Sophie Cousineau

Le Lundi 8 février 2010 | Mise en ligne à 18h21 | Commenter Commentaires (7)

PDG clandestin

Malgré son heure de diffusion tardive, à la suite du Super Bowl, difficile de résister à la tentation d’écouter Undercover Boss, la dernière émission de CBS que ce réseau américain a fréquemment pistonnée durant le match, hier soir.

Pour tout journaliste d’affaires, la proposition est franchement séduisante : observer un PDG qui travaille incognito au bas de l’échelle de sa propre entreprise.

Disons que le premier candidat, Larry O’Donnell, président et chef de l’exploitation de Waste Management, une entreprise avec un chiffre d’affaires de 13,4 milliards US, a vraiment mérité son salaire ! Il avait du mal à marcher le soir venu, tellement il était fourbu à la fin de sa journée de travail.

En une semaine, il a trié des matières recyclables et des rebuts, lavé des toilettes portatives, ramassé (ou plutôt tenté de) des papiers qui volaient au vent, suivi au pas militaire une femme-orchestre et passé une journée comme apprenti à bord d’un camion de collecte d’ordures.

Résultat : Larry O’Donnell a fait dérailler la production dans un centre de tri, dépassé par le rythme de la convoyeuse. Et il s’est fait virer (une première dans sa vie) parce qu’il était incapable de ramasser des papiers à la même vitesse que son contremaître, un homme qui suit des traitements de dialyse après avoir perdu l’usage de ses reins !

Ce grand patron a aussi été horrifié d’apprendre qu’une femme conduisant l’un de ses camions est contrainte d’uriner dans une grosse boîte de conserve afin d’atteindre les cibles de productivité qu’il a lui-même fixées, n’ayant pas le temps de prendre des pauses pipi dignes de ce nom.

Évidemment, nous sommes à la télé américaine : tout est bien qui finit bien. Les employés sont émus d’apprendre qu’ils ont travaillé avec leur grand patron et ne se sentent pas dupés par cette supercherie. Les irritants sont corrigés. Le petit patron mesquin qui retire des minutes de paie à ses employés est réprimandé.

La dame qui abattait le travail de trois ou quatre collègues est même promue à la direction de son usine, ce qui la rend éligible à une prime qui lui permettra de conserver sa grosse maison, menacée d’être saisie par les banquiers. Bref, les injustices sont corrigées. 

Des questions m’ont toutefois chicotée dans cette émission qui semblait scénarisée dans les moindres détails. Comment se fait-il que le grand patron soit à ce point ignorant des conditions de travail de son entreprise, conditions à ce point difficiles que même les employés les plus bûcheurs peinent à arriver ? Et maintenant que les «cas» de ces cinq employés sont réglés, est-ce que Larry O’Donnell changera sa façon de gérer cette entreprise de près de 46 000 employés ?

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Le Lundi 8 février 2010 | Mise en ligne à 10h16 | Commenter Commentaires (12)

Super Bowl XLIV : un mauvais cru pour la pub

Tout le monde aime jouer le quart arrière du lundi matin pour discuter des publicités les plus marrantes ou percutantes du Super Bowl.

Traditionnellement, rappelons-le, de grands annonceurs profitent de cet événement de grande écoute pour lancer leur nouvelle campagne de communication. Certains annonceurs étroitement associés au Super Bowl ont toutefois choisi de se distancer de l’événement cette année. C’est le cas de Pepsi, qui a canalisé ses fonds à des organismes de bienfaisance sélectionnés par des consommateurs.

Le panel sélectionné par le quotidien USA Today a couronné le message télévisé de la tablette de chocolat Snickers, de Mars, comme meilleur spot de la soirée. Un joueur de football affamé, qui n’est pas à son meilleur, est joué par la vraie Betty White, une vieille actrice de sitcom, archiconnue aux États-Unis.

Cette pub ne m’a même pas arraché un sourire. Peut-être qu’il faut être un Américain ou un gars pour la trouver drôle. Ou peut-être que c’était ennuyeux, tout simplement.  

En fait, en visionnant les meilleurs pubs de la soirée – elles sont toutes ici – j’ai été frappée par la pauvreté de ces messages, d’un humour souvent grossier. Pas de flash de génie. Pas de grands messages avec une portée plus universelle. Le bébé d’ETrade n’a-t-il pas fait son temps ?

Il n’y a que le message de Volkswagen, où tout le monde se «pichenotte» fort à la vue d’une Volks – comme mon frère et moi le faisions sur la banquette arrière lorsque nous étions petits - qui m’a fait rigoler.

À trois millions de dollars la minute, on s’attend à mieux. Autant le Super Bowl a offert un excellent match, autant les annonceurs n’ont pas été à la hauteur.

D’accord ou pas ?

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Le Vendredi 5 février 2010 | Mise en ligne à 11h54 | Commenter Commentaires (20)

Hyundai de retour au Canada ?

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Les affaires de Hyundai vont tellement bien au pays que ce constructeur coréen évoque maintenant la possibilité de construire une usine au Canada d’ici 10 ans. C’est la déclaration pour le moins étonnante qu’a faite Steve Kelleher, président de Hyundai Canada, en entrevue à la Presse canadienne.

Hyundai est l’un des rares constructeurs à avoir profité de la récession en 2009. Tandis que l’industrie de l’auto a vu ses ventes chuter de 13% au Canada, ce fabricant a progressé de 26%.

Pour la première fois au pays, ses ventes ont passé la barre des 100 000 véhicules. Résultat : la part de marché de Hyundai a grimpé de 4,9% en 2008 à 7,1% en 2009.

Ce n’est pas seulement parce que les véhicules de Hyundai sont attrayants en raison de leur bas prix. C’est aussi parce que Hyundai, qui a longtemps été associé à des voitures de piètre qualité, a travaillé fort pour améliorer ses véhicules et changer son image de fabricant de tacots. 

Évidemment, un possible retour de Hyundai au Canada suscite des sentiments partagés chez les Québécois qui se souviennent du feuilleton de l’usine de Bromont. Cette usine des Cantons de l’Est a fermé ses portes en 1994 après avoir essuyé de lourdes pertes pendant cinq ans, envoyant 850 travailleurs au chômage.

Les gouvernements du Québec et du Canada avaient offert des subventions de 110 millions de dollars au constructeur coréen pour qu’il s’établisse à Bromont. Toutefois, seulement 46 millions avaient été versés au moment de la fermeture. 

Construite au coût de 450 millions de dollars, l’usine n’a jamais tenu ses promesses. Au sommet de sa production, elle assemblait 20 000 voitures par année, ce qui est bien en deçà des 100 000 véhicules prévus à l’origine. Désaffectée, l’usine abrite maintenant un fabricant d’éoliennes.

Bromont a été un vrai cauchemar financier pour Hyundai, qui a fini par vendre son usine pour une bouchée de pain (moins de 3 millions !). Aussi, il serait étonnant que ce constructeur coréen revienne en ces terres. Et encore plus au Québec, qui est très excentré par rapport au cœur de l’industrie automobile, situé au sud de l’Ontario.

Bref, si Hyundai revient un jour au Canada – et c’est un gros si -, le Québec ne devrait pas trop entretenir de grands espoirs… 

Et oui, c’est Jean Charest qui a inauguré l’usine de Hyundai de Bromont, alors qu’il était ministre dans le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Parions que le premier ministre n’aura pas cette chance une seconde fois. Photo de Pierre McCann, de La Presse.   

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