L’autre jour, je suis tombée sur un personnage étrange qui avait quelque chose de surprenant que j’ai pris de longues minutes à identifier: cette femme très très mince n’avait, pour ainsi dire, pas de seins.
Ça faisait tellement longtemps que j’avais vu un tel type de corps que j’avais presque oublié que ça existait.
Quand j’étais ado et que Calvin Klein glorifiait les femmes très minces en format planche à repasser, des femmes sur ce modèle-là, il y en avait partout. En fait, tout le monde voulait être ainsi proportionnée. Les mannequins, les danseuses de ballet et autres Louise Lecavalier étaient nos idoles. Même Madonna a, dans les années 80, dit au magazine Rolling Stone qu’elle aurait préféré, dans la vie, ne pas avoir besoin de porter de soutien-gorge.
C’était pareil dans les années 60 et 70 avec les Audrey Hephburn, Twiggy et compagnie. La femme très mince était très élégante et elle était aussi très peu pigeonnante. Elle ne portait pas de décolleté plongeant et personne ne débordait de la camisole. Tout était sous contrôle.
En revanche, les plus voluptueuses à la Marylin ou Jane Mansfield, elles aussi appréciées à leur époque, étaient plus rondes. Il y avait du monde au balcon ET les hanches pour équilibrer le tout.
Bref, peu importe le choix de silhouette, la garçonne ou la plantureuse, c’était normal et naturel. Soit t’avais du gras, soit t’en avais pas. Et quand il y avait du gras, et bien il y en avait là. Et quand il n’y en avait pas et bien il n’y en avait pas, là non plus.
Maintenant, il n’y a plus d’équilibre.
La filiforme sans poitrine n’existe plus. On dirait que les femmes ainsi faites naturellement ont toutes décidé de tromper la biologie et de passer sous le bistouri. Souvent, ça leur va bien car un certain sens des proportions a été respecté et on ne remarque rien. Mais de plus en plus, on est en train de créer des disproportions au bord du ridicule. Moi, en tout cas, c’est ce qui me saute aux yeux en voyant cette photo d’Angelina Jolie prise à Cannes. Ou alors celle-ci de Victoria Beckham. Et là, je n’entre même pas dans l’univers des Pamela Anderson et autres vedettes de films XXX.
Ne trouvez-vous pas qu’anatomiquement, ça ne marche pas ?
À force de voir ces corps de plus en plus disproportionnés, va-t-on oublier ce qu’est la normalité ?
Et que vont croire nos filles, qui grandissent avec ces images partout autour d’elle ?Vont-elles croire que ces proportions sont la réalité ?
Notre génération aurait-elle trop joué à la Barbie ? Nos perceptions de la réalité ont-elle été détraquées par une poupée disproportionnée ?























