André Pratte
Les données les plus récentes de Statistique Canada sur les effectifs universitaires ajoutent une preuve de plus à l’encontre de la thèse selon laquelle des droits de scolarité bas encouragent les études.
Selon ces données publiées lundi, le nombre d’étudiants de premier cycle dans les universités canadiennes a augmenté de 17,6% de 2002-2003 à 2007-2008. C’est en Ontario (29,8%) et en Colombie-Britannique (29,7%) que la population étudiante a le plus augmenté. Or, l’Ontario est, après le Nouveau-Brunwick, la province où étudier à l’université coûte le plus cher (en moyenne 5388$ par an, pour un étudiant à temps plein au premier cycle). Ce coût a augmenté de 15% au cours des cinq dernières années. Ça n’a pas freiné la croissance des effectifs.
Le cas de la Colombie-Britannique est encore plus spectaculaire. De 2002-2003 à 2007-2008, les droits de scolarité moyens sont passés de 3176$ à 4922$, un bond de 55%. Impact sur les effectifs? On l’a vu plus haut, une hausse de près du tiers.
Et au Québec? Le gel des droits (qui a pris fin il y a deux ans) n’a pas eu de résultats spectaculaires. En cinq ans, le nombre d’étudiants du premier cycle universitaire a augmenté de 11%, sensiblement moins que la moyenne canadienne (17,6%). En 2002-2003, les effectifs québécois représentaient 22,6% des effectifs totaux du pays; cinq ans plus tard, cette proportion a glissé à 21,4%.
D’ici 2012, les droits de scolarité annuels auront augmenté de 500$ au Québec, une hausse significative de 30%. On verra quel effet cela aura sur les effectifs (en tenant compte d’autres facteurs qui peuvent jouer aussi, notamment la conjoncture économique). Mais même à 2168$ par an, ces droits resteront beaucoup moins élevés que dans les autres provinces. Qu’est-ce que ça donne, outre priver nos universités de précieux revenus?























