait, il m’arrive de penser que ce type de chanteuse s’adresse surtout aux gens qui n’aiment pas vraiment la musique, qui écoutent distraitement la radio, n’achètent pas beaucoup de disques et qui vont aimer Céline Dion surtout pour sa virtuosité vocale (une virtuosité qui est sa propre fin) et pour son succès planétaire. Tous ces éléments périphériques à son art me semblent peser beaucoup plus que l’oeuvre elle-même dans l’idolâtrie dont elle fait l’objet ici. Son statut de mythe sacré et intouchable est bien compréhensible: Au Québec, on ne doit pas s’en prendre à celle qui vient momentanément nuancer un sentiment de plus en plus répandu chez nous, celui d’appartenir à un peuple de perdants.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
17h14
astyanax nous ne parlons probablement pas de la même chose…
Céline Dion a un comportement en entrevue parfois semblable à d’autres qui ont été pour Guy Cloutier ou René Angélil…
L’émotion peut paraître non authentique ou fabriquée… Les p’tits Simard, Michèle Richard (mais là elle c’est un cas et toute une personnalité LOL)…
Le mystère pour moi c’est plus des stars de cinéma d’époque disons Katharine Hepburn…
Il est possible que Céline soit tourmentée parfois… Bon mais nous ne sommes pas là pour faire sa psychanalyse…
Moi je la crois ”blood” pour de vrai… Faudrait demander à des proches… Je l’ai entendue aussi dans des entrevues un peu plus de fond… Mais oui, elle peut s’interroger si elle est heureuse et se demander qui elle est…
Est-ce pour autant faux ? Oui les échos vedettes, star académie et tout c’est bien basé sur du faux… Et les choses qu’on appelle télé-réalité c’est vraiment monté sur du mensonge et du fake du début à la fin ou presque…
Je ne la connais pas personnellement alors je ne peux que faire part de mes impressions, je la crois vraiment sympathique. En dehors du show pour la télé… Faudrait demander à des musiciens ou artistes qui ont travaillé avec elle…
Je ne trouve pas qu’il y a grands mystères là-dedans elle peut avoir des secrets ou des choses qu’elle ne dit pas…
Le mystère est une qualité pour moi alors qu’elle, je ne l’ai jamais senti vraiment…
Puis je l’ai déjà dit, justement, les chaînes privées, commerciales de l’époque en la surdiffusant m’avaient fait touner bien plus vers la Chaîne culturelle, la CBC radio 2, CIBL, allez voir du classique à McGill…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
17h20
Pour la musique bien Kent Nagano dit aimer Céline Dion…
Moi je ne suis pas fan. Mais je crois qu’elle est ”blood”. Pas la même chose. Ou l’écouter à l’occasion, c’est pas si pire…
Elle ne s’adresse pas à des mélomanes…
Puis il y a aussi la toune de Mononc’ Serge… Qui pouvait et peut faire du bien quand on est excédé par Céliiine…
http://www.mononc.com/celine.html
C’est justement là sa ‘’simplicité” je crois que cela ne la dérange pas de ne pas plaire aux mélomanes et si certains peuvent aimer UN PEU… Bien c’est correct aussi…
astyanax
15 novembre 2009
17h28
@ lecteur
Ce que tu dis est très correct, mais quand Kent Nagano dit aimer Céline, eh bien je ne le crois pas une seule seconde! Comment pourrait-il dire le contraire?
Ceci dit, à cause de ce foutu blogue, j’ai passé le week-end à me mettre en boucle L’HISTOIRE DE MELODY NELSON que je n’avais pas écouté depuis longtemps. Tout de même, quel album INCROYABLE!
lecteur_curieux
15 novembre 2009
17h31
Mon premier paragraphe plus haut pouvait être pas clair.
En général d’une artiste, d’une diva, je veux qu’elle incarne plus de mystère et qu’elle me fasse rêver. Pas qu’elle ressemble à une femme travaillant chez Wal Mart ou chez Nickels. Ce qu’on sentait pour Céline Dion.
Un mythe aussi il faut que cela fasse rêver… Une femme dont des hommes rêvent la nuit…
Marilyn Monroe, oui… Pas Céline…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
17h39
Pour Kent Nagano…
http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/200809/08/01-658078-celine-dion-chante-de-lopera-pour-kent-nagano.php
Je crois moi qu’il est sincère mais qu’il aime parce qu’il est fasciné par… Des cinéastes ici veulent bien avoir Michèle Richard dans leurs films…
Des cinéastes aussi plus intellos auraient voulu avoir le célèbre Bud Spencer dans leurs films pour incarner un personnage… Mais lui ne voulait pas ou a accepté une ou deux fois de ”faire l’acteur”.
Je peux pas parler pour lui mais j’ai l’impression de quelque chose du genre…d’avoir un fantasme de faire quelque chose avec une chanteuse peuple…
En tous les cas à le lire je le sens fasciné par le phénomène mais pour faire quelque chose d’intéressant je crois qu’il faudrait lui ajouter beaucoup de poli, la diriger d’une manière bien différente…
unholy_ghost
15 novembre 2009
17h44
Lecteur, j’ai dit complexe, pas intelligente. Céline Dion, c’est une actrice. Elle joue à la fille “simple” quand elle est au Québec ou à Drucker. Elle joue à la française, avec l’accent gros comme le bras, quand elle est en France ou avec Denise Bombardier. Elle joue à la “fofolle” quand elle est avec Julie Snyder. Elle joue à la star quand elle est aux USA. Une apparence vide qui se moule sur son interlocuteur.
En gros, la fille simple, c’est un mythe. C’est comme Maurice Richard, un doux qui se faisait constamment frapper par les goons anglos. Richard était aussi violent que les autres.
En plus, l’ambition et son perfectionnisme de Céline sont un peu fou. Il y a plein de trucs bizarres: ses deux mariages de princesse, les cheveux de son fils, son rapport à sa mère, épouser son gérant qui pourrait être son père, spectaculariser son intimité (mariage, bébé éprouvette, etc.).
Pour moi, elle aurait été aussi bizarre que Bambi Jackson si elle n’avait pas une famille aimante.
Nagano va dire qu’il aime la poutine si ça peut le faire bien voir de la populace. De toute façon, pour un musicien classique le premier critère c’est la technicalité de la voix. Pour ça, Céline Dion est au top, ce n’est pas ça le problème. Authenticité, comme dit judicieusement Astyanax.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
17h57
ghost ton premier paragraphe ici, cela me rappelle ”I want to pogne” de RBO… C’est pas très complexe cela pour moi.
Pour mythe ? Moi c’est positif un mythe. Ce qui est mythique chez Maurice Richard ce sont ses yeux. Peut-être qu’il y a des légendes aussi sur lui ou des mythes populaires relié à son histoire…
Le mythe populaire qui faut que les artistes soient comme monsieur ou madame tout le monde…
Bon mais elle n’a pas la même vie que monsieur ou madame tout le monde… Mais elle est simple… Des personnes qui ”jouent” plus à la personne simple je dirais que ce sont des politiciens… Tiens Jean Chrétien qui faisait ”populiste” absolument…
Contrairement à Trudeau…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h02
Pour la complexité dont tu parles c’est celle disons interne… Celle de la personne et aussi les choses qui font que tu l’aimes pas…
J’aime pas ce cirque là non plus… Simplicité ? Cela doit être pour un sandwich aux tomates, qu’elle ferait à un de ses amis…
Et la simplicitié en musique je préfère une certaine complexité quoique cela peut être très simple si bien joué…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h07
C’est pas complexe que je vois dans ta définition mais plus peut-être tourmentée ou même complexée ou préoccupée par des choses internes mais dont elle ne veut pas parler ou fuit par le travail, le travail et le travail…
En tous les cas, elle a le don de faire parler beaucoup de gens ceux qui aiment comme ceux qui aiment pas… Pas fan je vous l’ai dit. Mais content pour elle mais je me demande si elle prend assez de temps pour se reposer et savoir justement vraiment ce qu’elle veut dans la vie…
Je sépare complètement le talent artistique du fait de trouver une personne sympathique… Ou lui souhaiter du bien…
astyanax
15 novembre 2009
18h09
C’est positif un mythe? Vraiment? N’a-t-il pas aussi sa part d’ombre?
Le mythe de Céline Dion ne sert-il pas essentiellement à s’en faire accroire?
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h20
Disons complexe comme peut l’être un miroir quand on s’y penche… Ce n’est pas un fille simple au sens où elle serait comme tout le monde. C’est ça le mythe, comme quand TVA dise qu’ils font “une télévision qui vous ressemble”. Le mythe de la “fille simple”, pour moi c’est exactement ce dont parle Barthes quand il parle de la Croisière du sang bleu. Dion-Angelil c’est notre royauté et on voudrait qu’ils nous ressemblent pour prouver que notre médiocrité pourrait aussi nous permettre d’être une grande vedette. Le mythe de Céline Dion c’est celui de son quasi-anagramme, Cendrillon: comment la petite Québécoise pauvre devient une princesse.
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h22
Cela dit, je crois que notre “médiocrité” aussi est un mythe…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h24
Un mythe peut avoir sa part d’ombre.
Et sur les mots, on peut s’obstiner longtemps. Les mots ont plusieurs définitions.
Céline Dion est peut-être une histoire populaire mais pour moi elle n’a pas le statut de mythe personellement.
Un mythe faut que cela fasse appelle à mon imaginaire…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe
Quelqu’un a cité Barthes, un de vous deux, bon c’est peut-être pas dans le même sens que moi je l’emploie.
Dans la page wikipédia sur un exemple je vois plus cela comme une définition d’un mythe/mensonge… Auquel je ne crois pas du tout…
Mais une chanteuse ou une actrice mythique par son jeu, ses yeux, sa beauté… Même si cela peut être exagéré…
James Dean est un mythe… Céline Dion, c’est peut-être une histoire populaire… Ou un succès populaire comme disons Mireille Mathieu à une autre époque ?
Je regarde son wikipédia elle… Plutôt que mythe je vous dirais alors le premier mot qui vient là l ‘ARCHÉTYPE…
Je trouve qu’il pourrait allé à Céline Dion aussi…
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h26
Mais tu sembles entendre le mythe aussi comme le AMERICAN DREAM…
Il peut y avoir du vrai dedans mais tout le monde sait que ce n’est pas tout à fait vrai si ce n’est pas un mensonge…
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h26
Réponse au quizz: le toutou est là pour cacher qu’elle est enceinte de Charlotte…
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h32
Je ne parle pas de l’aspect positif du mythe comme idéal glamour. J’entends “mythe” au sens de Barthes, c’est-à-dire une histoire à contenu idéologique que l’on se raconte pour évacuer le réel.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h32
J’ai dit Mireille Mathieu mais on pourrait dire la même chose de madame, j’oublie son nom, en Grande-Bretagne là dans la télé-réalité…
Je viens de la retrouver Susan Boyle…
Mais c’est la même histoire avec Céline Dion au début… Puis moi quand je l’ai vue, mais sur Youtube après coup comme tout le monde, j’ai senti tout de suite quelque chose de faux.
Non mais ils n’ont jamais vu cela une voix comme cela ?
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h37
On peut dire aussi qu’un mythe est une croyance propagée par la doxa qui fait oublier sa nature discursive.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h39
J’y ai répondu à ton quizz plus haut et j’ai trouvé la réponse grâce au web, bien sûr…
———————————————-
Je crois ghost aussi que tu fais une analyse disons sociologique de Céline Dion, et pour cela ton mythe oui cela peut s’appliquer…
Et je n’adhère pas à ce mythe là. Elle n’est pas une personne comme tous les autres ou monsieur ou madame tout le monde.
Moi je décris un aspect de sa personnalité, toi tu analyses je le sais pas ce que les gens peuvent penser d’elle faussement… Ce que je pense pour ma part, est-ce vrai ou faux ? Je ne l’ai pas cotôyée personnellement.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
18h45
Pour mythe moi disons j’entendais aussi plus Louis Cyr et sa force… Tout cela peut être vrai mais aussi exagéré…
Mythes, légendes, contes…
Alors que toi… Les mythes ce pourraient être ceux que veulent propager des pouvoirs, des idéologies…
L’Église, l’État, des régimes communistes ou même capitalistes…
Je le vois aussi dans ce sens là…
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h57
Ce n’est pas une question de vérité ou de mensonge. Louis Cyr pouvait être aussi fort qu’on le dit ou non. Il devient un mythe s’il personnifie un autre signifié (concept): la force des Canadiens français, etc. Ce mythe de la force vient évacuer le réel, c’est-à-dire la domination politique. Un mythe vient traduire une contradiction d’une culture.
unholy_ghost
15 novembre 2009
18h58
Pour revenir à Bélanger, DB est le mythe de quoi? Bonne question.
lecteur_curieux
15 novembre 2009
19h03
Ok alors…
Et Marilyn Monroe et James Dean le mythe c’est quoi ? La jeunesse éternelle ? La beauté éternelle ?
Je comprends mieux ?
unholy_ghost
15 novembre 2009
19h25
Oui, aussitôt que tu as le mot “éternel” tu es dans le mythe, puisqu’il s’agit de constructions discursives inscrites dans l’histoire (et donc appelé à changer avec l’histoire). Un mythe, c’est ce que la doxa décrète comme évident, éternel et naturel (alors que c’est complexe, historiquement daté et arbitraire).
James Dean c’est surtout le mythe de la culture adolescente apolitique qui se met en place dans les années 50 (rebel without a cause). Un marxisme dirait que c’est remplacer la lutte des classes par la luttes des générations.
astyanax
15 novembre 2009
19h33
Notre médiocrité est sans nul doute un mythe.
Mais le sentiment de notre médiocrité est lui bien réel…
unholy_ghost
16 novembre 2009
12h15
Un sentiment basé sur un mythe. Laferrière avant une phrase incroyable la semaine dernière: le Québécois en moi s’est dit qu’il ne méritait pas une récompense aussi prestigieuse; le Haïtien en moi s’est qu’il était temps!
Voici deux peuples francophones diamétralement opposés en tout. Un peuple fier, le premier à avoir acquis son indépendance face à sa colonie et qui n’a eu que la dictature depuis, ce qui en fait le peuple le plus pauvre du monde. Un peuple qui se croit médiocre, le plus vieux peuple à ne pas avoir accéder à son indépendance face à sa colonie, qui n’a eu que la démocratie sans l’avoir méritée, avec l’un des plus hauts niveaux de vie au monde, à la fine pointe de la technologie. On aurait beaucoup à s’apprendre.
astyanax
16 novembre 2009
12h20
«…le plus vieux peuple à ne pas avoir accédé à son indépendance face à sa colonie.»
Ceci explique cela…
unholy_ghost
16 novembre 2009
12h27
Effectivement…
unholy_ghost
16 novembre 2009
12h28
Mais les Québécois n’avaient pas ce sentiment dans les années 60-70. C’est récent.
astyanax
16 novembre 2009
13h26
Dans les années 60-70, la Révolution tranquille donnait l’impression qu’un pays était en train de naître, de se fonder. D’ailleurs, toute la poésie de cette période ne disait que cela au fond. Cet enthousiasme de la Révolution tranquille devait logiquement et fort naturellement culminer avec l’indépendance. En ce sens, le 20 mai 1980 apparaît comme le moment où cet élan s’est brisé, où nous avons refusé un destin qui s’annonçait pourtant inéluctable. De cet élan brisé, je crois que nous ne nous sommes jamais relevés.
Dans la mythologie grecque (tant qu’à parler de mythes…), les morts doivent absolument avoir droit à une sépulture pour renaître aux enfers. Sans sépulture, les âmes des défunts reviennent polluer le monde des vivants, semant autour d’eux la pourriture et les catastrophes. C’est ce qui arrive notamment à Thèbes à la mort de Laïos. Or, le Québec c’est cet enfant mort-né en 1980 qui n’a pas pu renaître ensuite et dont l’âme abandonnée nous gâche l’existence depuis lors.
unholy_ghost
16 novembre 2009
14h27
Wow!
lecteur_curieux
25 novembre 2009
17h06
Je viens d’entendre la version de Richard Desjardins du bon gars mais avec Daniel Bélanger plutôt que Michel Rivard…
”faire semblant que c’est transcendant”
Avec Orchestre symphonique…
Oui j’écoute l’émission de Monique Giroux présentement et il est invité.
helenelapuree
25 novembre 2009
18h18
“inepte” Vous y allez un peu fort. On ne peut pas comparer l’écriture poétique faite pour être lue, en soi ou aux autres, et l’écriture de chanson, la “poésie de chanson” comme dit Desjardins.
Des poèmes peuvent faire de bonnes chanson, mais pas tous. Et de grandes chansons mises en texte peuvent devenir plattes. Brassens disait “l’Auvergnat, sans la musique c’est pas grand chose”. Le rapport de la chanson à la poésie est celui de l’affiche à la peinture. L’affiche “est un télépgramme envoyé à l’oeuil”. La chanson se doit d’être simple, épurée. Elle peut
être prosaique et n’en être que meilleur. “Je me ferai teindre en blonde si tu me le demandait”, sur le papier quel platitude. Mais chanté, et par Piaf celà s’envole.
Belanger je l’vais quitté sur “sèche tes pleurs”. Je n’au jamais compris que la chanson n’ait pas été un grand succés chez les francophones d’Europes. Je l’ai retrouvé avec plaisir aux Francofolies. Il a une belle stature sur scéne. quand on reçoit un texte de son fauteuil on a pas le temps de décortiquer. Mais je trouve que ça défilait bien, justement une écriture simple, éfficace.Le seul hic: une articulation hasardeuse (en tout cas pour une française).Monsieur, de grâce, travaillez avec un professeur de diction, l’articulation c’est ce qui se corrige le plus vite.
davidspoutnik
9 janvier 2010
22h45
Suivre les commentaires sur cette page est une aventure de montagne russe fantastique…J’aurais juste voulu ajouter que moi, l’interlocuteur littéraire que Monsieur Brunet suggère ici à notre ami Daniel, j’aimerais bien qu’il se présente à moi.
Je m’explique: J’écris des chansons depuis très longtemps, mes tiroirs en débordent mais je me censure car je ne suis pas satisfait du résultat. Si quelqu’un voulait bien de donner un coup de main pour remettre ça sur le métier comme vous dites, j’en serais enchanté…
Très souvent, c’est de recul, simplement, dont nous avons besoin. Même que je pourrais très bien m’y coller avec Monsieur Bélanger, tiens, je lance l’idée. Je suis même très doué quand il s’agit des chansons des autres…en toute modestie hi hi !
Si quelqu’un se manifeste, répondez-moi ici et on trouvera bien un moyen
Merci !