Marie-Claude Lortie

Le Mardi 10 juillet 2007 | Mise en ligne à 10h38 | Commenter Commentaires (16)

Ma petite opinion sur l’argent, les festivals et les gouvernements

Publié dans la catégorie Un peu de tout

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Je ne sais pas si, comme moi, vous suivez les altercations publiques qui ont lieu au sujet des festivals, mais c’est plutôt décourageant.

D’un côté on a des entrepreneurs millionnaires qui réclament des fonds publics et de l’autre un maire qui n’est pas capable de dire à ses fonctionnaires d’être rationnels. Dé-pri-mant.

Voici les quelques réflexions que ceci m’inspire:

- Il y a actuellement une crise de confiance grave en nos institutions publiques. On veut bien payer des taxes mais on ne croit plus que notre argent est bien dépensé. C’est probablement les effets moyen terme de la crise Gommery, entre autres choses. Si les Charles Lapointe, Rozon, Legault et compagnie rouspètent si haut et fort contre Montréal, c’est à la fois parce qu’ils sont réellement écoeurés et parce qu’ils sentent que leur cible est faible, que la crédibilité des dépenseurs publics est rendue à un niveau abyssal.

- Autant je sympathise avec ces grands entrepreneurs quand vient le temps de rouspéter contre la rigidité de certains services précis de la Ville, autant j’ai de la difficulté à croire qu’ils ont réellement besoin d’argent public pour investir dans le contenu de leurs événements. Je suis tout à fait d’accord avec l’idée que la Ville facilite et encourage matériellement et humainement la tenue de tels événements, en fait j’estime qu’elle DOIT le faire, mais à mon avis, une fois les poubelles ramassées, la sécurité assurée, les permis donnés etc, la responsabilité publique de nos élus est finie.

Le grand boss du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon affirme qu’il fait ses millions avec sa compagnie de production et non son festival. Soit. Mais on sait tous que ces festivals – le Jazz, les Francopholies, par exemple – servent de levier aux autres activités lucratives de leurs organisateurs. Ces gars là ne sont pas devenus millionnaires et ont ensuite décidé d’organiser généreusement des festivals. Ils ont d’abord organisé des festivals, avec beaucoup d’appuis financiers publics, le reste a suivi.

Ne pensez pas que je sois contre l’investissement public dans les activités culturelles. Au contraire. Je trouve qu’il est impératif que nous contribuions tous à la survie et au développement de notre culture. Et l’État a fait sa job quand ces festivals étaient en incubation. Mais quand l’oiseau vole de ses propres ailes, il faut lâcher prise et se tourner là où les besoins sont réels et criants, là où personne ne fait d’argent, notamment du côté des arts visuels, du théâtre et de la danse.

- Dernier point. Je trouve que ces débats sont absolument cruciaux et qu’ils doivent se faire en public et je trouve absolument absurdes les commentaires de la présidente de la Chambre de commerce de Montréal, Isabelle Hudon, qui trouve que ces choses doivent se régler “privément”. Elle avait dit la même chose quand Charles Lapointe a fait sa sortie au sujet de la propreté. Qu’est-ce que cette attitude prônant la coulisse et le non-dit ?

Si on veut passer à travers la crise de légitimité actuelle –  l’écoeurantite de la population devant des gouvernements auxquels ils ne font plus confiance, telle qu’exprimée notamment par le vote pro-ADQ aux dernières élections provinciales — il faut PLUS de transparence. Pas moins.

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