André Pratte
Mon collègue Denis Lessard a appris que, lors de la prochaine campagne électorale, le Parti québécois proposera aux Québécois non pas la souveraineté mais le rapatriement de la totalité des pouvoirs dans divers domaines.
Un gouvernement Marois garderait l’indépendance comme objectif à long terme mais dans l’immédiat réclamerait du fédéral l’exclusivité des compétences dans des secteurs telles l’agriculture et la culture. De plus, un gouvernement péquiste exigerait le rapatriement de tous les impôts, c’est-à-dire que les Québécois ne rempliraient désormais qu’un rapport d’impôt. Québec verserait ensuite au fédéral sa quote-part.
En cas de refus d’Ottawa – un refus prévisible dans la plupart des cas – Mme Marois pourrait tenir des référendums sectoriels pour obtenir l’appui des Québécois à ses revendications.
Les Québécois sont généralement favorables à ce que leur gouvernement provincial dispose de plus de pouvoirs. C’est assez curieux, d’une certaine façon, puisqu’ils sont en même temps insatisfaits de la façon dont il s’acquitte de ses obligations dans les domaines où il a entière compétence, en particulier la santé et l’éducation. Quoi qu’il en soit, un gouvernement du Québec qui réclame quoi que ce soit du fédéral a toutes les chances d’avoir les Québécois de son côté.
La stratégie péquiste est donc habile. Si des ententes sont conclues avec Ottawa, le PQ en obtiendra le crédit et fera «avancer le Québec». Chaque entente de ce genre diminuera un peu plus la présence du fédéral au Québec, donc les liens des citoyens avec ce gouvernement déjà lointain, ce qui favorisera l’option indépendantiste.
Si Ottawa refuse de céder, il se créera un climat de crise qui… favorisera l’option indépendantiste. Pour le PQ, c’est donc gagnant-gagnant. Reste à savoir ce que la population québécoise gagnera dans toutes ces gué-guerres Ottawa-Québec alors que tant de problèmes concrets restent à régler.























