
Mgr Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal. Photo Martin Tremblay, La Presse.
L’affaire est terrible et terrifiante et secoue le monde catholique. Elle nous force à regarder nos évêques et à leur demander: “Et vous, qu’auriez-vous fait ?”
Rappelons les faits — j’ai déjà blogué lundi sur cette affaire –: au Brésil, une enfant de 9 ans violée par son beau-père tombe enceinte en plus. De jumeaux.
Apparemment, de telles horreurs ne sont pas si inhabituelles puisqu’une autre histoire semblable vient d’être révélée au public par la télé brésilienne. Cette fois, ça se passe dans un village du sud où une fillette de 11 ans est enceinte de 7 mois, de son beau-père là encore.
La fillette de 9 ans de la région de Recife, dans le nord, s’est fait avorter. Pas celle du sud. Mais puisqu’elle est encore elle-même une enfant, elle a dû être hospitalisée dans une clinique spécialisée pour les grossesses à risques où elle attend de mener sa grossesse à terme.
Le Brésil et maintenant le monde entier — surtout catholique — sont secoués par cette double affaire, notamment par la décision de l’Église catholique brésilienne de confirmer l’excommunication de tous ceux qui ont participé à l’avortement de la fillette de 9 ans. Les médecins et la mère de la victime.
Le viol, c’est peut-être grave, dit l’Église. Mais l’avortement c’est pire. Et le Vatican confirme. D’ailleurs, le violeur doit maintenant faire face à la police, mais pas à une peine religieuse.
Selon le Droit canon, l’excommunication de ceux qui participent à un avortement est automatique. Mais, m’a expliqué aujourd’hui le secrétaire de l’Assemblée générale des évêques catholiques du Québec, Bertrand Ouellet, il y a aussi un article, l’article 1324 pour être précise, qui dit que cette peine d’excommunication peut être amoindrie si le geste condamné a été commis suite à une “grande crainte”.
Bref, m’a expliqué M. Ouellet, le Droit canon laisse de la place à la compassion.
Et c’est cette porte de sortie que l’Église catholique brésilienne a choisi de ne pas prendre. Elle a choisi de laisser tomber la compassion, la compassion pour une petite fille de 9 ans, victime de viol, dont la vie était en danger.
L’Église catholique québécoise, elle, aurait-elle été plus clémente, ai-je demandé à M. Ouellet.
Le secrétaire général, lui-même laïque, affirme ne pas pouvoir se prononcer, puisqu’il ne connaît pas tous les détails de l’affaire. Il a d’abord parlé de tristesse et invité tous les catholiques pratiquants à prier pour la victime. Et aussi pour que son agresseur se fasse soigner.
Mais pendant ma conversation avec lui, je l’ai entendu plusieurs fois utiliser le mot compassion. Le mot protection aussi. Et plusieurs fois a-t-il aussi insisté pour dire que le viol d’une fillette était un crime “hideux”, une “horreur sans nom”.
“Si un cas comme cela se présente… Il existe des motifs de compassion (…) On serait allé voir si le geste aurait été forcé par une crainte grave.” C’est à peu près aussi loin qu’il est allé.
Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, ne m’a pas accordé d’entrevue, laissant savoir par son attachée de presse qu’il préférait ne pas commenter. Réponse semblable au diocèse de Québec où on m’a fait savoir que tous les religieux qui auraient pu me parler étaient à l’extérieur.
J’ai donc fini par discuter avec M. Ouellet, un laïque, le seul qui a accepté de répondre à mes questions.
Je me demandais si l’Église profiterait de l’occasion pour assurer la population québécoise de sa modernité. Pour dire qu’au Québec, elle aurait fait différemment. Car si l’Église veut garder un certain lien avec la population, ne pas se couper complètement d’une société qui accepte le libre choix, n’est-ce pas le genre de pont qu’elle pourrait accepter de traverser ?
Je comprends qu’elle rejette entièrement et totalement l’avortement. Mais si la porte de l’exception et de la compassion existe, n’est-elle pas là pour être empruntée quand les circonstances le dictent ? Come on. Une petite fille. Neuf ans. Jumeaux, vie en danger. Victime de viol.
Entre cette histoire de machine à laver et cette affaire d’excommunication, l’Église catholique a l’air actuellement d’une caricature d’elle-même, une image que nos évêques devraient se presser de corriger.























dododo
16 mars 2009
13h59
(…Mais l’avortement c’est pire. (Qu’un viol) Et le Vatican confirme…) Non mais… 1492: Refus de l’église de voir que la terre n’est pas plate, Qu’elle n’est pas le centre de l’univers… Dogmatisme, pouvoir, inquisition, torture, meurtres, viols et excomunion… (Ça me rapelle l’histoire d’une pauvre petite fille de 9 ans au Brésil.) Plus l’église de l’homme change, plus elle est pareille… et ça continue…