
L’affiche du Ruban blanc. Dans sa langue d’origine.
Ceux qui me connaissent depuis un petit bout le savent. Je milite depuis longtemps en faveur des sous-titres. J’estime qu’un doublage – vous n’êtes pas obligés d’être d’accord – est une atteinte grave à l’intégrité d’une œuvre. Dans la plupart des pays du monde, les films étrangers sont montrés dans leur version originale sous-titrée. L’Amérique du Nord reste toutefois réfractaire à cette pratique. Aux États-Unis, on préfère acheter les droits d’un film étranger et en faire un remake plutôt que de le diffuser plus largement dans sa version originale. Les films étrangers restent ainsi confinés à des circuits très spécialisés, localisés dans les plus grands centres urbains.
Chez nous, les films doublés ont largement la cote. Le grand public n’ayant pas beaucoup l’habitude de voir les films en version originale, les films sous-titrés n’attirent qu’une minorité de cinéphiles. Et plusieurs autres, qui voudraient peut-être voir des films en v.o., ne peuvent tout simplement pas le faire, l’offre étant pratiquement réduite à néant dès qu’on sort du centre-ville de Montréal.
Chaque fois que je soulève la question auprès des grands distributeurs, la réponse est la même: le marché est trop petit; les gens n’aiment pas les sous-titres. Certains distributeurs spécialisés insistent quand même et tentent de faire aussi travail d’éducation. Mais tant que cette éducation ne sera pas faite en amont, je crains que nous ne sortions jamais de cette impasse.
J’en veux pour preuve, cette conversation entre le chroniqueur Sylvain Ménard et l’animateur Paul Arcand – sur les ondes du 98,5fm – à propos de Das Weisse Band (Le ruban blanc), à l’affiche aujourd’hui. Écoutez bien la réaction de monsieur Arcand quand il apprend que le film dure 2h30 et qu’il est présenté en allemand avec sous-titres. Déprimant.
Je ne mets pas en ligne cet exemple pour accabler l’animateur, mais simplement pour illustrer à quel point cette perception est généralisée au Québec. C’est ce que je trouve décourageant. Et je ne vois pas vraiment de solution en vue.
J’ose espérer que vous irez voir quand même ce sublime Ruban blanc. Malgré ses sous-titres…
3e Ciné-Bazar
Dans un tout ordre d’idées, permettez-moi de vous rappeler qu’a lieu demain (samedi) le 3e Ciné-Bazar, un événement au cours duquel les cinéphiles peuvent trouver de véritables petits trésors. D’autant que cette année, la succession de Luc Perreault, notre regretté collègue de La Presse, a fait don au Ciné-Bazar de sa collection de films en VHS, et même en Beta! Connaissant la passion que vouait Luc au cinéma, je sais que cette collection est riche de productions de toutes natures, parmi lesquelles certaines n’ont pas encore rééditées en DVD. Tous les détails ici.
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