André Pratte
Pauline Marois, Gilles Duceppe et nombre de députés péquistes et bloquistes participeront au Moulin à paroles de la fin de semaine prochaine. Par leur présence, ils cautionneront le choix du manifeste du FLQ comme un des textes essentiels de l’histoire du Québec.
Je ne reviendrai pas sur mes arguments du blogue précédent. Sauf sur un aspect: dans les mêmes circonstances, qu’aurait fait René Lévesque? Ceux qui l’ont bien connu pourront mieux répondre que moi.
Néanmoins, j’ai beaucoup de mal à imaginer que M. Lévesque se présenterait à un tel événement, quelles que soient ses qualités artistiques et autres.
Je me souviens de sa réaction lorsque, à l’automne de 1981, les militants du Parti québécois avaient réservé une ovation gigantesque à Jacques Rose. Il était furieux. «Je n’en crus pas mes yeux. C’était Jacques Rose, l’un des membres de la cellule qui avait assassiné Pierre Laporte en 70, raconte-t-il dans ses mémoires. Parmi les applaudissements qui fusaient alors de plusieurs coins de la salle, on entendit même une voix qui saluait avec ferveur un des «vrais pionniers de la libération»! C’était le bouquet.»
Bien sûr, le manifeste du FLQ fait partie de notre histoire, on ne peut pas le nier. Mais le lire lors d’un événement visant «rendre hommage aux gens d’ici et d’ailleurs qui, part leurs mots, leurs écrits, leurs voix ont façonné ce coin du monde» (communiqué des organisateurs, 5 septembre), c’est lui donner une importance, une valeur, une noblesse qu’il ne mérite pas. Il me semble que les chefs de partis qui se targuent de vouloir obtenir la souveraineté du Québec par des moyens démocratiques devraient se tenir à cent lieues.
Et voilà que les organisateurs accusent le gouvernement Charest de vouloir les «censurer». Comment ça? Le gouvernement a simplement fait savoir qu’il ne participerait pas à l’événement, en quoi est-ce de la censure? La censure ne se trouvait-elle pas du côté de ceux qui, le printemps dernier, ont menacé de perturber la reconstitution de la bataille de 1759, forçant ainsi la Commission des champs de bataille à annuler l’événement?























