Plan d'ensemble

Le Lundi 7 septembre 2009 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (14)

Cinéma minute

Publié dans la catégorie Info

sock.jpg

Bon, c’est vrai que ce n’est pas trop fameux le Tweet-a-Thon de Kevin Smith. Je vous propose donc une autre activité virtuelle, bien plus satisfaisante celle-là. Le Filminute 2009, un festival de cinéma international en
ligne qui se tient tout au long du mois de septembre.

La particularité de cet événement : toutes les oeuvres soumises ont une durée exacte de 60 secondes (d’autres règlements ici). La sélection cette année comprend 25 films; vous êtes invités à les coter et à les commenter.

Le gagnant de 2008 (photo) se trouve ici.

- Via The Guardian

  • J’ai bien aimé les mini-films drôles comme The black hole, brains et goats. Mais j’ai voté pour Five Feet Ten, je l’ai trouvé frappant.

  • J’ai eu de la difficulté à choisir…

    Je remarque une chose: les films drôles sont à mon avis ceux qui ont le moins l’air de commerciaux.

    Est-ce à dire que l’humour s’exprime plus simplement que les autres genres?

    Mes préférés sont Les Chèvres, What does Virgin means et Brains.

  • Un ami me faisait remarquer que Inglourious Basterds est son film le plus rohmérien (on pense à Triple Agent). Mais ne peut-on pas dire cela de toute sa carrière? On parle beaucoup de l’influence godardienne, mais ses films c’est 90% de discussion rohmérienne et 10% de fulgurance à la Godard. Et puis, malgré lui il devient de plus en plus truffaldien en s’éloignant de l’univers de mecs (”tristesse sans fin des films sans femmes”) pour aller vers le point de vue de l’homme qui aimait les femmes. La scène finale compile le Dernier Métro, le suicide de la femme au début de Farenheit 451 et la scène finale de La chambre verte.

    PS: Je suis content de voir que Kevin Smith n’intéresse personne…

  • Akhn, tu fais quoi? Tu as vu la nouvelle version de Kamouraska?

  • Bon, avec un peu de retard, j’arrive de mon visionnement des Basterds (non pas à la Banque mais au BAM, que vous connaissez sans doute bien Jozef) et je m’y suis rendu comme on va au carnaval, comme on est invité à une fête des fous. Parce que c’est bien à cela que Tarantino nous convit. Le critique David Denbydu New Yorker dans son papier (favorable ou pas) avait raison de considérer le cinéaste en idiot de la cinémathèque. Mais quel idiot. J’ai pensé à Bakthine tout de suite et à son esthétique du carnaval où les rôles sociaux s’inversent pour l’instant d’une fête, pour l’instant d’un film. Ici ce sont les rôles historiques qui jouissent de ce renversement. C’est non pas une réécriture de l’histoire mais une relache des soupapes qui stimule les consciences. L’apparition de Mike Myers est loin d’être anodine puisqu’elle lance, de par tout son éthos, le bal du carnaval, il le légitimise de par sa seul présence si courte soit-elle. (Énormément de choses intéressantes se sont écrites ici même auquelles je souscris … sans n’y rien rajouter) mais cette cicatrice au coup de Raine qui me titillait tant avant le visionnement; n’est-elle pas la marque de tout les crimes de l’amérique ? du génocide indien à l’esclavage ! marquage qui donne justement droit à Raine de marquer à son tour le nazi pour ses crimes … scarification que Tarantino semble étrangement associer à son film en tant que tel, à son ‘chef d’oeuvre’.
    Et tout cette réflexion sur le ’style’ l’emportant sur le contenu que le film porte ou inspire … …

    Enfin, désolé de poursuivre encore sur ce film!
    Demain je jeterai un oeil sur ce cinéma minute …

    @Ghost, je suis ravi de t’avoir guidé vers un ouvrage si magnifique. Didi-Huberman est un sinon l’auteur vivant qui comprend le mieux l’image. Dans la lignée des Debray, Sontag ou Deleuze. Je sais très bien l’émotion de ta lecture.

  • Wow! Commentaire brillant! L’éthos de Mike Myers! C’est vrai qu’il tire tout, par sa seule présence (et son maquillage grotesque) le tout vers la parodie et le carnaval. Manière de dire que ces espions brit ne sont pas plus réalistes que Austin Powers. Bakhtine 100 miles à l’heure!

    Idiot est effectivement une qualité. Ce sont les Idiots modernes qui remettent en question les Doctes savants de la tradition (Socrate fait l’Idiot devant les sophistes, Descartes fait l’idiot devant les Sorbonnards, Duchamp fait l’Idiot devant les historiens de l’art). La Modernité c’est l’idiotie! Il y a un beau livre de Jean-Yves Jouannais là-dessus.

    La marque de Raine est bien sûr la corde d’une pendaison pendant un lynchage: Tarantino a laissé entendre qu’un prequel avec Raine parlerait de soldats noirs parachutés derrière les lignes ennemies (en Italie?). Remarque que Raine a du sang apache et que Shosanna se met deux lignes rouges de guerrière indienne avant de perpétrer son attentat.

  • Rafc, juste une précision, tu parles de l’èthos ou de l’éthos? J’ai fait la faute aussi mais j’ai l’impression que nous parlons de l’èthos (le style et la crédibilité de l’orateur, opposés au logos et au pathos) et non de l’éthos (la coutume).

    C’est fort d’avoir remarqué un truc infime dans une bande-annonce (la scarification) et d’en avoir déduit tout un hors-champ implicite (les crimes de l’Amérique).

  • J’ignorais cette distinction relevant de l’aigüe et du grave ! ainsi, je faisais référence à l’èthos, la position qu’assume l’orateur, la crédibilité qui le précède.

    Le sang apache de Raine m’a échappé. Mais non les signes guerriers du fard rouge. bien vu. J’ai beaucoup apprécié aussi le moment où Shosanna place les lettres du Corbeau de Clouzot sur la devanture et qu’elle croit être démasquée; c’est le film métaphorisant de la résistance obscure, des zones grises entre bien et mal.

    Si Inglourious Basterds passe à la postérité, il sera vu comme la cicatrice fictive d’un idiot sur le front du réel.

  • Ton interprétation sur les crimes de l’Amérique est d’autant plus crédible que Tarantino passe son temps sur le dos des Américains: Hammesmark qui demande aux Bâtards si les Amerloques peuvent parler une autre langue que l’Anglais; Shosanna qui dit à l’Allemand que, nous, les Français, nous respectons les cinéastes; les Nazis utiles qui se sont fait offrir des retraites dorées en Amérique (Landa est un peu une référence à Von Braun).

    Petit délire d’interprétation: je n’ai plus m’empêcher de penser, quand j’ai entendu le nom Raines et que j’ai vu le batte Louisville, de penser aux héros absolus de mon enfance, la grande équipe des Expos de 1981.

    Je suis le seul?

  • @ghost

    Le seul ?!

    Sans aucun doute. ‘Petit délire de (sur)interprétation ‘ est un euphémisme… On peut en voir plus dans une oeuvre que l’auteur lui-même y a mis, forcément, puisqu’il y met aussi de son inconscient. Mais y’a des limites au-delà desquelles ça devient carrément puéril, non ? Le rationalizing after thought reste un sophisme de premier ordre.

    Et faut pas charrier sur Von Braun. Y’a une sacré différence entre un SS homicidaire en bonne et due forme (Landa), dont le prototype a plutôt filé en Amérique du Sud, et un scientifique qui travaille pour un régime, carte de membre en règle ou non. Associer les Américains au pire du pire (genre, les sucesseurs des Nazis) est de bon ton dans certains cercles politiques, mais faut garder le sens de la mesure un brin.

  • Hola, Boulga, tu ne m’as compris: je n’ai jamais dit que Tarantino pensait à Tim Raines!!! Tu me prends pour un idiot? J’ai clairement indiqué que c’était du délire. C’est moi et moi seul qui à penser à ça, de la même façon qu’un nom de famille ou une coupe de cheveux dans un film peut te faire penser à une ancienne petite amie, etc. Ce genre de spectature arrive constamment au cinéma comme un bruit de fond. Par exemple, quand j’entend “Shosanna”, je pense automatiquement à La vérité si je mens!

    Quant à Von Braun, tu as raison que ce n’est pas Landa, mais la CIA ont quand même offert des ponts d’or à des scientifiques nazis. De là à me faire dire que les Américains sont des successeurs des nazis, je me demande qui charrie qui.

  • @mikhail

    Les gens ont souvent tendance a surinterpréter l’œuvre de Tarantino. D’ailleurs je l’écoutais en entrevue dernièrement avec Charlie Rosie et il affirmait ne pas porter beaucoup d’attention aux subtexts et a ce genre de chose quand il écrit.

    Il essai toujours de garder une perspective assez large en demeurant a haut niveau.

    C’est vrai qu’il aime beaucoup insérer des références assez pointues dans ses films mais la plupart du temps il écrit au premier degré.

    http://www.charlierose.com/view/interview/10567

  • @renaud_1

    J’ai une entrevue où il dit exactement le contraire. Il ne faut pas toujours prendre pour du cash ce que disent les cinéastes. Tarantino met plusieurs niveaux de lecture (la tapisserie) pour que ses films puissent être vus plusieurs fois.

  • J,ai vu l’entrevue avec Charlie Rose. C’est lors d’un exercice d’écriture où il a été forcé d’analyser une de ses scènes que Tarantino a ‘découvert’ les richesses de ses propres sous-textes. Par la suite, en vrai artiste, il a jugé bon de ne pas y porter trop d’attentions, sachant que de tout façon: ils y sont !!
    Quand il a l’idée de placer cette cicatrice au coup de Raine, il ne le fait certainement pas à cause de “la cicatrice d’Ulysse” d’Auerbach ! mais parce qu’elle crée un motif avec cette autre idée des scarifications gammées. Un motif. De là, il sait très bien qu’il ouvre une relation miroir et un abîme et ….
    Peut-être force t-il l’inconscience – peut-être joue t-il l’inconscient … personnellement, je m’en fou. Et ça fait des lunes que tous spectateur devrait se foutre des intentions d’auteurs. L’oeuvre est LÀ.

Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur Cyberpresse

  • Calendrier

    février 2010
    L Ma Me J V S D
    « jan    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
  • Archives