Mario Roy
Sur le plan local, les Québécois sont des victimes. Victimes des Anglais, des Américains, des capitalistes, du fédéral, des politiciens… bref, de tous ceux qui seront énumérés lors de la lecture du Manifeste du FLQ sur les Plaines d’Abraham.
Cependant, sur le plan global, nous, Québécois de souche, sommes des bourreaux. Et ce, tout simplement parce que nous sommes des Blancs d’origine européenne et de culture judéo-chrétienne. Tous ceux-là, sans exception, sont coupables !
De sorte qu’il ne reste plus qu’à expier en présentant des excuses et en versant des dédommagements à tous ceux qui, globalement, sont nos victimes et nous le réclament. Racisme, esclavage, impérialisme, colonialisme, exploitation, conquête, génocide… rien de cela n’est jamais venu que de nous.
C’est en sens que je parle, aujourd’hui, en colonne éditoriale, d’abus de l’Histoire.
À ce sujet, l’un des penseurs les plus intéressants à lire est certainement Pascal Bruckner (photo), qui a notamment livré Le Sanglot de l’homme blanc (1983) et plus récemment La Tyrannie de la pénitence (2006).
C’est dans celui-ci qu’il décrit ainsi le fond de sauce de la rectitude politique occidentale : “L’homme blanc est génétiquement déterminé à tuer, massacrer, violer (…). C’est plus fort que lui. Sa couleur de peau n’est pas seulement affaire de pigmentation, c’est un défaut moral, une tare inexpiable…”
En bref, on lira une entrevue de Bruckner réalisée par le collègue Roch Côté (ici, dans L’Actualité ).
Alors, comment on se sent, victime et bourreau à la fois ?…






















