Les hommes ne sont plus à l’abri de la folie liée à l’image corporelle qui a si longtemps été réservée aux femmes. En voici la 109e preuve: un article complet du quotidien britannique The Guardian consacré aux jambes masculines.
Le texte explique que la taille idéale pour les cuisses masculines, que ce soit une musculature abondante façon nounours ou une finesse longiligne de type “plastiné” (o% de gras), varie d’année en année, au gré des modes, comme la longueur des jupes. En d’autres mots, peu importe le moment, les trois-quarts des gars (et probablement plus) ne sont pas heureux de leurs jambes. Et ce n’est pas parce qu’on est ok pendant un certain temps qu’on ne va pas tomber dans le néant du “pas-cool” peu de temps après.
Ces idéaux mouvants qui ont le don de provoquer un sentiment de nullité profonde chez la plupart des “hors-normes”, les femmes les connaissent depuis longtemps. Ce qui était bien à l’époque de Marilyn ne l’est plus. Et ce qui est cool aujourd’hui ne le sera probablement pas demain. D’année en année, on fonctionne comme un banc de poissons. Tout le monde bouge en même temps, que ce soit pour imiter Paris Hilton ou Ursula Andress. Et en passant, on exclut toujours trop de gens.
Ce texte souligne bien l’absurdité des modes, mais il démontre surtout que le problème fondamental des images corporelles véhiculées par la pub et le monde de la mode (qui sont liées, j’en suis convaincue, aux taux anormalement élevés de troubles alimentaires chez les femmes et autres comportements dangereux chez les garçons — anorexie, régimes, stéroïdes, entraînement compulsif, etc.) ce n’est pas tant le type de corps que l’on veut nous imposer que l’homogénéité qui est véhiculée.
En d’autres mots, l’heure ne devrait pas être à la dévalorisation de la grande minceur, des poitrines fortes ou des torses sans poil, comme pourraient le faire croire certains discours anti-dictature-de-la-minceur. L’heure devrait être à la glorification de la diversité.
Bref, la beauté ne connaît ni forme ni taille. Elle est là quand elle est là. C’est tout.
Parlant de diversité. Avez-vous vu la couverture du Elle Québec du mois d’août ? La fille photographiée n’est pas exactement voluptueuse, mais quand même, il y a un petit rebondi au dessus de la ceinture de son short et une certaine douceur dans la forme de ses bras prouvant qu’elle est bien faite en chair et en os.
Je ne sais pas si c’était voulu ou alors qu’en réalité la fille est hyper maigre et que c’est juste impossible de ne pas avoir de petit rebondi quand on est photographié dans cette position habillée comme ça, mais le simple fait qu’on le remarque est évocateur.
C’est quand la dernière fois que vous avez-vu une petite courbe — minime, j’en conviens, mais quand même – comme ça en UNE d’un magazine ?
En tout cas, moi j’ai trouvé ça sympa.
























