Sophie Cousineau

Le Mardi 5 mai 2009 | Mise en ligne à 9h21 | Commenter Commentaires (41)

La Caisse doit-elle sauver nos grands sièges sociaux ?

Publié dans la catégorie Général

Est-ce que la Caisse de dépôt et placement du Québec devrait investir massivement dans les plus grandes entreprises du Québec, pour prévenir toute mainmise étrangère ? C’est ce que pense François Legault, critique aux finances du Parti québécois.

Le député de Rousseau s’inquiète pour Bombardier. Mais cet exemple est plutôt mal choisi, parce que la famille Beaudoin/Bombardier contrôle fermement l’entreprise grâce à ses actions à droit de vote multiple.

En revanche, il a tout à fait raison de se préoccuper du sort de la firme d’ingénierie SNC-Lavalin, du consultant en informatique CGI ou de la Banque Nationale du Canada, entre autres exemples. Rien n’empêche que ces sociétés fassent l’objet d’une offre publique d’achat non sollicitée.

La vague de fusions et d’acquisitions s’est cassée, avec l’assèchement du crédit facile, mais elle reviendra. Et en ce moment, les actions sont encore fortement dépréciées, ce qui abaisse le coût potentiel des acquisitions.

Michal Sabia, le nouveau président et chef de la direction de la Caisse, ne pense pas que ce soit la meilleure façon, pour la Caisse, de contribuer au développement du Québec. Lors de sa comparution devant la commission des finances publiques, hier, il a fait valoir que les fonds de la Caisse seraient mieux investis dans les entreprises de taille moyenne, les multinationales de demain. Sur ce sujet, lire ma chronique ici.

Surtout que d’investir dans les grandes entreprises du Québec reviendrait à mettre beaucoup d’œufs dans le même panier. Une stratégie risquée, si les rendements ne sont pas au rendez-vous. Elle pourrait mettre en péril les fonds que les Québécois ont mis de côté pour leurs vieux jours.

Michael Sabia calcule que la Caisse devrait investir entre 25 et 30 milliards de dollars pour obtenir une participation assez élevée pour bloquer une acquisition dans les 25 ou 30 plus grandes entreprises du Québec. C’est près du quart de l’actif net des déposants de la Caisse, qui s’élevait à 120 milliards de dollars, au 31 décembre dernier.

Dans le seul cas d’Alcan, acquis par Rio Tinto pour plus de 38 milliards de dollars américains, la Caisse aurait été contrainte de miser une somme colossale sur ce seul producteur d’aluminium. Or, aujourd’hui, Rio Tinto se mord les doigts d’avoir payé si cher pour Alcan.

Étude universitaire à l’appui, François Legault fait toutefois valoir que les investissements «de proximité», dans les marchés que l’on connaît le mieux, sont généralement plus rentables que ceux éparpillés aux quatre coins de la planète, dans des marchés éloignés.

Qu’en pensez-vous ?

  • C’est un moyen parmis plusieurs de protéger les compagnies de la main mise étrangère.

    Les USA eux ont plus souvent qu’autrement recours à la sécurité intérieur pour justifier le contrôle de certaines industries. Juste à penser lorque Dubaï port Dubaï Ports World qui suite à son rachat de la compagnie britannique P&O (pour 6,8 milliards de dollars), devait prendre le contrôle de six ports américains (New York, Philadelphie, Newark, Miami, La Nouvelle-Orléans et Baltimore).

    Mais l’opération a très vite pris un tournant politique outre-Atlantique. Les parlementaires, démocrates et républicains, s’y sont rapidement opposés au nom de la sécurité intérieure des Etats-Unis. http://tf1.lci.fr/infos/monde/0,,3289275,00-ports-americains-deviendront-arabes-.html

    Ou lorsque le gouvernement Chinois a essayé en vain d’acheter Unocal par CNOOC si je ne m’abuse.

  • Il me semble que si la CDPQ détenait un bloc important d’une entreprise québécoise et qu’une firme étrangère (pour le PQ, ça peut vouloir dire Toronto…) faisait une OPA qui permettrait à la caisse d’empocher un gros profit, elle serait prise dans une situation où quoiqu’elle fasse, elle serait la cible de critiques. Si elle vend, elle se fait accuser de brader nos fleurons aux étrangers, si elle bloque la transaction, elle se fait ramasser parce que ces rendements sont inférieures aux autres fonds…
    Le mandat de la Caisse devrait se limiter à maximiser son rendement. C’est la seule façon de nous éviter de futures hausses de cotisations à la RRQ…

  • Encore…

    Non mais ça va durer combien de temps le fait que des politiciens se mettent le nez dans le gestion de la caisse pour l’endogmer des principes de leur parti ?…

  • Oui, la Caisse devrait en faire beaucoup plus pour s’assurer que les sieges sociaux restent à Montréal. Çà ne veut pas nécessairement dire d’y aller massivement et d’acheter tout ce qui existe. Mais entre tout et le néant actuel, il y a surement un juste mileu.

  • Le principal facteur pour acheter une action ordinaire est sa plus-value éventuelle, pas son droit de vote. Agir autrement trahit le principe de saine gouvernance des gestionnaires de la caisse de retraite et va contre les intérêts des propriétaires de celle-ci.
    La CDP appartient à ses déposants, pricipalement REGOP et la RRQ.
    La CDP ne doit pas servir d’instrument politique.

  • Pourquoi est-ce que le gouvernement ne prendrait pas directement une minorité de blocage dans chacun des fleurons québécois ? Si nous y sommes tous collectivement attachés, est-ce que cela ne serait pas le meilleur moyen de garantir que nos sièges sociaux restent tous au Québec ?

  • Je pense que chacun d’eux a raison à sa manière. Quand M. Sabia montre l’exemple de Alcan et Rio Tinto, c’est bien évident. Et je pense comme lui qu’il ne faut pas mettre, disons, le quart de la valeur de la Caisse dans une seule et unique entreprise.

    Et je trouve que M.Legault a raison quand il dit de ne pas s’éparpiller partout ailleurs. Ne dit-on pas “loin des yeux loin du coeur”?

    En fait, il faut faire comme le bon père de famille qui pense à l’avenir des siens. Il sonde les reins et le coeur des entreprises, afin d’être certain qu’il les connaît à fond et qu’il peut investir en confiance.

    Selon moi, il y a un aspect qui ne doit pas être négligée, même quand on est un investisseur professionnel. Voyez M. Guy Laliberté, qui dit ne pas investir à la Bourse, mais seulement auprès d’entreprises qu’il connaît, qui sont créatives, gérées de façon responsable, dont le financement est monté de manière solide, dont l’avenir est raisonnablement assuré, et qui, surtout, contribueront au rayonnement international du Québec.

    Je ne veux pas dire qu’il faut s’en tenir uniquement à cela. Il doit y avoir des dizaines d’autres critères, je suppose, et je suis loin de m’y connaître en investissements. Seulement j’ai pu constater dans mon entourage combien il est difficile de savoir ce qui se passe vraiment quand la “business” ne va pas bien, qu’elle est à 100 milles de chez-vous, et qu’elle est menée (gérée) par d’autres.

  • C’est la responsabilité des politiciens d’établir une politique pour “sauver nos grands sièges sociaux”. La CDP ne devrait pas être aux services des politiciens.

  • François Legault, où l’art de “chialer” sans ne jamais rien avancer!!

  • Les propos de Legault et le débat incessant autour de la caisse ne démontre qu’une chose:

    Tôt ou tard des politiciens mettront main basse sur l’argent de la caisse pour assouvir leur penchants idéologiques ou autres plans….

  • M. Legault semble se faire un plaisir d’avancer sans cesse n’importe quoi. Comme si le fait d’investir uniquement au Québec aurait empeché les pertes de la Caisse.

    D’ailleurs, la Caisse va faire une gestion indicielle de ses actifs internationaux…gardant la gestion active pour les “marchés de proximité”. Que veut-il de plus?

    Pourquoi sans cesse trouver des mandats sociaux pour la CDP? Est-ce que les enseignants ontariens font de même avec TEACHERS’? J’en serais très surpris.

  • La Caisse doit faire de l’argent. Si elle n’en fait pas assez, je vous laisse deviner qui paiera ultimement la note…

    …mais pour ceux qui ne savent pas deviner, ce sont les jeunes travailleurs! Et je crois qu’ils sont très…très suffisamment taxés à l’heure actuelle!

    La Caisse peut bien investir à l’international. Elle sous-performe les indices de référence? Pas de problème…elle n’a qu’à calquer ces indices! Ça lui coûtera en plus beaucoup moins cher de personnel, alors le Québec en sortira doublement gagnant.

    Avez-nous besoin de 300 comités grassement payés (encore des taxes…) pour comprendre ça?

  • Tant qu’à faire, le gouvernement peut simplement nationaliser les compagnies québécoises qui sont la cible d’acquéreurs étrangers.

    Dans quelques années, comme par magie, nous seront tous fonctionnaires avec un fonds de pension garanti. Il ne restera qu’à faire l’indépendance pour avoir le droit d’imprimer l’argent qu’il faut.

    Vraiment n’importe quoi!

  • Je suis avec beaucoup d’intérêt depuis ses débuts le parcours honorable de notre Caisse nationale.
    En 1965, un des instigateurs de l’idée d’une Caisse de dépôt et placement, André Marier, directeur de la planification au ministère de René Lévesque, a demandé mon avis sur une ébauche de projet.
    C’était une démarche logique à faire car j’étais Commissaire industriel adjoint du Québec et directeur du développement régional au Ministère de l’industrie et commerce, dirigé par Gérard D. Levesque. Comme responsables du développement économique, nous étions constamment confrontés au sous-financement des entreprises dû à l’absence d’institutions spécialisées.

    Il faut dire que le mouvement Desjardins était généralement alors absent du financement des entreprises, se concentrant sur les besoins de ses membres.

    Nous avions d’ailleurs été les instigateurs pour amener en 1962 la Banque Royale et la Banque Nationale à créer une co-entreprise de financement industriel appelée Roynat dont le premier patron fut Marcel Boudreau. C’était déjà une nouvelle porte où frapper pour les PME.

    Le projet d’une Caisse de Dépôt et Placement du Québec, largement inspirée de la Caisse de Dépôt et Consignation française, a donc reçu notre accueil enthousiaste, car à notre avis, elle comblerait l’absence de fonds importants qui pourraient être disponibles pour les grandes entreprises et celles qui auraient des projets structurants pour nos quatorze régions administratives (devenues dix-sept par la suite) ou le MIC avait des délégués régionaux, sous ma direction, qui nous alimentaient de bons dossiers d’investissement.

    On connaît la suite. Le premier ministre Jean Lesage fut séduit, à Paris, par les arguments des cousins français, à Québec, par le dossier béton des fonctionnaires et conseillers mais surtout, à Ottawa, par la tentative d’intrusion du gouvernement fédéral pour subtiliser l’épargne québécoise dans un régime ma ficelé. Le premier-ministre du Québec, le libéral Jean Lesage, fort de sa popularité et avec un meilleur dossier eut le meilleur sur le premier-ministre fédéral, le libéral Lester B. Pearson, dirigeant alors un gouvernement minoritaire.
    (Pour la petite histoire, Pearson est le beau-père de l’actuel PDG de la Caisse, Michael Sabia)

    On sait que la Caisse a très peu joué le rôle de financement du développement régional, ce qui explique la mise sur pied d’autres instruments d’accompagnement des investisseurs: la Société Générale de Financements (SGF), la Société d’Investissement Industriel, rebaptisée Investissement Québec qui a repris certains des organismes sectoriels qu’étaient REXFOR, SOQUEM, SOQUIP etc., Cette dernière supervise depuis peu les fonds d’investissement en régions, les FIER qui depuis peu suscitent des débats sur le détournement avéré de leu objectif premier.

    Comme ancien artisan du développement économique du Québec, au Québec et à l’étranger, je regrette que la Caisse ne contribue pas assez à l’accompagnement des entreprises québécoises.
    Dans sa stratégie louable de diversification de ses placements, la Caisse ne doit pas oublier que c’est la prospérité des entreprises d’ici et la prospérité des citoyens du Québec qui alimentent les différents déposants clients de la Caisse.

    Évitons la propagande oiseuse disant que la présence du sous-ministre des finances au conseil d’administration de la Caisse serait mal perçue par les Agences de notation.
    Ils respectent trop l’expertise des spécialistes du Ministère des finances du Québec qui gèrent habilement la dette extérieure et domestique du Québec, qui à bientôt cent-trente milliards, dépasse l’actif de la Caisse.

    Je me permet de répéter mon commentaire du 18 février suite à un éditorial d’André Pratte:

    “Vivement une relecture des principes et pratiques des pères fondateurs, Jean Lesage, René Lévesque, Daniel Johnson (père), Jacques Parizeau, Michel Bélanger, André Marier, Bernard Landry, Jean Campeau, Jean-Claude Scraire, et du premier président, Claude Prieur à qui j’ai souvent servi de courrier avec la Caisse de Dépôt et Consignation de France, alors que j’étais Conseiller économique du Québec à Paris entre 1965 et 1969.

    Selon ces principes, la Caisse doit viser le meilleur rendement possible, doser l’équilibre entre la sécurité et le risque, entre le Québécois et l’étranger, mais toujours en respectant l’investissement moral et éthique”.

    Jean-Yves Papineau
    Mont-Tremblant

  • zyrianes: Assez cocasse votre intervention. Elle représente bien l’ignorance d’une partie importante de la population québécoise face à l’histoire de la Caisse de dépôt.

    Vous dites que c’est la responsabilité des politiciens d’établir une politique pour sauver nos grands sièges sociaux. Bien! Vous avez tout à fait raison. Tous les gouvernements du monde l’ont compris. Mais savez vous que la CDPQ a justement été crée par le politique pour constituer un levier important pour les entreprises de chez-nous? Savez-vous faire la différence entre une banque et la CDPQ? Si vous répondez non à cette question, vous êtes membre en règle de la fraternité des ti-counes qui pensent que le seul et unique mandat de la CDPQ est le rendement. On voit d’ailleurs où cette pensée magique nous a conduit.

    Le Grand Jacques Parizeau, qui connait mieux le mandat et l’histoire de la CDPQ que tous les blogueurs réunis, l’a assez bien résumé: Il est complètement absurde de prôner l’indépendance totale de la CDPQ face au politique alors que ce sont les politiciens, NOS représentants, qui l’ont crée. Plus les politiciens tiendront un discours aberrant du genre *nous n’intervenons pas dans la gestion de la Caisse de dépôt* plus la Caisse de transformera en une simple institution financière comme les autres. Il ne s’agit pas que la CDPQ devienne une marionnette du politique. Il s’agit cependant que le politique veille au grain et rappelle, de temps à autre, aux dirigeants de la Caisse qui souffrent d’amnésie volontaire, que la Caisse a également le mandat de contribuer au développement économique des entreprises de chez-nous avant de se lancer corps et âme dans des projets parfois douteux sur la scène internationale.

    Monsieur Sabia a mentionné, dans une réplique sans doute préparée par le service des communication de la CDPQ qu’il était catholique mais pas Jésuite. Je suis d’accord avec cette formule. Encore faudra-t-il qu’il nous démontre qu’il est, pour reprendre son expression, catholique. Disons, pour être poli, qu’il a un héritage qui fait qu’on peut douter de sa nouvelle profession de foi.

  • Monsieur Papineau: Merci de contribuer de manière aussi significative à remettre les pendules à l’heure.

  • Si l’analyse de la valeur actuelle nette est positive et est plus rentable ou égales à d’autres types d’investissements comparables alors c’est oui.

    Je veux que ceux qui gèrent mon fonds de pension prennent une décision éclairée en tant qu’investisseur. Si c’est pas rentable, je ne suis pas intéressée à financer des investissements qui me donneront pas une retraite du moins ce qui va en rester…

    Par contre, je ne comprends pas pourquoi que le gouvernement du Québec n’intervient pas plus qu’il faut. C’est le gouvernement qu’il va être pris par les problèmes de chômages et les problèmes sociaux implicitent aux déménagements des grands centres sociaux.

  • Je suis en accord avec la plupart des répondants, pour moi la caisse doit avoir comme objectif premier, le rendement, ce n’est pas un outil de développement économique (pour ça, y a Investissement Québec et autres). Maintenant, est-ce que nous devons faire quelques choses, surement, mais je dirais qu’effectivement, les moyennes entreprises sont plus à regarder, nous sommes dans une période ou plusieurs entrepreneurs qui ont fondé des entreprises prospères et qui songent désormais à vendre pour prendre la retraite, ces entreprises sont dans le collimateur de plusieurs entreprises étrangères et à la fin, nous allons nous retrouver avec rien du tout ici, tout sera contrôleé entièrement par les étrangers, ça c’est inquiétant.

  • Coup d’épée dans l’eau. De toutes façon il faut choisir: financer nos canards boiteux ou obtenir des rendements acceptable, d’une manière ou d’un autre l’addition sera présentée aux contribuables et aux retraités. On ne peut pas avoir le beurre, et l’argent du beurre.

    Il vaudrait mieux s’attaquer aux raisons fondamentales qui expliquent l’exode des sièges sociaux ou le rachat des compagnies québécoises par des capitaux étrangers: fiscalité abrutissante (pour les entreprises comme pour les salariés), arbitraire du système des crédits d’impôts (qu’il faudrait carrément abolir), syndicats maffieux, et tracasseries admnistratives en tout genre ou le Québec est assurément parmis les champions du monde.

    Malheureusement il est beaucoup plus proble que rien ne change et que l’économie québécoise continue à imploser sous le poids de sa bureaucratie.

  • pourquoi ne pas transférer la Caisse au CPP?

  • Point n’est besoin d’être un sale Pékiss pour comprendre l’importance du maintien des sièges sociaux et centres décisionnels au Québec.

    Point n’est besoin d’être un sale Pékiss pour comprendre que la Caisse de Dépôt peut rendre de plus grands services à la société Québécoise si elle devait y sacrifier une partie du rendement pour y gagner le maintien de milliers d’emplois.

    La Caisse de dépôt n’est pas une banque d’affaires. Elle gère notre bas de laine, certes, mais elle doit contribuer non seulement à la prospérité des Québécois en tant qu’individus, mais également à la prospérité des Québécois en tant que société.

    Je ne suis pas plus avancé si mon bas de laine grossit en même temps que l’assiette fiscale s’étiole comme peau de chagrin; car l’érosion de l’assiette fiscale contribue elle-même à freiner la croissance du bas de laine.

    Quand un centre de décision est délocalisé, de Montréal vers Zurich ou même de Montréal vers Toronto (Allo, Titi!), les liens d’affaires se dénouent, pour se renouer ailleurs. Et le réseau des fournisseurs, à titre d’exemple, se déplace; c’est une perte pour Montréal, pour le milieu des affaires de Montréal et pour l’ensemble des contribuables du Québec.

    - – -

    Un exemple, à plus petite échelle.

    Noranda Mines est née à Rouyn-Noranda, et Rouyn-Noranda s’est construite autour de “la mine”. Le siège social a été établi à Toronto mais la direction locale achetait son matériel roulant, ses équipements et ses crayons sur le marché local. Un jour, la direction locale a perdu ses pouvoirs décisionnels, et c’est le siège social qui s’est chargé d’acheter (à Toronto) les camionnettes, les équipements informatiques ou de communication, etc.

    Aucune perte d’emploi à la Fonderie (il y en a eu, mais pour d’autres motifs et d’autres moments), mais en revanche, l’économie locale a grandement souffert.

    Quand un siège social quitte, l’effet est un peu semblable…

    - – -

    Tout investir dans le maintien des sièges sociaux? Ne rien y investir? La raison commande une solution médiane, et bien dosée…

  • Sauver à tout prix? Non.

    Avoir une stratégie similaire à celle de la Caisse des Dépôts et des Consignations française? Oui. La CDC détient des parts dans plusieurs entreprises françaises d’importance, pour avoir un petit vote, un siège au board et un accès à de l’information plus privilégiée. L’Etat français ne s’est géné de défendre Danone, autrement moins stratégique qu’un SNC ou qu’une Banque Nationale.

    Je suis d’accord qu’il faut être moins naïf, et moins pomper l’argent des retraités québécois dans des projets à l’autre bout du monde. Le Square Victoria à Montréal est un bel exemple d’investissement local qui a créé de la valeur. Pourquoi pomper $8mds dans des fonds de couvertures, dont la plupart sert à payer des gestionnaires à NY ou Londres? Seulement 2-3% de cette somme investis stratégiquement ici, par exemple en train léger sur rail Montréal-aéroport, permettrait de générer une foule d’externalités positives. La Caisse récupérerait ses billes avec peu de risques + le rendement voulu, et Montréal ferait moins Cambodge quand on voyage de l’aéroport au centre-ville.

  • Bonne question. Je ne crois pas que la réponse soit dans une prise de contrôle onéreuse des compagnies visées. Peut-être qu’une mesure de blocage comme celle suggérée par l’Autrichien à 10 h 28 serait suffisante. Sinon une trop grande partie de l’actif de la Caisse devrait y être consacrée.

  • Je pense que nous parlons de deux choses distinctes :
    1, la location du siège-social
    2. l’actionnaire majeur.

    La RBC avait et semblerait avoir encore son siège-social à Montréal.
    Idem pour la BOM et pour Bell Canada.
    Mais où demeurent et vivent les membres de la haute direction de ces 3 grandes entreprises.? A Toronto.
    Et tout ça n’a aucunement rapport à l’actionnariat.
    Les grands patrons de ces 3 entreprises sont des anglophones ( aucun des 3 ne parle français) qui se sentent mieux chez eux, soit à Toronto,
    Qui aura l’honnêteté d’admettre cette réalité?
    yves graton

  • Il est amusant de vous voir faire l’apologie de la rentabilité de la caisse alors qu’elle vient de perdre 30 milliard de dollars. Je ne pense pas que le fait d’investir massivement dans Alcan ou Bombardier ou autre fleurons de nos sociétés soit une mauvaise chose, surtout si cela permet de les conserver chez nous. L’important est d’investir dans des sociétés qui ont un potentiel important de succès. Comme dans tout investissement en fait. Quand le gouvernement à investi dans Sidbec il était clair pour tous que c’était de l’argent perdu. Mais investir pour éviter qu’un autre prenne le contrôle et déménage le siège social ça c”est intelligent. Pensez vous que Rio aurait investi, même s’il ont investi trop, si Alcan n’aurait pas été intéressant ? La Caisse doit gérer son actif en tenant compte de la réalité. Du temps de Rousseau elle a été du coté du rendement à tout prix ce qui est une erreur comme chacun qui gère son petit magot le sait très bien. Maintenant il est important qu’elle revienne à une gestion sensé, mais cela ne l’oblige pas à ne pas investir au Québec.

  • kaboom,
    François Legault a officieusement l’accord du nouveau pdg de la CDPQ sur des sujets majeurs.
    Raymond Bachand a peur de Legault, c’est pas possible…j’ai l’impression qu’il va faire bientôt de la publicité pour Valium..
    Si Charest pouvait récupérer Legault, il prendrait toute une brosse.
    Legault est un des seuls hommes politiques à L’Assemblée Nationale qui a déja travaillé au shipping et au receiving dans une compagnie.
    Demandez aux pilotes et aux agentes de bord d’Air Transat ce qu’ils pensent de Legault : UN LEADER… et il a quitté depuis plus de 8 ans..
    yg

  • La seule vocation de la Caisse de Dépot et Placement du Québec est d’assuré la retraite de ses cotisants. Oublions le développement régional, le maintien au Québec des sièeges sociaux, etc. Il y a d’autres instruments pour rencontrer ces objectifs. Les décisions d’investissement de la Caisse doivent être prudentes et fait qu’un fonction du rendement à long terme. S’il se trouve qu’il y a des entreprises québécoises qui se qualifient en fonction de ces critères, tant mieux. Évitons aussi de surcharger le portefeuille de la Caisse d’un pourcentage trop lourd de placement dans les entreprises québécoises. Un bon portefeuille de fond de retraite doit être équilibré.

  • Vraiment étranges les commentaires qu’on lit… La caisse perd $40 milliards pis çà chiale contre le PQ. On jurerait que Jean Charest se mets à faire des commentaires sur les blogues…

    Votre question était quelques peu tendancieuse et aurait pu se dire. Voulez-vous que la Caisse continue à se désengager de l’économie du Québec tout en affichant des rendements catastrophiques quitte à blamer le PQ…

  • Tant qu’à encore perdre encore $40G aussi bien que ce soit dans des industries québécoises plutôt qu’au pays de slumdog le millionaire.

  • Il serait intéressant de savoir de quelle étude il est question. Mais j’ai mes doutes sur les conclusions qu’on peut tirer d’une telle étude. Ces «pays éloignés» n’ont pas toujours les mêmes normes comptables et y investir représente un risque différent. Mais il reste qu’on peut de temps à autre, ailleurs comme ici, acheter des actions d’une excellente compagnie à bon prix. Et surtout, toute étude est un constat sur les résultats passés, peu utile pour prédire l’avenir, en tout cas au niveau des marchés et des devises.
    La première et seule mission de la Caisse devrait être de protéger et de faire fructifier l’avoir de ses dépôsants. C’est avant tout un fonds de pension, pas un levier économique. Tant mieux si l’occasion se présente de faire un bon placement en achetant en tout ou en partie une compagnie québécoise.
    Si la Caisse, dans une année normale, c’est à dire 9 fois sur 10, performe moins bien que ses pairs, ce n’est pas parce qu’elle n’investit pas assez au Québec. Il faut chercher les raisons ailleurs.

  • La position de Legault sur la question de la CDP me fait craindre le pire dans l’éventualité d’une prise du pouvoir par le PQ… Mon fond de pension, mes rentes serviront les intérêts du PQ quitte à perdre encore plus d’argent. L’argument du PLQ à l’effet que le politique doit être écarté de la gestion de la CDP prend encore plus de force…. Legault aurait fait en sorte que la CDP achète Air Transat (dont il a été le patron), que la CDP rappatrie tous les fonds à la veille d’un référendum vu la prédiction de Pauline Marois de 5 années de turbulence à la suite d’un référendu gagnant. Et quoi encore? Voir petit, voilà ce qu’est le PQ et Legault et Marois en tête.

  • A la seule condition que ce ne soit pas à la suite d’une analyse de DBRS

    trouvez d’autres génies des analyses avant de jeter le bas de laine dans le torrent.

  • le peuple américain a investis de 4 a 6 trillions de papier monnaie dans les banques,GM,cie d assurance et autres compagnies trop grosses pour tombées. il ne reverront jamais cette argent comme le peuple japonnais dans les année 90, ZOMBIE BANK merci a notre oligarchie et banquier internationaux

  • Il ne faudrait pas oublier les avantages d’avoir des sièges sociaux dans une grande ville, en passant par les retombées fiscales, sociales et philanthropiques. Les impôts, taxes foncières et taxes en tout genre sur les entreprises, les administrateurs et les employés, les “achats chez nous” qui créent encore plus d’activité économique au Québec (emplois, achats, impôts et commandites), les emplois bien payés d’avocat, de comptable et de courtier (assurance, immeuble, valeurs mobilières), la disponibilité de services liés aux grandes entreprises comme les liaisons aériennes, les taxis, hôtels et grands restaurants, l’existence d’universités, de grands hôpitaux, de musées, d’un orchestre symphonique réputé et d’équipes de sport professionnel qui, tous, dépendent de l’existence et de la générosité de grandes entreprises.

    Les gouvernements prélèvent des impôts et taxes sur l’activité économique générée par les grandes entreprises, ce qui leur permet de financer des travaux d’utilité publique comme la construction d’autoroutes et d’usines d’épuration, ou d’offrir l’école ou des soins de santé gratuits. Avec la délocalisation des usines de fabrication dans les pays d’Asie comme la Chine ou l’Inde, il ne restera plus bientôt que les activités québécoises des sièges sociaux pour créer de l’emploi et générer des revenus pour l’État.

    Malheur à ceux qui ignorent l’importance des sièges sociaux. Montréal vit encore sur l’héritage des générations passées où les sièges sociaux se sont établis dans la plus importante ville du Canada, la ville la plus populeuse. Combien de temps encore Montréal pourra-t-elle agir comme si elle méritait d’être une grande ville?

  • Je ne suis sans doute pas le seul à avoir remarqué que la Caisse de dépôt et de placement a perdu des fortunes avec les trains britanniques, les aéroports britanniques et le métro de Londres. Peut-être d’autres se sont-ils demandés pourquoi la Caisse investissait autant à l’étranger alors que les économistes consultés par La Presse nous annonçaient la parité du dollar canadien avec le dollar américain, ce qui ne pouvait que générer d’importantes pertes liées au taux de change.

    L’administration de Monsieur Henri-Paul Rousseau a été franchement mauvaise. Et, sous sa gouverne, la Caisse n’a recruté que des minables et des incompétents, pas les experts dont elle avait besoin. Vivement, un bon coup de balai. Que les incompétents paient de leur emploi.

  • Il faut se poser une seule question:

    Est-ce que New York, Toronto ou Calgary laisseraient partir un siège social et ses emplois bien payés avec la même indifférence que les Québécois ont manifesté lors du départ des Expos, des Nordiques, de la Bourse de Montréal ou du siège social de grandes banques canadiennes comme la Banque de Montréal ou la Banque Royale?

    Poser la question, c’est y répondre. Calgary doit sa prospérité nouvelle aux sièges sociaux des entreprises pétrolières et gazières, ainsi qu’à la Bourse où se transigent leurs actions, la Bourse de l’énergie de Calgary.

    Il y a à Montréal des signes de déclin qui ne trompent pas.

  • Il ne faut pas oublier que les états sont en compétition entre eux. Les sièges sociaux peuvent être n’importe où dans le monde. quels raisons ont-il de rester ici? C’est le rôle de l’état et de ses levier économique de rendre acceuillant leur pays. Mais bon je sais certain veulent le moins possible d’état et crois en la toute puissante main invisble du marché pour régulariser les choses. Hélas, la foi rend aveugle et les montagnes reste en place.

  • la logique de monsieur Sabia est biaisée.En prenant l`exemple d`Alcan qui nécessite plusieurs milliards de dollars d ìnvestissements pour avoir une influence significative il se justifie de ne pas investir dans aucune autre entreprise locale,c`est comme si le fait d`etre d`ici disqualifie une entreprise.On investit dans plusieurs banques à l èxception de la banque nationale maintenant qu`elle est maintenant vulnérable.Pourquoi ce changement d`attitude?Peut etre que si la banque était détenu par power co ce serait différent….

  • russ,
    en établissant des prémisses erronées, on peut développer des syllogismes erronés.
    Legault dit que la CDPQ doit investir prioritairement dans les entreprises québecoises regardless du rendement
    Marois dit qu’il y aura du brassage après l’Indépendance et la CDPQ acheterait alors les compagnies québecoises
    Donc La Souveraineté mettra la CDPQ en faillite…
    et ta belle-mère…est-elle enceinte ?

  • Il faut que le critère prédominant de la CDPQ soit l’environnement. L’environnement, voilà notre vraie fond de pension. L’environnement avant la rentabilité!

  • Oui certainement, s’il y a un danger de prise de contrôle par un intérêt étranger.

    Je pense ici que M. Sabia exprime une opinion politique.

    Canadair par exemple, quand ça été acheté par Bombardier ce n’était pas grand chose mais les Québécois y ont investi beaucoup et c’est devenu payant comme compagnie et comme retombées économiques pour le Québec en entier par la création de milliers d’emplois bien rémunérés.

    De perdre le contrôle de ces organisations ça veut souvent dire de perdre la localisation des emplois.

    Malheureusement l’opinion de M. Sabia vient de la très mauvaise définition du mandat de la CDP qui lui est donné par le gouvernement de Jean Charest. Le rendement, le rendement, le rendement mais il n’a aucune vision économique et concurrentielle de la province de Québec.

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