Le blogue de l'édito

Le Mardi 9 février 2010 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Aucun commentaire

Sous l’uniforme, un monstre?

André Pratte

La folie meurtrière et sexuelle est toujours difficile à comprendre, et surtout à accepter. Le cas le plus récent l’est encore plus.

Le colonel Russell Williams. commandant de la base militaire de Trenton, a été accusé lundi du meurtre de deux femmes et d’agression sexuelle contre deux autres. Selon le Globe and Mail, d’autres accusations seront sans doute déposées contre lui.

williams_sLe colonel Williams, 46 ans, était considéré comme un officier d’avenir. Il a rempli avec succès toutes les missions qu’on lui a confiées, notamment l’envoi massif de secours en Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier. L’officier jouit d’une solide formation académique. Il est marié (sa conjointe travaille pour une organisation de bienfaisance); le couple venait d’aménager dans une belle maison à Ottawa. Bref, la vie rangée d’un homme rangé.

Russell Williams était aussi un adepte de photo et de course à pied. Il accordait d’ailleurs beaucoup d’importance à la santé de ses hommes. «Dans l’aviation militaire de nos jours, nous sommes appelés, sans avertissement, à entreprendre des missions complexes. Il est évident que c’est plus facile lorsque chacun est en bonne forme physique et mentale.» En bonne forme mentale… Il semble que ce n’était pas le cas de M. Williams lui-même.

On doit évidemment présumer de l’innocence de l’accusé, mais les circonstances de son arrestation sont troublantes. Il a été arrêté et interrogé dimanche. C’est après cet interrogatoire que la police a trouvé le cadavre de l’une des deux victimes. Lundi, lors de sa comparution, le colonel Williams était impassible.

Un ancien officier soulignait hier que pour grimper ainsi les échelons des Forces armées, un militaire doit avoir un comportement irréprochable. Si c’est bien lui le meurtrier, comment Williams a-t-il pu cacher de tous son côté monstrueux? Même sa femme n’aurait rien vu. Comment une personne peut-elle être d’un côté si performante et de l’autre, si malade?

La nature humaine ne finira jamais de nous surprendre, parfois pour le mieux, beaucoup trop souvent pour le pire.

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Le Mardi 9 février 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (25)

L’attitude qui nous manque pour défendre le français?

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NDLR: DANS LE BUT D’ENCOURAGER UN DÉBAT DÉMOCRATIQUE OUVERT ET RESPECTUEUX, LE BLOGUE DE L’ÉDITO NE PUBLIERA DÉSORMAIS QUE LES COMMENTAIRES SIGNÉS. MERCI DE VOTRE COLLABORATION.

Ariane Krol

J’ignore ce que ça va donner, mais je trouve l’initiative assez rafraîchissante. L’ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin empoigne le bâton du pèlerin et s’en va frapper aux portes des grandes organisations internationales pour y défendre la place du français. J’aime surtout l’attitude. M. Raffarin a annoncé son intention de développer «une intransigeance francophone», rapporte l’AFP. Pas quémander, ni même réclamer. «Exprimer, positivement mais en même temps avec fermeté, une certaine intransigeance francophone pour que les règles soient respectées», a expliqué l’émissaire français. Intransigeance comme dans : «On ne va pas reculer de 2,54 centimètres*».

Les Français ont le sens de la formule, c’est vrai. Pourtant, cette initiative ne semble pas qu’une affaire de mots creux. Le chargé de mission du président Sarkozy dit avoir eu un entretien entièrement en français sur la question avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. On se souvient combien la nomination d’un candidat ne parlant pas l’une des deux langues de travail de l’ONU avait choqué. M. Ban avait promis d’apprendre le français; c’est tout à son honneur s’il a pris le temps de le faire.

M. Raffarin vise aussi d’autres instances internationales – il cite l’Union européenne. Et les Jeux olympiques? Le français est l’une des deux langues officielles du Comité international olympique. Sur le terrain, c’est autre chose, rappelle notre chroniqueur Pierre Foglia. Sauf que si le français n’est pas plus présent à Vancouver qu’à Turin ou à Pékin, il sera difficile, cette fois-ci, de s’en prendre au CIO. M. Raffarin va-t-il rabrouer le pays hôte, dont le français est l’une des deux langues officielles?

Évidemment, l’ex-premier ministre risque de se faire remettre sur le nez la manie qu’ont ses compatriotes de saupoudrer leurs propos de termes anglais superflus. N’empêche, je trouve qu’il tient une piste. Un peu d’intransigeance ne nous ferait pas de mal au Québec, autant dans les services gouvernementaux que dans le niveau de compétence exigé des élèves. Qu’en pensez-vous?

* 1 pouce

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Le Lundi 8 février 2010 | Mise en ligne à 15h49 | Commenter Commentaires (19)

Gainey part : un autre chambardement chez le Canadien

373404-027_m.jpgPhoto Bernard Brault, La Presse

NDLR: DANS LE BUT D’ENCOURAGER UN DÉBAT DÉMOCRATIQUE OUVERT ET RESPECTUEUX, LE BLOGUE DE L’ÉDITO NE PUBLIERA DÉSORMAIS QUE LES COMMENTAIRES SIGNÉS. MERCI DE VOTRE COLLABORATION.

Jean-Pascal Beaupré

Guy Carbonneau. Saku Koivu, Alex Kovalev et la moitié des joueurs. George Gillett. Et maintenant Bob Gainey qui s’en va, avant la fin de son contrat. Décidément, l’organisation du Canadien n’est pas un modèle de stabilité.

Au milieu de tous les chambardements qui ont bouleversé le Tricolore depuis un an, seul le président Pierre Boivin a résisté à la tempête et est parvenu à rester en selle.

Ce n’est pas évident de bâtir une équipe compétitive quand un changement majeur n’attend pas l’autre. Depuis que Gainey a accédé au poste de directeur général en 2003, la Sainte-Flanelle n’est jamais parvenue à franchir la 2e ronde éliminatoire. Boucs émissaires quand les performances de l’équipe étaient chancelantes, les entraîneurs-chef ont (trop) souvent changé de visage derrière le banc. On peut se compter chanceux que le Canadien soit dans la course pour se tailler une place en séries.

À première vue, il est surprenant que Gainey quitte le navire alors que l’équipe connaît des jours meilleurs, malgré les blessures qui affligent plusieurs réguliers. Mais l’approche de la date limite des transactions aura peut-être joué un rôle dans le départ précipité de l’ancien capitaine du Canadien.

Personnage hautement respecté, Bob Gainey aura également su attirer la sympathie des amateurs de hockey lorsqu’est survenu le décès tragique en mer d’une de ses filles il y a quelques années, une mort qui l’a profondément marqué.

Alors que les Jeux olympiques prennent leur envol vendredi, il est fort à parier que ce nouveau tremblement de terre chez le Tricolore leur volera la manchette et leur portera ombrage pendant quelques jours. Nos athlètes olympiques méritaient un meilleur sort.

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